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 Angel and the fallin'

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Takasugi Kei
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MessageSujet: Angel and the fallin'
Mar 6 Avr - 21:36


Sakuya Toya versus Takasugi Kei
le 31 janvier 2010 - 03h25

    La nuit, Tokyo ressemblait à une immense toile sombre sur laquelle un peintre un peu fou s'amuserait à jeter des gouttes d'or, d'argent et de feu. Je n'aimais jamais plus Tokyo que la nuit, quand elle s'étendait à mes pieds, vaste cité surpeuplée d'humains qui disparaissaient dans les ténèbres de l'obscurité pour laisser la place à ces millions de points lumineux. Ce peintre fou, je riais tout seul en imaginant qu'il s'agissait de Dieu. Ce Dieu. Leur Dieu, à eux, les Hommes, et aux anges également. Je planais au-dessus des buildings, comme un insecte coincé entre la terre et le ciel, et me régalais de ce spectacle de lumières scintillantes. En me tournant, je fis face au ciel, qui m'offrit exactement la même scène. Une autre toile piquetée de points brillants que ce ciel étoilé, reflet de Tokyo plongée dans la nuit. De quoi vous rendre claustrophobe. Enfin, si tant est qu'on prenne le temps de lever les yeux.

    Me redressant, je jetai un coup d'oeil panoramique autour de moi, avant de me diriger vers mon point d'observation favori : la tour de Tokyo. C'est qu'à jouer les filles de l'air, on n'était jamais à l'abri d'un accident bête, en ce 21e siècle. Le ciel ici était presque aussi encombré que la terre. Je volai paresseusement jusqu'au sommet de la tour, et finit par y poser les pieds en douceur. L'air était glacial, faisant délicieusement frissonner mon enveloppe humaine, envoyant à mon esprit des signaux auxquels il ne s'était jamais vraiment habitué. Froid. Brûlure. Souffrance. Les Hommes ne connaissaient pas ma chance, moi qui pouvais choisir où et quand me sentir vivant sans être coincé dans la cage de chair qui véhiculait leur âme jusqu'à leur mort. Je m'étirai, laissant le vent s'engouffrer sous ma chemise gris perle par-dessus mon pantalon noir, mon long manteau aile de corbeau claquant sous l'effet de cette brise. Sous mes pieds, l'énorme structure en métal grinçait et bougeait, d'une façon qui m'impressionnait toujours. Il était loin, le temps où les Hommes construisaient des Tours qui s'effondraient comme des châteaux de cartes au moindre souffle divin.

    Je m'assis sur la toute dernière plate-forme de la tour, d'une dizaine de mètres d'envergure à peine, et laissai pendre mes jambes dans le vide. Rien n'était mieux que ce genre de pèlerinage pour se remettre d'une dure journée de boulot. Mon job ? Regarder de jeunes humains prometteurs à l'esprit pur pervertir leur âme par simple ambition et égoïsme. C'était toujours étrange de les voir arriver des rêves plein la tête et se transformer en des personnes amères et désabusées. La force devenait de la violence. La détermination devenait de la crainte de tout perdre. L'esprit d'équipe devenait de l'égocentrisme. Fascinant, mais si banal... Avant, les Hommes se marchaient dessus pour être un chef, un sage, une prêtresse. Aujourd'hui, c'était la gloire pour rien du tout qu'ils étaient prêts à tout. Ils étaient bien peu de choses, en vérité, une voix, un visage, un corps, et pour cela, ils étaient persuadées qu'ils valaient de l'or. Certes, la Hellsing les encourageait à penser ainsi. Cette Apocalypse semblait trop facile, décidément.

    Un sentiment de frustration m'envahit et je laissai échapper un peu de mon aura, juste une fraction de seconde, comme un appel dans la nuit. Non, un défi. J'étais là. J'attendais. Quiconque avait détourné les yeux de lui-même pour regarder le monde qui l'entourait pouvait m'avoir vu, eh bien qu'ils viennent. Et qu'ils m'apprennent quelque chose. N'importe quoi. Un peu de nouveauté, comme un sursaut d'agonie dans ce monde destiné à sombrer.

    Voilà qui ressemblait beaucoup à une prière. D'ailleurs, peut-être Dieu entendait-il les prières des démons, mais se contentait-Il de les ignorer. C'était ce que les Hommes pensaient, en affirmant que Dieu aimait toute chose et tout le monde. En ce cas, si Dieu décidait de m'ignorer, peut-être qu'un de ses esclaves... Un lent sourire étira mes lèvres. Quelque chose approchait. Quelque chose dont la sensation fit fourmiller mes sens. Un pouvoir si familier, mais toujours si inquiétant à la fois, qu'il était un des rares à déclencher des montées d'adrénaline en moi. Oui, je m'étais ennuyé de beaucoup de choses, durant ces derniers siècles, mais pas de ça.

