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 Mama, we all go to hell †

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Do Sung Mi
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MessageSujet: Mama, we all go to hell †
Jeu 12 Juil - 19:34



Ha Ji Hoon † Do Sung Mi
Mama, we all go to hell



Le 10 Mai 2010, 21:42


« Un pas qui s'accélère. Un pied devant l'autre, la démarche franche de l'homme. Le talon se pose, puis le poids du corps qui bascule, mécanique dite normale de la marche, et pourtant, il n'y a rien de plus fascinant. Lentement le regard se disperse, s'éparpille. Du talon, il remonte à la cheville. De la cheville, se perdant sur les longues jambes, il gravit le dos, puis le cou caché derrière des cheveux un peu trop longs. Un peu négligés. Son dos... je n'ai même pas besoin de le voir de face, pour savoir que c'est lui. Et même en ne voyant que son dos, je sais comment est son visage. Je devine son expression. Ses sourcils légèrement froncés, son regard qui ne peut dissimuler aucune émotion, je m'en amuse, je le devine, jusqu'à saisir un instant de son profil, la ligne droite de son visage, l'arête parfaite de son nez, et de longs cils qui surlignent ses yeux. Et quand je n'imagine plus, la réalité est à la hauteur des espérances. Je respire son odeur, tente de lire son aura, m'exerce à déchiffrer son esprit... ce qui n'est pas bien mince affaire avec un tel spécimen. Il respire l'aïon à des kilomètres à la ronde, mais ne me désenchante guère. Car il sent le démon presque autant qu'il sent l'humain, et c'est le mélange des deux qui est excitant.

Cela faisait déjà bien longtemps que je l'observais. Bien longtemps qu'il m'intriguait. J'en perdais presque la tête, fréquentant ses endroits favoris, suivant discrètement ses pas, me faisant invisible. J'aurais pu tenter la méthode habituelle. Lui chanter quelque poème et l'attirer à moi. Mais je décidais de rester transparente à ses yeux, jusqu'au jour où, sûrement, il sentit mon aura un peu trop fort dans son dos. Et c'est ainsi que j'avais découvert... un détail. Notre première véritable rencontre, celle qui m'avait vraiment liée à lui. Je me souviens encore de son expression, l'incompréhension, il était déstabilisé, et pourtant je n'avais rien fait pour. Etait-ce une réaction habituelle, lorsqu'on rencontre quelqu'un pour la première fois ? De la peur et de la colère ? Je ne me souvenais pas déclencher ce genre d'émotions chez les individus du genre opposé... Cependant, intriguée, j'avais continué à le suivre, toujours plus déterminée, toujours plus attirée. Habituée à être objet de fascination, je me retrouvais dans la position inverse.

Et sans le savoir, je calais ma respiration au rythme de ses pas. Il savait que j'étais là. Il se pressait, accélérait dramatiquement, peut-être essayait-il de me semer ? Il n'y arriverait pas. Je le laissais prendre un peu d'avance, mais bien vite rattrapais le retard, ne le quittant jamais des yeux. C'était devenu un passe-temps très intéressant. Sa cadence devenue la mienne. Et bien vite, il se retrouva piégé. Je savais où ses pas nous menaient. Ils nous menaient sur les rives de Sumida, un coin un peu reculé, même un peu sinistre. Toujours dissimulée, je le regardais essayer en vain de retrouver la solitude, de se libérer de l'épée de Damoclès qui flottait au dessus de son crâne. Il trotta encore un moment, et je le laissais souffler un instant, me tenant à l'écart, jusqu'à ce qu'il arrive au bord de l'eau. Comme je l'avais prévu, il n'y avait personne. La rive était complètement déserte, abandonnée. Les herbes mortes avaient séché à cause des changements extrêmes que causaient la présence d'êtres comme lui et moi sur cette terre. Et ce soir encore, la chaleur était accablante, même aux derniers rayons du soleil.

Sortant de ma phase de dissimulation, je me révélais à lui. Je savais que voir mon visage allait provoquer une réaction, mais laquelle, je ne l'avais pas anticipé. D'un pas tout de même hésitant, je m'avançai vers l'aïon, frémissant d'avance à l'idée de pouvoir lui parler à nouveau. Et son odeur... son âme sentait si bon, elle sentait la puissance - à cette distance, je devais m'appliquer pour ne pas perdre pied et me noyer. Je n'allais pas causer ma propre perte. Alors que je me délectai de sa présence, je révisais ma tactique. L'avoir suivi pendant plusieurs heures, jours, semaines, m'être calée à son rythme, l'avoir presque étudié m'avait permis de mettre au point une sorte de stratagème. Mais dans quel but ? Il n'était pas défini encore. Je me savais attirée, je voulais y mettre une raison. Je savais qu'en retour, il y avait quelque chose d'anormal chez lui, je voulais savoir quoi. Je ne connaissais que l'un de ses points faibles. Restant tout de même à une distance raisonnable, mes yeux plantés dans les siens, je lui lançai un sourire des plus sordide. Il fallait le provoquer.

« Alors, on n'est pas content de voir Mama ? avais-je prononcé, d'un ton aussi licencieux que possible, le sourire abusif indécrochable de mes lèvres, Tu m'as beaucoup manqué, à moi. »

Pourquoi, je n'en avais aucune idée. Je jouais seulement une jolie comédie. Ces mots prononcés lors de notre rencontre, pas de nom, seulement un « Mama » empreint d'émotion que je n'avais su comprendre - j'en avais saisi cependant la forme, et il y avait sûrement une raison pour laquelle m'avait prise pour sa mère sans que je n'aie à user de tromperie. Faisant craquer mon cou, j'essayai de déchiffrer à nouveau ce joli minois. L'aïon, il était seul, seul face à la réflection de son passé, face à des réminiscences qui n'avait pas l'air de l'enchanter. Je tapotais ma hanche à répétition, impatiente, du bout des doigts. Le piège allait-il se refermer sur lui ? Le jeu était tout de même risqué... Car même si j'avais un atout, il restait très puissant - il était préférable de rester vigilante, pour que ça ne se retourne pas contre moi. Et je faisais en sorte d'assurer mes arrières. Il ne fallait pas se déconcentrer. »


Dernière édition par Do Sung Mi le Dim 2 Sep - 17:05, édité 1 fois
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Ha Ji Hoon
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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Jeu 26 Juil - 0:54

Difficilement, j'avais repris mon travail habituel. Avec un doigt cassé qui venait juste de se remettre, ça n'était pas la plus simple des tâches, on remerciera les démons et surtout une démone en particulier. Le seul problème, c'était que je n'allais pas garder mon appartement bien longtemps si j'étais en arrêt de travail aussi longtemps, problème financier vous voyez. Disons que recommencer ce que j'ai vécu pendant une petite partie de mon enfance ne m'enchante guère. Donc autant éviter de se plaindre pour le moment, je ferai ça après. Malgré la douleur physique que ça m'infligeait.

Cette nuit-là, je sortais donc de mon lieu de travail, à savoir par la porte de derrière d'un des nombreux restaurants de Tokyo. Je levais les yeux vers le ciel de la nuit. Rien. Pas une étoile, pas même la lune n'étaient visibles. Quel genre de nuit cela allait-être encore, je me le demandais. J'avais un mauvais pressentiment. Ce mauvais pressentiment en question persistait depuis plusieurs semaines. Mais là il était plus fort. J'étais partagé entre l'envie de prendre le chemin le plus court pour rentrer chez moi. Mais quelque part, l'idée de faire un détour était alléchante. Il y avait une menace qui planait au-dessus de moi depuis des semaines. Je devais y faire face. Et quoi de mieux que de l'attirer dans un endroit désert ? Plus je m'éloignais de la population qui n'était pas énorme en plein début de soirée, plus j'avais de chance que cette menace en question se montre au grand jour, même si je n'avais aucune idée de ce que c'était.