    Pas de lui.


Dernière édition par Takasugi Kei le Mar 16 Nov - 20:03, édité 1 fois
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Sakuya Toya
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MessageSujet: Re: Angel and the fallin'
Mer 7 Avr - 16:24

La Lune imposante éclairait le toit de la Kronos Heaven ce soir-là. De nombreuses nuits avaient passées où le ciel sombre et ses nuages nous l'avait cachée, nous privant de sa beauté. Je préférais de loin la chaleur et la puissance du Soleil, mais la douce lumière qui émanait de la Lune lorsqu'elle était pleine m'apaisait, me mettant dans un état de veille où le calme et la sérénité m'envahissaient. Ces nuits étaient ma pause mensuelle, mon grand bol d'air frais où je profitais du calme et du silence.

M'approchant du muret de pierre bordant le toit, je contemplais la ville et fut ébloui. Trop de lumières. Ces humains avaient décidément très peur du noir et ne savaient pas se fier à leur instinct pour les guider dans l'ombre. Un manque de confiance compensé par des néons aux couleurs criardes et aux grésillements électriques désagréables. Si j'étais un ange malicieux et que l'on m'autorisait à jouer un mauvais tour aux humains, sans aucune hésitation, je déclencherai une coupure de courant générale.

La brise fraiche me ramena des senteurs de cuisine largement atténuée par la hauteur qu'elles avaient du franchir pour me parvenir, mais également des relents de parfums, d'ambiance et de l'odeur des humains parcourant encore les rues à cette heure. Et à ce que j'en sentais, ils étaient nombreux. Le monde de la nuit n'avait pourtant pas grand chose de très attrayant selon moi... Fatigué de ses senteurs humaines, je me laissais tomber en arrière sur le sol bétonné ; un petit coup de pouce de la lévitation pour amortir ma chute. Fermant les yeux, les mains derrière la tête, je savourai l'air frais pénétrant dans mes poumons. Un corps de chair et de sang procurait certes d'agréables sensations, mais au fond de moi, mes ailes me manquaient. Cette substance dans mon dos qui se déployait dans les cieux et irradiait de sa lumière. Depuis combien de temps n'avais-je pas retrouvé mes ailes ? Des siècles déjà... Le temps passait inexorablement et j'aimais plutôt bien mon existence parmi les mortels, ou plutôt, j'avais aimé, car cette vie sur Terre ne serait bientôt que du passé. Apocalypse prévue pour 2012 et nous étions déjà en 2010. Déjà... Un élan de nostalgie s'empara de mes pensées et fit défiler un grand nombre de souvenirs de mes incarnations antérieures. Depuis ce jeune homme qui fut mon premier protégé jusqu'aux fous rires que Suo me provoque à chaque fois qu'il grogne en exécutant mes ordres. Ces bribes de souvenirs me firent sourire. La vie était douce. Quel gâchis de tout détruire.

Une brise fraiche m'apporta un flot de senteurs et une aura. Je me redressai et fronçais les sourcils. Le possesseur de cette aura m'était bien connu, mais pourquoi la laissait-il lui échapper de cette manière comme si nous n'étions déjà pas assez repérable ?... Une provocation ? L'idée disparut bien vite de mon esprit et un rictus se dessina sur mes lèvres. J'étais assurément loin du compte, mais j'allais accepter l'invitation et en profiter pour jauger mon vieil ennemi. Je m'envolais alors vers la tour de Tokyo. Les yeux humains levés vers les cieux n'y auront vu qu'une étoile filante et auront fait un vœu.

Notre bonne vieille tour de Tokyo. Les japonais en vantent à outrance la hauteur alors que la construction a déjà servi de perchoir à des créatures surnaturelles un millier de fois. J'ai vu mieux comme propagande médiatique. J'atterris en douceur sur les poutres métalliques nues du sommet de la tour. Une vue imprenable s'offrit à moi et me fit comprendre soudain pourquoi il venait ici.