J'ignorais mon côté humain qui me hurlait de fuir. Je ne fuis pas. Mais inconsciemment, j'accélérais le pas. A chaque fois, je prenais le chemin opposé à celui que je prenais habituellement. Le plus de détour possible. Je servais d'appât. Il allait venir. Je ne savais même pas où j'allais. Je laissais mes jambes me porter là où elles le voulaient. Et plus je marchais, et plus je me concentrais, et plus je sentais quelque chose. Il y avait quelqu'un autour de moi. Où ? Je ne sais pas. Qui ? Sûrement pas un humain. Pourquoi ? J'aimerais bien le savoir.

Cette créature, je ne savais pas ce que c'était. Mais elle me suivait, j'en étais sûr. Ca se sentait. Bien sûr, on sent toujours les démons et les anges. Certains vous suivent sur plusieurs rues, voire pratiquement une journée voire plus pour certains. Ils vous surveillent. Puis quand ils décident que vous n'êtes plus assez amusant pour eux, ils disparaissent eux seuls savent où. Surtout que depuis que Sora m'avait... "marqué", sa propre aura imprégnait la mienne et les démons mineurs ne m'approchaient plus de crainte. Mais là c'était différent. Quelque chose me suivait, sûr, mais quelque chose de plus obstiné. C'était ça que je sentais depuis plusieurs semaines. Elle semblait être doué pour dissimuler son aura. Mais au fur et à mesure que je marchais, elle devenait de plus en plus claire, de plus en plus facile à identifier, de plus en plus facile à localiser. Je me rapprochais d'elle... ou elle se rapprochait de moi.

Un tas de questions se bousculaient dans ma tête. Je brûlais à l'intérieur, je brûlais de savoir qui osait me défier ainsi. Je n'allais pas m'ennuyer, je le sentais.

Ou peut-être que j'allais souffrir.

Les questions devinrent subitement des émotions. Fortes et destructrices. Haine, colère, tristesse, déstabilisation. Visiblement, il était possible de ressentir tout cela à la fois. Le sourire qu'"elle" me lança me fit froid dans le dos mais faisait le même effet inverse. Je bouillais de l'intérieur.

Mais qui était-elle vraiment, à vrai dire ?

C'était de la pure provocation qu'elle me faisait là, je le savais, mais je ne pouvais m'empêcher d'y répondre. Si elle voulait la guerre, elle l'aurait. Mais ses paroles me transpercèrent le coeur en même temps. Pour une fois, je ne souriais pas. Je ne pouvais pas répondre à son sourire.

« Tu n'es pas ma mère. Elle n'est plus de ce monde, ni d'aucun autre. Et pourtant... »

"Et pourtant tu lui ressembles tellement." C'était ce que je voulais dire, mais je ne pouvais pas. Ce n'était pas ma mère. Même si la ressemblance était frappante. Evidemment elle avait l'air plus jeune, mais même son aura était similaire. Elles étaient pareilles, tout en ayant des différences. L'image de ma génitrice au moment de sa mort me traversa l'esprit. Elle agonisait sous l'emprise de ma propre force que je ne maîtrisait pas. Elle me hurlait au visage, me traitant de tous les noms qui lui passaient par l'esprit. Et tandis que ma tortionnaire rendait son dernier souffle, je comprenais ce que c'était que la perte d'un être cher.

« Qu'est-ce que tu me veux ? »


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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Jeu 26 Juil - 22:20

J'avais perdu pied. Enivrée par la situation, l'avoir si près de moi, j'avais baissé ma garde, et fatalement mon aura s'en ressentait. Peut-être pas puissante, elle sentait étrange. Je la ressentais moi même. Elle était teintée par l'obsession. Et si je pouvais le sentir, il la sentirait sûrement lui aussi – je n'étais cependant pas assez puissante pour la dissimuler. J'étais déjà submergée. Il fallait se calmer rapidement, ou je n'allais pas faire long feu... Et pourquoi perdre si proche du but ? Mes longues journées, mes longues nuits passées à l'observer, à penser à lui, à tenter de trouver un moyen pour qu'il vienne à moi, elles n'était pas en vain. Non. Faisant doucement craquer mon cou, puis mes phalanges, je tentai de reprendre mes esprits. Ce n'était pas un combat, ce n'était pas une guerre. Et je n'allais pas faire de ce moment, ce qu'il n'était pas. Il était à moi.

Je n'avais pas peur. Avait-il peur ? C'était difficile à cerner. Car ses yeux... Ses yeux que je m'étais tant repassé en mémoire, ils avaient, dans la réalité, quelque chose de différent. Un éclat, quelque chose. Ils étaient fixés sur moi, avec une pointe de haine, peut-être de défi. Avait-il peur ? Je ne savais pas. Je n'avais pas peur, mais je luttais, je luttais intérieurement pour ne pas me laisser manger. Il était définitivement puissant. Mais j'arriverai à lire son regard.

Son expression ne changea pas. Les traits de son visage restaient fixes. Ces traits parfaits, qui me hantaient depuis notre rencontre, ils ne bougeaient pas. N'allait-il donc pas réagir ? Doucement, mon sourire s'effaça. Est-ce comme ça qu'on accueille une femme ? Une démone... Je m'approchai de lui, petit pas par petit pas, comme attirée. Il y avait quelque chose en cet aïon de fatalement différent, d'attirant et de destructeur. Quelque chose qui réveillait ma nature profonde, moi qui m'étais endormie au contact des humains, qui en oubliait presque ma faim. Il n'était pas appétissant. Il était fascinant.

Je m'approchais de lui encore. Nous étions seulement à quelques pas l'un de l'autre. Allait-il reculer ? Je ne reculerai pas. Doucement, j'étendis ma main vers lui. Je voulais le saisir. Avais-je le droit de le toucher ? J'avais peur de me brûler, de le brûler. Non, il ne fallait pas. Je rangeai ma main en soupirant, étourdie. Ça n'avait ni queue ni tête.

« Tu n'es pas ma mère. Elle n'est plus de ce monde, ni d'aucun autre. Et pourtant... »

Alors elle était morte ? … Devais-je prendre la place d'un revenant pour l'atteindre ? Je fronçai les sourcils. Mon petit mensonge, j'aurais presque fini par y croire. Je n'étais pas vraiment sa mère, en fin de compte... Mais si ça me permettait de lui trouver faiblesse, la mascarade prenait tout son sens. Fallait-il que j'abandonne ? C'était peut-être en vain – cependant, je restais une démone, et les créatures du Diable étant friandes de jeu, celui ci me paraissait particulièrement divertissant. Une fois de plus, j'hésitai avant de me retirer et de laisser ce qui devait se dérouler, se dérouler.

« Qu'est-ce que tu me veux ? »

Son ton était froid. Il était tranchant, comme la lame d'un couteau. Il me transperça presque. M'attendais-je à ce qu'il m'accueille, avec le ton que l'on réserve aux êtres chers ? Après tout, il n'avait pas l'air ravi de revoir sa chère mère, ou son reflet, ou quoi que je sois. Je n'avais aucune attente à avoir. C'était à moi de tourner le plateau de mon côté, de jouer mon propre jeu, avec mes propres règles. Un jeu qui n'avait pas de vainqueur.

D'un pas tâtonnant, dans l'obscurité du soleil couchant, et jouant avec mes longs cheveux d'une main, je décidais de plonger. Même étourdie, même enivrée, il fallait tenter de creuser plus profond... Et qui peut résister à sa mère ? J'allais lui montrer ce qu'était l’œdipe, et plutôt deux fois qu'une.

« J'attendais ce moment, pouvoir entendre ta voix à nouveau. Est-ce que tu me vois ? »

Tu me regardes, avais-je pensé, mais me vois-tu ? Me lis-tu ? Grisée par la sensation, je n'avais même pas contrôlé ma parole. Il me regardait, ses yeux plongés dans les miens, créant comme un choc électrique dans les atomes de mon cerveau, et Ciel comme je luttais pour ne pas trembler. Les yeux ne voyaient pas tout. Les siens non plus... Ces yeux, ils ne voyaient que ce qu'ils pouvaient voir. Il y avait bien d'autres choses, celles qu'on ne voyait pas. Il fallait ressentir, car les sentiments ne trompent jamais.

« Tu as l'air d'aller bien. C'est... le principal. »

Je ne lui voulais aucun bien. Aucun bien spécial. Aucun mal non plus. Qu'est-ce que je voulais ? Mettre des mots, sur des sentiments. M'expliquer à moi ce qui pouvait me renverser de mes habitudes, me rendre anorexique, m'empêcher de penser tellement que j'en oubliais de me nourrir d'âmes. Exorciser ma conscience de son visage, de ses mots. Il fallait aller plus loin. Je devais savoir. Qui était-il vraiment ?

Et avec un sourire qui se voulait faussement bienveillant, la main tendue, je lui avais chanté,

« Tu... ne viens pas me rejoindre ? »
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Ha Ji Hoon
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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Sam 25 Aoû - 22:17

Un mirage. Une illusion. Etait-ce ce qui se tenait devant moi ? Etait-ce vraiment une femme, une démone ou plutôt le fruit de mon imagination ? Je n'étais pas sain d'esprit. Du moins, je l'étais assez pour me rendre compte que je ne l'étais pas. Ma mère... je l'aimais autant que je la haïssais. Je souhaitais qu'elle reste sans vie autant que je souhaitais qu'elle revienne d'entre les morts. Etait-il possible que je m'invente une image qui lui ressemblait trait pour trait, une aura pratiquement semblable et une douce voix identique ? Mais si c'était le cas, si c'était vraiment une illusion identique à l'originale, n'aurait-elle pas commencé à me rappeler mon statut de bâtard comme dans mes souvenirs ?

Des souvenirs... rien qu'en scrutant ne serait-ce que quelques secondes ce visage tellement familier, il y en avait des milliers qui me passaient devant les yeux. Pas forcément heureux. Sûrement pas heureux, le contraire aurait été étonnant. En regardant ce que je supposais être une démone, postée en face de moi, je revoyais le souvenir, brouillé par l'esprit, le temps et les larmes de mon enfance à la fois de bonheur de malheur, de ce même visage et ce même corps sans vie, un cadavre sur le sol dont les derniers mots n'étaient que des insultes, encore des insultes à mon égard. Mais n'avait-elle pas raison en me disant cela ?

Je ne pouvais m'empêcher de la fixer avec haine. Qui pouvait oser copier l'image de ma mère aussi facilement ? Qui osait ? Mais je ne pouvais pas non plus renier les autres sentiments qui me submergeaient. Qui ne serait pas destabilisé en voyant sa génitrice supposé morte en face de soi ? Qui ne se sentirait pas coupable d'avoir mis fin à ses jours ? Qui ne se sentirait pas heureux de la voir ?

Je ne reculais pas, la laissant combler les quelques derniers mètres qui nous séparaient. Ainsi je pouvais mieux détailler les traits de son visage. Tout comme ce dernier, sa voix avait quelque chose d'étrange. Aussi douce, mais aussi dure, que dans ma mémoire, elle avait quelque chose d'envoutant. Est-ce que je la voyais ? Non. Qui était-elle ? C'était la question qui dominait toutes les autres, toutes celles que je me posais. Mais elle avait l'air de se soucier de moi.

J'avais appris très tôt à accorder ma confiance à aucun démon, puis à personne. Pourtant je ne pouvais m'empêcher de penser qu'elle ne me voulait aucun mal. En contradiction avec la femme de mes souvenirs à qui elle ressemblait tellement. Mais cette phrase... Elle se souciait vraiment de moi ? Se pourrait-il que ce soit vraiment ma mère, un fantôme, revenu me hanter après tant d'années ? Avait-elle changé ? Alors pourquoi ? Voulait-elle que je la rejoigne dans le pays des morts ?

Sans m'en rendre vraiment compte, j'avais à mon tour tendu ma main. J'effleurai la sienne, doucement, lentement, pendant plusieurs secondes. Mais ma méfiance habituelle revint. Nos deux mains n'étaient qu'à quelques centimètres, voire millimètres, l'une de l'autre et je stoppai la mienne.

« Qui es-tu ? »

Ma voix était devenue plus douce qu'auparavant, nostalgique. Comme si j'avais peur de la tuer comme je l'avais fait auparavant dans mon enfance, avec de simples mots.

« Pourquoi ? Pourquoi tu es venue à moi ? »

Pourquoi es-tu devant moi ? Regarder dans ses yeux suffisait à enflammer ce sentiment de culpabilité qui me poursuivait depuis si longtemps. Je me demandais si j'allais pouvoir un jour me débarrasser de ce poids sur mon coeur. Mais c'était peut-être ça qui me maintenant en vie.


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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Dim 26 Aoû - 15:58

Les questions se bousculaient dans ma tête, comme une tempête électrique, et je commençais à douter. Étais-je à la hauteur ? N'allais-je pas me faire avaler d'une bouchée par une puissance bien supérieure à la mienne ? Comment allais-je l'induire en erreur, m’immiscer en lui, obtenir ce que je voulais ? Le regard qu'il me lança, il ne quittait pas son visage, et ce n'était même pas du dégoût, même pas de la colère... Que se passait-il en toi, aïon ? Que s'était-il passé ?

Je continuais cependant de douter. Peut-être n'avais-je pas opté pour la meilleure solution, peut-être avais-je opté pour celle qui était dans mes cordes. J'aurais pu tenter de le séduire, me nourrir de son âme, et l'abandonner. Je n'en avais pas envie. Que m'arrivait-il ? Pourquoi m'écartai-je ainsi de mes habitudes ? La tempête qui s'était déclarée en moi ne semblait pas s'arrêter ; j'avais bien du mal à user de mes capacités, et mon cœur ne semblait pas vouloir ralentir son rythme comme j'avais l'habitude de faire pour mieux piéger mes proies. Tout semblait se jouer de moi et ça ne m'amusait pas franchement.

Et cependant, malgré tous mes doutes, et la consistance qu'il me manquait à cet instant, l'aïon eut la réaction que j'avais attendu. Sa main, fine, et dont je pus presque deviner l'angiographie tant elle me paraissait somptueuse, s'approcha de la mienne. Un peu plus. Et encore. Il ne restait plus que quelques millimètres avant le contact tant attendu – et je m'arrachai le cœur de ne pas le provoquer – mais il se défila, et arrêta sa course. Mais pourquoi ?! N'étais-je pas assez torturée comme ça ? C'était mon jeu, c'était moi qui décidait des règles... Je pus cependant remarquer son expression s'adoucir. Son air sévère avait totalement disparu. À la place, je ne voyais qu'un enfant, un enfant blessé, et perdu. Mon illusion fonctionnait plutôt bien... Mais à quel point était-on capable de tromper le cœur de quelqu'un ?