Parlant du loup, je l'aperçus plus loin, assis sur une poutre, les jambes se balançant dans le vide comme un enfant. Un comportement qui ne m'étonnait pas venant de lui, ou plutôt, il aurait du m'étonner, mais depuis le temps que nous nous connaissions, plus rien ne m'étonnait. Néanmoins, et c'était assez désagréable, je ne devais jamais baisser ma garde en sa présence malgré toute la familiarité que nous pouvions nous témoigner. Dieu sait que j'aurais préféré être aussi "proche" de confrères Séraphins, mais je n'avais que lui de mon niveau dans les parages et avec qui je partageais une relation d'égal à égal.

Sakuya Toya : "Tu dois t'ennuyer à mourir dans ta société pour essayer de t'attirer des problèmes de la sorte." lui lançais-je en m'avançant en équilibre sur la poutre sur laquelle il était installé.

Arrivé à peu près à son niveau, je me calais contre un poteau, dont le froid sur mon flan m'arracha un frisson, et laissais mon regard se perdre sur l'océan de lumières qu'était devenu Tokyo. Ce n'était pas le genre de panorama que je préférais, mon hobby étant plutôt de m'envoler pour m'isoler à des kilomètres de la ville et profiter du firmament dans la nuit noire ; mais je devais admettre que la vue était beaucoup plus agréable depuis les quelques centaines de mètres de hauteur supplémentaires.

Sakuya Toya : "J'imagine que tu viens souvent ici. Ce serait ton genre." supposais-je dans un souffle.

Le genre d'un démon qui s'amuse des facéties mortelles, et l'endroit était parfait pour sonder la ville et repérer des nids à problèmes. Ou au contraire se faire remarquer comme un poisson rouge dans un bocal de piranhas. Qu'est-ce tu peux avoir derrière la tête Kei ?


Dernière édition par Sakuya Toya le Mar 16 Nov - 19:32, édité 1 fois
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Takasugi Kei
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MessageSujet: Re: Angel and the fallin'
Ven 9 Avr - 15:14

    Je le vis approcher, étoile filante au milieu des autres, avec la même impatience gourmande qu'un humain ressent à se délecter de la bonne nourriture. Oh, il avait la peau bien trop dure pour que je tente de le dévorer, ni lui, ni son âme, ni même son essence, et j'aurai été bien bête de tenter ma chance. Fut un temps où chacun de nous avait essayé d'en finir avec l'autre. Un ange contre un démon. La bataille inévitable. Mais jamais nous ne pûmes nous départager. Et chacun des coups que nous nous portions alors était pour moi comme des mots que nous aurions échangé. Oui, c'est en le combattant que j'ai appris à le connaître. Il va de soi que nous avions fini par nous lasser l'un de l'autre... Et voilà qu'aujourd'hui et depuis quelques siècles, nous nous contentions d'accepter la présence de l'autre comme un mal... non pas nécessaire, mais obligatoire. Contraignant, mais auquel nous ne pouvions rien faire. Et quand vint l'annonce de l'Apocalypse, nous avons, comme toujours, emprunté deux chemins différents. Je n'ai pas été surpris de le voir embrassé la cause des anges. Il était le plus fier représentant, après tout. Toutes ces années, ces siècles, ces millénaires à suivre sa ligne de conduite... On peut dire que ça forçait le respect. Et j'étais certain qu'il n'était pas surpris de me voir flemmarder ici plutôt qu'au travail. Non, nous nous connaissions décidément... trop bien.

    "Tu dois t'ennuyer à mourir dans ta société pour essayer de t'attirer des problèmes de la sorte. J'imagine que tu viens souvent ici. Ce serait ton genre."

    Il s'était appuyé contre la structure en métal, le visage mortellement sérieux, comme toujours. Je remontai une jambe contre mon torse, l'entourant de mon bras, et posai la joue sur mon genou pour le regarder par en-dessous, le sourire aux lèvres.

    "Quel honneur. Je siffle, et c'est toi qui viens. Mais tu ne crois pas si bien dire. Si je pouvais mourir, ce serait l'ennui qui aurait raison de moi."


    Je tendis la main, refermant le poing sur le vide, les ténèbres de la nuit, avant de les relâcher dans le néant, soufflant sur les doigts, amusé de mon propre jeu. Après tout, s'il était là, c'était que lui non plus n'avait pas grand chose à faire. Il était venu en sachant que rien ne se passerait, c'était donc que quelque part, il avait envie de passer le temps. Du moins c'était ce que j'aimais à penser. Oui, j'aimais penser que l'ange préféré de Dieu, du moins son plus digne représentant, ne pouvait pas se passer de moi. Pouvais-je me passer de lui ? Sans doute que ce serait parachever la toile de l'ennui mortel dans laquelle j'étais englué depuis des années. Je m'amusais rarement autant que lorsqu'il était dans les parages. Lui où son mignon petit assistant, bien sûr. Et les humains... ah, les humains, une si longue histoire, et toujours des enfants...