« Qui es-tu ? demanda-t-il. »

Qui étais-je... Le savais-je bien moi-même ? J'étais une démone, de la même race que l'une des créatures qui avait enfanté un tel paradoxe. J'étais une démone, qui ne l'avait pas toujours été, mais regorgeait de vices comme chacun de mes homologues. J'étais une entité de luxure, qui se retrouvait attirée comme un papillon à la lumière par pire corniaud, bâtard qui pourrissait les vestiges de ce monde de sa simple existence. Y avait-il pire démone que moi ? Je ne risquais plus nulle déchéance. Alors pourquoi avoir peur ?

« Pourquoi ? Pourquoi tu es venue à moi ? »

D'un geste vif, je terminai le mouvement qu'il avait gardé inachevé, saisit sa main, et glissai l'autre dans son cou, parcourant sa nuque et la logeant dans ses cheveux. La proximité soudaine m'étourdit un instant, mais je respirai son odeur comme un élixir précieux, et m'enivrai de sa chaleur brûlante. Il y avait, cependant, quelque chose d'anormal. Comme une touche de noir profond dans le monochrome de rouge qu'il était... Un corps étranger qui m'était étrangement familier. Était-ce possible que quelqu'un d'autre ait... Non. C'était impensable. Près de son oreille, je glissai de ma voix la plus douce :

« Je suis ce que tu veux que je sois. »

Mon regard rejoint le sien. Je pouvais le faire. Je le savais. Je pouvais être n'importe quoi. Car j'étais la Sirène, celle qui faisait s'écraser les pêcheurs sur les rochers. Car il avait mon attention. J'en étais capable, je pouvais assouvir ce désir, cette envie soudaine qui s’était emparée de moi de le protéger. De m'accaparer son affection. De lui être utile. Et peut-être ensuite le détruire ? Nous n'en étions pas là.

Ne décrochant pas des yeux, je lui offris un triste sourire.

« Je sais que tu es heureux. Je suis là, alors serre-moi, vas-y. C'est ce que tu veux. Je le sais. »

Ses yeux... Ils me brûlaient, m'aveuglaient, faisaient bouillir mon sang. Malgré le désir qui me rongeait depuis ma chute du Paradis, je n'avais jamais autant eu besoin de quelque chose. Cette sensation, le vide qui remplissait mon corps, il était différent de ce que j'avais pu ressentir avant. Comme si c'était vital. Comme si mes entrailles se tordaient, aspirant à plus.

Mais... Plus je me délectai de son odeur, plus je sentais que quelque chose n'allait pas. Cet aïon sentait bien trop la démone pour un simple aïon. Était-il possible qu'il ait été marqué par l'une de mes semblables ? Étais-je vraiment arrivée trop tard... ? Glissant le bout de mes doigts sur sa joue, je lui susurrai :

« Mon ange... Qui t'a fait du mal ? »
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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Lun 27 Aoû - 23:41

Il y avait à peine quelques minutes, j'étais l'aion, fier, arrogant, sûr de lui, insouciant, jouant avec sa propre vie, provocateur. J'étais moi-même. Et en à peine une fraction de secondes, j'étais redevenu l'enfant brisé, affolé, perdu, incapable de contenir sa puissance et ses émotions que j'étais. L'expression de mon visage traduisait parfaitement cela. Mais au final, n'était-ce pas ce que j'avais toujours été ? Je n'avais jamais changé. Les fantômes de mon enfance me hantaient encore et toujours, et moi, j'étais resté l'enfant que j'étais.

Et je faisais actuellement face à l'un de ces fantômes. Mais il semblait bien réel, et il n'y avait aucun moyen de savoir s'il l'était vraiment ou non. Je ne pouvais qu'observer, attendre, et déduire. Je savais que je devais être méfiant... mais je voulais y croire. Elle pouvait, elle voulait être tout ce que je voulais. N'importe qui pouvait se faire passer pour ma mère dans ce cas. Mais j'étais trop désespéré pour essayer de trouver un autre moyen. Non. Elle lui ressemblait tellement... si je n'étais pas si sûr de l'avoir vu morte, tué de mes propres mains, peut-être que je pourrais pleinement croire que c'était elle, qu'elle était retournée dans les abysses infernales pour en remonter et venir me chercher. Pour m'emmener où ? Peut-être qu'elle voulait que je la suive dans ces profondeurs en question.

Je ne pouvais pas résister. Qu'importe si c'était elle ou non. C'était son portrait craché. Je repensais à tout ce que Joo Hee m'avait dit. Ma mère, ma propre mère. J'étais devenu l'être qu'elle détestait le plus au monde au moment de ma naissance. J'avais enduré toutes ses crises où ses coups pleuvaient sur mon corps et ses cigarettes qui brûlaient mes bras pour elle. Et c'était moi qui lui avait gâché sa vie. Et là, ce qui se trouvait en face de moi, pas une seule insulte, pas un seul coup. Pas de visage haineux. Si différente et semblable à la fois. Et pourtant je finis pas y croire.

Je la scrutais du regard, de mes yeux qui devenaient de plus en plus sombres au fur et à mesure que la tempête d'émotions qui me contrôlait devenait de plus en plus forte. Sur ma joue, une larme de culpabilité coula. Puis une autre, de tristesse. La dernière fois où j'avais pleuré remontait... eh bien, remontait au moment où ma mère s'était éteinte. Et sans m'en rendre vraiment compte, je l'écoutais. J'écoutais sa voix douce, qui ne l'était pas dans mes souvenirs. Je m'approchais d'elle et lentement, je serrai doucement mes bras autour d'elle et laissais mon front reposer sur l'une de ses épaules, comme elle m'avait dit de le faire. Après tout, un fils ne doit-il pas obéir à ses parents ?

« Je suis désolé... tellement désolé... »

Désolé de quoi ? De l'avoir tuée. Bizarre comme situation, non ? Surtout qu'elle n'était pas ma mère. Mais tant pis. Je voulais y croire. J'avais besoin d'y croire. Même si cela me détruisait plus qu'autre chose.

Elle ne m'avait jamais appelé mon ange. Tous ces mots qu'une vraie mère réserve à son enfant adoré, je n'y avais jamais eu le droit. Je restais silencieux. Mais je pris l'une de ses mains, en maintenant ma position, et lui fit effleurer le bandage autour de mon cou, qui masquait une belle et affreuse marque pour seule réponse à sa question.


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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Mar 28 Aoû - 0:48

Mes mots semblèrent l'atteindre profondément. Ses yeux étaient soudainement humides. Je pus admirer une larme de cristal dévaler une joue parfaite. Elle fut suivie par une autre, que je m'empressais de recueillir de mon pouce, l'empêchant d'aller plus loin. Lui... il s'exécuta, entourant ma taille de ses bras, et reposant sa tête sur mon épaule. Et moi, je n'y croyais qu'à moitié. Ça ne pouvait pas être aussi facile, ça ne pouvait pas déjà... Mais je ressentais pourtant aisément toute sa peine, sa douleur. Avais-je réussi à toucher du doigt sa faiblesse, à m'immiscer dans une plaie ouverte ? Comment pouvais-je continuer de jouer un rôle dont je ne connaissais même pas les répliques ? Et pourtant je me prenais moi-même au jeu, caressant ses cheveux doucement, écoutant le son de sa respiration dans mon cou. Alors, appréciant cet instant de recueil profond, je le sentis avoir un hoquet, et mon épaule de retenir une larme, qui se multiplia en de dignes sanglots que je lui interdisais silencieusement de retenir.

Il eut des mots d'excuses. J'aurais voulu savoir pourquoi, afin de perfectionner ma mascarade, mais je me tus ; il n'en était pas encore temps. Ça ne pourrait cependant pas durer éternellement, et même s'il se plaisait à y croire, je n'étais pas sa bien-aimée Mama et ne pourrais jamais la remplacer. Je n'en étais qu'un ersatz, une copie imparfaite, une douce illusion qui ne durait hélas jamais bien longtemps. Il devrait comprendre tôt ou tard que je ne pouvais que dépendre de lui, jouer le jeu comme il se doit, ou au contraire cesser de m'y plier, à sa guise, à sa volonté. La ressemblance cependant... Même si j'usais de mes ruses pour tromper son œil à nouveau, une fois qu'il nous avait perçues comme similaires, était-il possible de revenir en arrière ? Peut-être n'avais-je rien trompé. Peut-être me ressemblait-elle vraiment. C'était possible.

J'acceptai silencieusement les excuses qui ne m'étaient pas destinées, et, doucement, rompant la quiétude de la nuit, fredonnai une de mes mélodies favorites. C'était un chant mélancolique, mais apaisant, un peu comme une berceuse. Arriverait-il à toucher son cœur ? Je sentis ses bras se resserrer un peu plus autour de ma taille. Le contact était tel que, même si je soufflais à peine les sons, j'en ressentais les vibration dans son corps. Puis dans le mien. Lorsque j'eus jugé sa respiration assez régulière, je cessai laissai glisser ma main jusqu'à sa joue encore humide.

Malgré tout, je redressai sa tête, toujours enfouie dans mon cou, et tentai de lire dans le plus profond de ses yeux, apposant délicatement mon front au sien, faisant se toucher nos nez, et lui soufflai :

« Tu comprends, hein ? Tu dois comprendre... Comprends-moi comme je te comprends, vois-moi et tu sauras. »

Toujours aussi doucement, comme si nous avions été hors du temps, il saisit ma main et la déplaça jusqu'à son cou, recouvert par un bandage. Je regardai dans la direction, et immédiatement ressentis comme une douleur dans la poitrine. Alors il avait bien été marqué ? Mais qui avait pu faire ça ? Une odeur qui m'était si familière... Lentement, j'y portai mon autre main, m'approchant de la blessure pour en inhaler mieux l'odeur, et pourtant, mon sens continuait de me faire défaut, le mélange avec la fragrance de l'aïon m'empêchant de distinguer le porteur de cette aura étrangère. Lorsque le bout de mes doigts frôla le bandage, cependant, je ressentis comme une intense brûlure, et la même douleur dans la poitrine. Je m'écartai vivement, endolorie par le sort. C'était le principe du marquage, tenir les autres démons à distance, une sorte de « chasse gardée » . Malheureusement pour le marqueur, ce n'était pas une simple contre-indication qui allait m'arrêter.

« Celui qui t'a fait ça... murmurai-je à son oreille, je ne le laisserai pas recommencer. Tu n'as pas à avoir peur, je ne t'abandonnerai pas. »

Ressentant déjà le manque de sa peau contre la mienne, je saisis sa main à nouveau, la serrai entre mes doigts, puis la posai sur ma joue, lui accordant un sourire sincère.

« Si tu le veux... Tu peux avoir confiance en moi, lui assurai-je, fermant mes yeux à la chaleur du contact. Je ne suis pas ton ennemie. Je ne le suis plus. »
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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Mer 29 Aoû - 0:37

Il m'était impossible de refouler les larmes qui coulaient toutes seules, glissant paresseusement sur mes joues pour finir dans le cou de ce que je prenais pour ma mère. Non, elle ne l'était pas. Qui s'en souciait ? Pas moi. Et pendant notre étreinte, ce n'était plus des pleurs silencieux, mais de véritables sanglots incontrôlables. En quelques secondes, elle avait réussi à briser le mur que j'avais bâti entre moi et le reste du monde, réussi à faire s'écouler toutes les larmes que j'avais refoulées depuis bien plus d'une dizaine d'années. Et au milieu des sanglots, tant bien que mal, je murmurais des excuses, des centaines de mots d'excuses, comme si l'esprit de ma mère, bien que mort, pouvait m'entendre. J'aurais voulu qu'elle entende ces mots avant de partir pour l'autre monde...

Je ne savais pas ce qui me prenait. J'avais besoin de faire sortir tout ce que j'avais sur le coeur, exprimer ma culpabilité. Je sentis ses bras autour de moi, sa main caressant doucement mes cheveux dans un geste qui m'apaisait. L'étreinte d'une mère... combien de fois en avais-je rêvé ? Ceci ne fit que renforcer mes pleurs et j'avais soudainement l'envie que le temps s'arrête pour que je puisse profiter de cet instant pour toujours. Justement, cette étreinte s'éternisait, et je ne comptais pas bouger, du moins pas maintenant. Je n'étais pas calmé. J'avais environ quinze ans où j'avais retenu toute expression de sentiments aussi profonds que ceux-là à laisser sortir...

Une douce mélodie vint soudain à mes oreilles, et sans m'en rendre compte, je fermais les yeux. Doucement, le poids qui comprimait ma poitrine devint moins fort, mes dernières larmes finirent leur chute sur l'épaule du sosie et je resserrais l'emprise de mes bras autour d'elle. Les yeux toujours fermés, je me laissais bercer par la mélodie, poussant un soupir, calmé. Qui pouvait-elle être pour pouvoir arriver à apaiser mon esprit de cette façon et prendre la place de ma propre mère aussi facilement ?

Je sentis ses mains sur mes joues pour me redresser lentement la tête. Nos fronts se frôlèrent, et je plantais mon regard nostalgique, coupable, triste et heureux dans le sien, et rien que ce contact visuel réussit à faire grandir une douce chaleur à l'intérieur même de mon coeur. Oh oui, peut-être était-ce bien elle... Comme un fils obéissant à ses parents, je ne lui répondis pas, ne faisant que hocher légèrement la tête pour lui faire signe que j'avais compris. Comment avais-je pu retourner en enfance à ce point ? N'étais-je vraiment resté qu'un enfant ? Je fis alors des yeux suppliants, sincères, rouges des larmes qui avaient coulé.

« S'il te plaît, pardonne-moi, je n'ai jamais voulu faire ça... Ne me laisse pas. Ne repars pas... »

Je n'avais jamais voulu la tuer. Je n'avais jamais voulu qu'elle parte, et je ne le supporterai pas si elle recommençait. S'il te plaît, reste avec moi. Voir à nouveau son corps, sur le sol, sans vie, serait tout simplement affreux. Comme si je n'étais pas assez brisé comme ça...

Une vive douleur me prit soudain au niveau de la marque que Sora m'avait faite lorsqu'elle effleura le bandage à cet endroit. Sur le coup, je reculais à mon tour, brisant le contact physique avec elle. Je ne bougeais pas, encore sonné. J'étais habitué maintenant à ce que la marque me fasse mal de temps à autres, mais jamais de cette façon. Peut-être parce qu'elle n'avait pas reconnu celle que je prenais pour ma mère comme étant le démon qui avait fait ladite marque ?