    "Tu le sais aussi bien que moi, non ? Nos actions n'ont que peu d'importance. Au final, ce sont eux qui décident, eux qui font un choix. Est-ce ma faute s'ils font le plus souvent le mauvais, et tombent dans nos filets ?"

    Oui, la Hellsing ou une autre entreprise, c'était la même chose. Je n'avais qu'à m'asseoir dans un coin et regarder les humains se marcher dessus et devenir plus fort à mesure qu'ils nourrissaient de vils sentiments les uns envers les autres. C'était bien plus amusant de pervertir les âmes, avant. Quand ils croyaient tous en un dieu. Quand ils vivaient tous avec le Bien et le Mal. A présent, les humains eux-mêmes étaient des démons... aaah, quel ennui...

    "Je suis sûr que tu t'amuses plus que moi. Au moins, il y a du challenge, de ton coté."

    Oui, assurément, ce devait être plus dur de faire pencher la balance humaine vers les anges que vers les démons.


ABSENCE



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Sakuya Toya
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MessageSujet: Re: Angel and the fallin'
Lun 12 Avr - 22:31

Takasugi Kei : "Quel honneur. Je siffle, et c'est toi qui viens. Mais tu ne crois pas si bien dire. Si je pouvais mourir, ce serait l'ennui qui aurait raison de moi." me répondit-il en prenant ses aises, tout sourire.

Oh je connaissais bien ce genre de sourire - toutes les mères du monde le connaissent - celui de l'enfant qui s'apprête à faire une bêtise ; et il l'a fit en relâchant encore un peu de son énergie dans l'air. J'aurais pu me vexer en pensant que ma présence ne lui suffisait pas et qu'il avait envie de faire du deux contre un, mais je n'en fis rien. Limite si j'aurais été heureux que d'autres anges ou démons nous rejoignent ; nous aurions pu avoir un débat posé sur l'apocalypse sans qu'aucune bataille n'ait lieu, car en la présence des leaders, personne n'osait jamais engager le combat. C'était une idée qui aurait parue saugrenue à nombreuses créatures surnaturelles, mais elle me trottait dans la tête depuis un bout de temps. La raison ? L'ennui ?... Assurément non. Plutôt la curiosité. Je brûlais de savoir, d'entendre de vive voix ce que les démons et les autres anges pensaient de l'apocalypse. Les uns étaient mes ennemis, les autres me craignaient, ce qui n'est évidemment pas bien pratique pour débattre.

Takasugi Kei : "Tu le sais aussi bien que moi, non ?" continua-t-il, me tirant de mes pensées. "Nos actions n'ont que peu d'importance. Au final, ce sont eux qui décident, eux qui font un choix. Est-ce ma faute s'ils font le plus souvent le mauvais, et tombent dans nos filets ?"

Je n'étais pas un grand pratiquant du parjure, mais je devais admettre que sur ce point, nous étions d'accord. Mon père avait décrété que l'Homme naissait bon, mais après des siècles passés à les observer et à les connaître, j'avais une autre théorie : l'Homme naissait vide et la vie avait tout le loisir de le remplir ; restait à savoir de quoi l'être humain choisirait de nourrir son âme et c'est cela qui faisait toute la différence. Kei avait remarquablement bien joué sur ce coup en choisissant d'appâter les mortels avec des rêves déchus, exploitant ainsi leurs remords et leurs désirs inavoués. Cependant, mon entreprise et moi-même offrions aux humains de la sécurité et un avenir clair, ce qui faisait malheureusement appel à la peur et à la lâcheté des Hommes qui ne s'assument pas. Ainsi la Hellsing amassait des ambitieux et nous recrutions des lâches. Selon mes statistiques, et aussi surprenant que cela puisse paraître, nous étions cependant quasiment ex-aequo pour le moment ; ce qui prouvait qu'il avait au moins autant d'ambitieux qui se noient dans la popularité que de lâches qui se lovent dans la sécurité. Quel beau tableau pour l'humanité... Et qu'en est-il des autres ? Ces êtres humains d'exception qui assumaient leur existence, leurs choix et leur conscience ? Je désespérais désormais d'en rencontrer un jour.

Takasugi Kei : "Je suis sûr que tu t'amuses plus que moi. Au moins, il y a du challenge, de ton coté." continua-t-il me tirant à nouveau de ma réflexion.