Je n'opposais aucune résistance lorsqu'elle me prit à nouveau la main et j'effleurai ainsi sa joue. Mais c'était pire que de n'opposer aucune résistance... au contraire, je me laissais totalement faire, et de mon autre main libre, je saisis la sienne, me rapprochant d'un pas ou deux.. Sa peau était aussi identique à celle de mes souvenirs.

« Alors... tu ne recommenceras pas ? »

Ce que j'entendais par là, c'était les journées et les nuits que j'avais passé à genoux sur le sol, regardant ma propre mère me torturer, me battre, me brûler la peau à l'aide de cigarettes, m'insulter, me faisant bien comprendre que je n'avais absolument rien à faire dans ce monde. Parce qu'en scrutant le visage en face du mien, je devais avouer que je n'arrivais refouler les élans de peur qui se manifestaient au fond de mes yeux. Traumatisme de l'enfance, hein ?


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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Mer 29 Aoû - 22:49

« Alors... tu ne recommenceras pas ? » 

Je libérai doucement sa main, la pressant une dernière fois en signe de compréhension. Cette femme, sa mère, lui avait-elle fait tant de mal ? Qu'avait-il traversé pour souffrir ainsi de la réminiscence d'une morte ? Était-ce la perte qui le blessait tant ? Tout cependant m'indiquait le contraire. Sa mère, il l'aimait, mais il y avait quelque chose d'autre. Le regard plein de haine qu'il m'avait lancé auparavant... La détestait-il autant qu'il l'aimait ? Et moi, je continuais à jouer un rôle sans avoir de metteur en scène. Ça n'allait pas pouvoir durer bien longtemps.

« Il y a tant à commencer que nous n'avons pas le temps de recommencer, mon ange. »

Ces mots, malgré moi, je les croyais. Je pensais que tout était possible. Même si tout était basé sur une illusion, je saurais la lui faire accepter, car j'avais beau ne pas être sa mère, les effets sur lui étaient les mêmes que si elle avait été là, non ? Tant qu'il la voyait à travers moi, tant que je pouvais lui faire ressentir quelque chose vis à vis d'elle à travers moi, alors il ressentirait la même chose pour moi. Il fallait simplement qu'il y croie. Elle et moi étions maintenant liées. Et pourtant, plus je m'en persuadais, et plus j'en doutais, comme quelque chose que l'on se répète tellement qu'on en perd le sens. Et la douleur s'installait dans ma poitrine.

Je ressentais toujours les effets de sa présence sur moi. Malgré le contact physique, malgré ses larmes sur ma peau, malgré son cœur si près du mien, je ne m'y habituais pas. C'était même pire, les symptômes empiraient, et la découverte de sa marque n'arrangeait en rien les choses. Ma tête tournait affreusement, j'avais beau tenter de ralentir mon cœur, rien n'y faisait, et je me sentais soudainement confuse, comme perdue. Le doute se lut certainement sur mon visage, je me sentais perdre pied progressivement. M'étais-je laissée décontenancer par la vision de sa faiblesse ? Il en restait si particulier que c'était comme si son aura, mélangée à celle que me soufflais la marque m'avaient totalement dépassée. Il ne la contrôlait pas. Il ne contrôlait rien.

Perdue, je me raccrochai à lui pour ne pas perdre totalement le fil, récupérant sa main dans la mienne, lui lançant un regard presque suppliant, comme en quête d'apaisement. Nos peaux entrèrent en contact, mais la sensation ne fut pas la même que précédemment. Ça brûlait. J'étais si affolée pourtant que je n'en ressentais pas la douleur ; le fait de le voir, de le toucher calmait l'angoisse qui grandissait en moi. Elle ne l'arrêta pas. Je plaçai sa main sur mon cœur, qui battait la chamade, me démontrant encore que mes capacités avaient totalement disparu. Comprendrait-il ?

« Je ne peux pas te mentir, lui dis-je, le suppliant du regard de comprendre, d'accepter. »

Les mots trouvèrent leur chemin hors de moi sans même que je ne sache les contrôler, comme s'il fallait rétablir la vérité au plus vite, une nécessité qui s'imposait à moi sans que je ne puisse la contrer. Était-ce l'effet de la marque ? Avait-elle compris mes intentions comme mauvaises ?

« Je ne suis pas ta mère, continuai-je, Tu le sais. »

La brûlure dans ma main s'intensifia tant que je dus rompre le contact si précieux. Les larmes perlèrent au coin de mes yeux. Comment avais-je pu me perdre ainsi, devenir si impuissante, si inutile, si... Les mots se bousculaient dans ma tête. Je perdais le fil de ma pensée. Dans un bruyant sanglot, je libérai les larmes qui roulaient sur mes joues par dizaines. Je ne contrôlais plus rien. Je me noyais.
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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Ven 31 Aoû - 13:36

Je me faisais des illusions, je le savais bien. Quand bien même elle n'était pas celle à qui je pensais, je me plaisais dans cette illusion en question. Je me servais d'elle, comme si l'esprit de ma mère, ma vraie mère, pouvait m'entendre à travers elle. J'avais bien conscience que la démone, si c'en était vraiment une, devait avoir du mal à mettre du sens derrière mes mots si énigmatiques, mes allusions à mon enfance passée avec "elle", ma peur d'"elle". Après tout, elle n'avait pas besoin de savoir de tels secrets enfouis aussi profonds que je ne demandais qu'à oublier, non ? Sa berceuse restait dans ma tête, tel un écho, m'apaisant et m'empêchant tout élan d'émotions incontrôlables, et je la remerciais intérieurement. Je ne voulais pas commettre la même erreur que j'avais faite par le passé, tuer par manque de contrôle et par accident.

Et même si j'avais appris à ne jamais faire croire les paroles d'un démon, elle, je la croyais. Si elle ne disait qu'elle ne recommencerait pas, elle ne le ferait pas... aussi simple que ça, non ? Du moins je l'espérais. Des promesses non tenues, j'en avais déjà fait les frais, malheureusement, et j'espérais qu'elle la tiendrait.

Pour une fois, je me sentais soulagé. Le poids qui me pesait sur le coeur s'était allégé, me laissant enfin respirer librement. Il n'était certes pas parti, mais qu'il soit moins lourd me faisait tellement bien que j'aurais pu regarder le visage de ma défunte mère, pourtant en face de moi, pendant des jours et des jours. Qu'est-ce que je pouvais dire maintenant ? Je ne savais pas quelles étaient ses intentions envers moi, elle n'était pas apparue ici comme par hasard, elle ne m'avait pas suivi par hasard ces dernières semaines. Et même si elle se plaisait dans le rôle de ma mère, elle allait sûrement lâcher prise un jour et ne pas pouvoir continuer à prétendre, tout comme moi je n'allais pas pouvoir continuer à me plaire dans un monde d'illusions.

Ses mots me firent l'effet d'une bombe. Bien sûr que je le savais, qu'elle n'était pas celle que je pensais, mais je continuais de nier, même si je ne pouvais pas continuer à le faire. Mais je pense que j'avais surtout besoin d'entendre ces mots en particulier, pour que je reprenne conscience. Je baissais mes yeux d'amertume.

« Je sais. Je sais que tu n'es pas elle, je l'ai toujours su. »

J'articulai difficilement ces mots, comme si c'était dur pour moi d'affronter une vérité que je connaissais déjà. Que voulait-elle ? Je rompais enfin à contre-coeur le contact entre nous deux, mais je ne pouvais plus tenir. Et elle aussi pleurait comme je l'avais fait et comme je le faisais.

« J'ai... juste besoin de la voir. »

Même si c'était à travers elle. C'était cruel, parce que je ne voyais pas la démone en face de moi. Je ne voyais que ma mère à la place. J'étais encore hanté par des fantômes et je ne voyais qu'eux. Moi qui étais venu au Japon pour essayer d'oublier ce que je laissais derrière moi en Corée du Sud, c'était plutôt raté, non ? Je fis un pauvre sourire triste... nous avions l'air pitoyables, non ?

« Ecoute... je ne connais pas tes intentions envers moi, ce que tu me veux... mais regarde-nous. J'ai besoin de toi, et je ne sais pas pourquoi... mais tu as besoin de moi. »

A vrai dire, je me fichais de ce qu'elle voulait de moi. Quitte à souffrir, autant le faire encore un peu hein ? Je n'étais pas à ça près.


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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Ven 31 Aoû - 16:54

Il eut du mal à parler, les mots se formant difficilement. Moi même j'eus du mal à l'entendre. Je ne voulais pas l'entendre. Il le fallait pourtant. Les mots qui ont du sens ont cette particularité, une fois dits, de ne jamais perdre leur intensité. Ils résonnent autant qu'une belle mélodie. On ne peut pas se les sortir de la tête. Ses mots, devaient-ils me réconforter ? Je n'arrivais plus à savoir pourquoi. Il baissa les yeux et mon cœur se serra. M'en voudrait-il d'avoir seulement essayé ?

« Je sais. Je sais que tu n'es pas elle, je l'ai toujours su. »

J'étais soulagée, mais en même temps, prise d'un grand sentiment de désespoir. Qu'avait-il de si intense que je n'arrivais même pas à faire la différence entre l'illusion et la réalité ? C'était comme si je m'étais blessée moi même avec mes propres mots. Avec la vérité. J'avais pourtant l'intuition que c'était à cause de sa marque... Elle me trompait, me faisait me prendre à mon propre jeu ; je n'avais pas anticipé ce genre de difficultés, et il était bien difficile de reprendre mes esprits une fois qu'elle avait chamboulé mes pensées.

« J'ai... juste besoin de la voir. »

Il en avait besoin, et il n'y avait pas d'autre solution pour lui que de le faire à travers moi. J'étais sa porte d'accès à sa mère, le chemin qu'il fallait emprunter pour rejoindre le Salut, le seul moyen d'exorciser tout ce qu'il avait pu ressentir et je savais n'en connaître qu'une infime partie.

Les larmes ne déclinèrent pas. Sa mère avait-elle seulement jamais pleuré devant lui ? Lui aussi pleurait. Je voulais y passer ma main, essuyer sa douleur et son passé d'un revers de la main, mais je savais que je m'y brûlerais. Il y avait des choses que le temps pouvait effacer. Il y en avait d'autres qui restaient gravées au plus profond des êtres. Moi même, je restais une enveloppe vide, trop usée par les hommes et rongée jusqu'à l'intérieur par une insatiable faim. Mais il y avait autre chose.

Je n'avais pu être mère. Je n'aurais jamais pu être mère. C'était ma punition. Mais plus que ça, c'était le souvenir qu'il m'inspirait qui remontait dans ma gorge et m'étouffait presque. Le passé n'était pas exact, et les réminiscences semblaient bien fades par rapport au présent, mais la façon dont il avait attiré mon attention, le combat que j'avais mené contre moi-même pour ne pas me laisser tenter et essayer de dévorer son âme, rien n'était anodin.

Je continuais de sangloter, peinant à reprendre ma respiration, fermant les yeux pour ne plus le voir. Ma tête tournait de plus belle. Le goût familier du sang dans ma bouche.

« Pourquoi est-ce qu'Il t'a mis sur mon chemin... »

Une démone qui avait encore la Foi ? Était-ce même possible ? Et pourtant par Il j'entendais bien Dieu... On nous avait tellement dit que Dieu était Maître de tout que j'aurais presque pu y croire. Sur qui rejeter la faute, si ce n'est pas sur Lui ? Et pourtant je tombais quand même en lambeaux. Mon cœur écorché devait se libérer de tout ce qui l'entravait. Je plongeai mon regard humide dans celui de l'aïon, captant son attention. Cette fois l'organe obéit. Il ralentit ses battements, se fit plus sourd. Je savais qu'il le ressentirait.

« Tout ce temps, je t'ai regardé, je t'ai observé au point de tout oublier. J'ai faim, terriblement faim, mais je n'arrive même plus à le ressentir. Je ne sais même plus pourquoi je suis là... Qui je suis. Je suis désolée. Je voudrais rester avec toi mais... ma voix mourut dans ma gorge à l'instant où je libérai sa main, Tu me brûles l'âme au fer rouge à chaque fois que tu me touches. Je voudrais t'aider, être celle que tu veux que je sois, je peux continuer à jouer à ton jeu, mais pour ça... »

Du bout des doigts, je frôlai le bandage. Il ne fallut pas longtemps pour que la marque s'active ; la brûlure habituelle se fit sentir d'une façon si intense que le bout de me doigts rougit un instant, puis vira doucement au blanc. La peau, peu à peu, s'écorcha, laissant couler un léger filet de sang que je remarquai à peine. Sur sa blessure. Dans son cou. Je détournai le regard de la marque pour capter le sien, posant ma main sur sa poitrine.

« Il va falloir que tu te débarrasses de ça, le suppliai-je, les yeux remplis de larmes. Je resterai là, avec toi. Si tu sens quelque chose derrière toi, ne te retourne pas, ce n'est que moi. Tant que tu ne seras pas entier, je ne pourrai rien faire. Alors il faut que tu le fasses. »

Calmée, je retrouvai ma place contre lui, enfouissant ma tête dans son cou, les yeux fermés.

« Tu dois redevenir entier. »

Et dans un dernier sanglot silencieux, lui murmurai :

« Promets-le moi... »
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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Sam 1 Sep - 23:57

Ni l'un ni l'autre ne semblait prêt et heureux à entendre ce que l'autre allait dire. La vérité nous effrayait, comme si nous avions choisi de vivre dans le mensonge plutôt que de souffrir de savoir ce qu'était la réalité. Et pourtant, avec difficulté, nous nous étions avoué savoir que depuis le début de cette rencontre, tout n'était qu'une illusion, mais cela ne semblait pas nous déranger d'être dedans. Mais malheureusement, quand bien même ces moments pouvaient être à la fois douloureux et heureux pour nous deux, il y avait une heure où il fallait se réveiller, revenir dans le monde réel, faire face aux autres et à la vie. Et finalement, j'avais fini par avouer que j'avais conscience du fait qu'elle ne pourrait jamais être ma mère, qu'elle ne l'était pas. Elle ne pourra pas la remplacer non plus dans mon coeur... mais elle pouvait quand même prendre une place importante dans ce dernier, je le sentais. J'avais besoin d'elle. C'était une démone, nous nous connaissions à peine et nous savions sûrement que nous ne devrions pas nous faire confiance, mais je ne pouvais le contrôler. Je devenais dépendant.

C'était elle qui était venue à moi et pourtant, j'étais effrayé au fond de moi. J'avais peur d'avoir à faire face à toute forme de rejet, je ne voulais pas revivre ce que j'avais déjà vécu. Pourtant ces mots, même si elle avait du mal à les prononcer, comme si elle ne voulait justement pas les dire, me faisaient mal, me touchaient jusqu'au plus profond de moi-même. Je fermais les yeux de déni, ne voulant pas lui faire face, essayant d'ignorer ce qu'elle voulait me dire. Pas ça... Elle voulait rester avec moi, mais... ce dernier mot flotta un instant dans l'air, et j'avais peur, tellement peur de la suite. Je perdis contact avec elle, nos mains ne se touchaient plus, plus rien. Je m'y attendais, à un rejet... mais je ne m'attendais pas à ce que ça fasse aussi mal.

J'avais toujours les yeux fermés, priant à un Dieu en qui je ne croyais pas, la respiration laborieuse. D'un coup, je sentis sa main près de moi, et une violente douleur se fit ressentir. La marque brûlait. Affreusement. J'ouvris les yeux en reculant de quelques pas, par instinct et réflexe, sentant un filet de sang couler le long de ma peau. Je posais ma main à cet endroit, tentant d'oublier la douleur. Je n'avais pas voulu m'écarter, c'était mon cerveau qui me dictait quoi faire sans que je puisse y redire quelque chose.

Mon coeur s'emballa lorsque sa main se posa là où il devait être, sur ma poitrine. Je ressentis alors l'immense besoin de renouer le contact avec elle, de la même façon qu'auparavant, ce que je fis sans plus attendre. Combattant mes instincts, je la laissais s'approcher de moi.

« Je... c'est impossible..., soufflais-je. Je ne peux pas faire ça. »

Ca ne faisait que très peu de temps, mais avoir une partie de Sora au fond de moi était presque devenu habituel, comme si elle avait pris son temps afin de fusionner avec moi. Plus le temps passait, et plus il semblait impossible de détruire ce lien, et surtout, l'enlever signifierait enlever une partie de moi. Et pourtant, elle me demandait de choisir. Elle ou l'autre. La marque m'empêchait presque de penser à un quelconque moyen de l'effacer, me manipulant comme elle l'entendait. Mais je ne pouvais pas tourner le dos à la démone qui était si près de moi maintenant.

« Je te le promets... donne-moi juste du temps... »

J'étais faible, à être manipulé ainsi. Mais je n'avais même pas le courage de combattre pour ça. D'un côté, ma mère et elle, dont j'avais besoin. Et de l'autre côté, Sora, et son lien, qui faisait partie intégrante de moi, qui agissait comme s'il empêchait toute tentative de rébellion.

« Je te le promets, un jour, je serai là. »


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MessageSujet: Re: Mama, we all go to hell †
Dim 2 Sep - 16:32

Il était arrivé. Le moment de la séparation. Plus les secondes s'écoulaient, plus je le sentais, prenant sa place entre l'aïon et moi, il creusait un gouffre sans fond entre nos deux corps, nos deux âmes. Et lui, autant que moi, avions beau nous tendre la main au dessus du vide, plus le précipice s'élargissait, et plus le danger était grand – je sentais déjà ses doigts m'échapper, aussi versatile que l'alcool dans l'air, il filait, il restait de l'autre côté. La marque. Il fallait passer outre.

J'eus la sensation de totalement le perdre lorsque ses mots résonnèrent dans le silence de la nuit. Il ne pouvait pas, qu'il disait. Les mots lui étaient-ils dictés par l'entité qui avait pris possession d'une partie de lui ? La marque était elle déjà aussi puissante ? Et si, en plus d'être piégé de l'autre côté du gouffre, il était déjà tombé dedans ? Non. Je m'y refusais. Il n'y avait rien de vraiment impossible. Je ne pouvais pas être arrivée trop tard... Excédée, je me maudissais de ma lenteur, regrettant amèrement de ne pas avoir fait le premier mouvement beaucoup plus tôt, lorsqu'il n'était pas encore sous l'influence de ce démon, qui, qui qu'il soit, ne m'inspirait plus que haine et dégoût. Cependant, je ne la jalousais pas. Marquer quelqu'un de la sorte... Ce n'était pas mes méthodes. C'était une forme d'abus que je ne connaissais pas. Jamais je ne forçais à ce qu'on se rallie à moi. J'inspirais un sentiment de confiance jusqu'à ce qu'on se donne à moi sans y être contrait.

Celle qui l'avait marqué ainsi, voulait-elle lui mettre la main dessus à ce point ?

Malgré tout, sa présence en lui m'entravait. Je ne voulais pas de son âme souillée, je le voulais pur et entier. Pour moi seule. Mon égoïsme n'avait jamais été tel ; rien que la pensée d'un autre démon l'approchant me donnait la nausée, me mettait dans un état que je tolérais à peine. Si le combat à mener n'était pas contre lui, mais bien contre une tierce personne, qu'elle se montre... Ce n'était pas un combat que j'allais fuir. C'était une guerre pour, moi aussi à mon tour, me sentir entière à nouveau.

« Je te le promets... donne-moi juste du temps... »

Ses mots tintèrent à mes oreilles comme la once d'espoir qui survivait en moi revint à la vie. Il avait promis. Il allait s'en débarrasser, et je l'en savais capable. Si sa volonté était assez forte, si son âme se réveillait, il prendrait le dessus. Il devait chasser cette présence étrangère qui le pourrissait petit à petit.

« Je te le promets, un jour, je serai là. »

Je ne pus que lui sourire. Un jour... ça ne m'importait que peu. J'avais déjà tant vécu, que je saurais être patiente. Tant que je ne savais pas qui était à l'origine de son marquage, je ne pouvais pas réagir, mais je me faisais la promesse intérieure au même moment, de lui alléger la tâche en me battant moi aussi. J'eus comme un sentiment cependant, comme une brise glacée traversant ma poitrine, qui me fit avoir un hoquet. Avais-je pensé trop fort ? Mes actions avaient-elles attiré la bête qui s'était emparée de mon aïon ? Je décidai d'ignorer la sensation, et de faire comme si de rien n'était ; je n'étais pourtant pas tranquille. Pour mieux masquer mon doute, j'esquissai un nouveau sourire, et lui glissai :

« Ça ne sera pas simple, mon ange. Tu vas devoir lutter contre la marque, mais je serai là pour t'aider. Ton combat sera mon combat. Nous sommes liés, toi et moi, n'est-ce pas ? Nous n'avons pas besoin de ça, ajoutai-je, posant mon regard dans son cou, nous sommes plus forts que celui qui t'a fait ça. »

Nous... La musique me paraissait belle. Et pourtant il y avait toujours ce sentiment de froid intense qui me serrait la gorge et gelait jusqu'à la plus enfouie des veines de mon corps. Je ne perdis pas pied. Je repris sa main chaude dans la mienne, et la portai à ma bouche, pour y déposer comme la promesse de notre accord, scellée de mes lèvres.

« On ne te fera plus de mal. »

Je fermai les yeux à nouveau. J'arrivais toujours à distinguer son odeur, si délicieuse, derrière le marquage. Ça prendrait du temps, certes. Mais je n'abandonnerais pas.

Il n'en fallut pas plus pour que la sensation se manifeste à nouveau, serrant ma poitrine une fois de plus. Je suffoquai, prise par la douleur. Je ne pouvais pas rester en sa compagnie plus longtemps. La brûlure gelée se fit si intense, que je fus prise de vertiges, et luttai pour garder mon équilibre. Mes yeux implorèrent ceux de l'aïon.

« Je dois m'en aller, soufflai-je, Mais on se reverra... Toi et moi, on est faits pour ça, tu le sais. »

Ma main lâcha la sienne, je tombai dans le gouffre, il fallait que je m'enfuie. J'alignai mes pas, difficilement, sans jamais décrocher du regard, et, une fois assez loin, il put lire sur mes lèvres silencieuses :

« 넌 내꺼야. »


Tu m'appartiens. Quelle belle façon de se dire au revoir.



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Mama, we all go to hell †

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