Sa réplique rejoignait si bien mes pensées qu'elle me fit sourire.

Sakuya Toya : "Je ne dirai pas ça..." le corrigeais-je. "Je me laisse à penser que nous avons chacun nos chances d'attirer des âmes à nos causes respectives. Les Hommes sont tellement extrêmes, alors que contrairement à nous, ils pourraient si facilement s'épanouir dans différents tons de gris. Mais au lieu de cela : occulter le noir pour vivre en blanc ou renier le blanc pour brûler sa vie dans le noir ; ils n'ont absolument rien compris. S'ils se rendaient compte du potentiel qui leur a été offert..."

Je m'interrompis, réalisant que j'énonçais tout haut mes pensées les plus profondes. Décidément, je baissais trop ma garde à son contact.

Sakuya Toya : "Je te prie de bien vouloir m'excuser." dis-je en battant l'air du revers de la main. "Je suis bien amer ce soir."

Mais je devais avouer que même si je ne le devais pas, j'appréciais de parler avec Kei ; cela me défoulait. Nulle personne alentour pour confier mes doutes et mes interrogations afin de toujours garder la tête haute et montrer l'exemple ; ceci était mon fardeau et je l'acceptais, mais c'était bel et bien la raison pour laquelle, mes discussions d'égal à égal avec Kei me plaisaient tant. Que j'ai des doutes ou que je jure, Kei n'y verrai là que les tribulations d'un ange qui s'ennuie dans sa tour d'ivoire et écouterait mes propos, là où tout autre personne - ange ou démon - aurait fermé ses écoutilles ou m'aurait pris pour un fou. Rien que parce qu'il "entendait" ce que j'avais à dire et que je lui rendais son écoute, notre relation méritait considération. Je me demandais alors jusqu'à quel point nous aurions du respect l'un pour l'autre...

Sakuya Toya : "Tu veux que je te dises... Une partie de moi considère la disparition future de la Terre comme une perte désastreuse." soupirais-je en m'adossant un peu plus contre la poutre pour caler mes épaules dénuées d'ailes dans ce monde cartésien. "Après des années de guerre, les mortels nous ont offert un terrain de jeux et d'entente ; et nous avons travaillé dur chacun de notre côté pour faire en sorte que les humains penchent plus ou moins d'un côté de la balance ; et tout ça pour quoi ? Tout raser du jour au lendemain ? Je ne remets pas en cause cette décision car je serai à jamais fidèle à mon Père mais... je trouve tout cela fort dommage."

Ces paroles, je les regretterai peut-être un jour ; mais pour l'heure, indubitablement, c'était mon sentiment.


Dernière édition par Sakuya Toya le Mar 16 Nov - 19:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Angel and the fallin'
Mar 13 Avr - 20:09

    Comme toujours, je l'écoutais parler avec un mélange d'amusement vaguement méprisant, et une fascination sans limites pour ses propos. Moi qui avais la chance d'être un démon, de vivre libre de toute entrave, sans personne pour fixer des lois absurdes sur ce que j'aurai dû dire, faire ou penser, j'avais toujours été perplexe vis-à-vis des anges. Enfin, peut-il y avoir condition plus misérable que d'être ainsi enchaîné à des principes rigides ne laissant aucune place à l'imagination ni même au libre-arbitre ? Le jour où je vis Lucifer tomber en enfer, je m'attendais à ce que le reste de ses frères et soeurs le suivent dans les siècles à venir, mais je m'étais bien trompé. Etait-il possible que les anges se satisfassent de leur condition ? Toya en était l'exemple le plus percutant. Vivre comme il vivait, ne serait-ce qu'une journée, m'aurait conduit à tout faire pour aller en enfer. Et ça faisait des millénaires qu'il suivait ce chemin tracé par Dieu ! Oh, rien que pour ça, je le respectait, sans pour autant toujours le comprendre.

    Mais le plus intéressant avec lui, c'était de le voir se débattre dans le marasme de ses principes, alors qu'il avait manifestement terriblement envie de nouveaux horizons. Si je ne le connaissais pas si bien, j'exploiterais aussitôt cette faille histoire de pervertir son âme si pure. Cela dit, il se serait défendu, et avec succès. Quel dommage... Faire déchoir un Séraphin, voilà qui aurait été si délicieux... Il s'excusa pour ses paroles, et je secouai vaguement la tête. J'aimais bien ses idées, moi... mais son Seigneur avait des oreilles partout.

    - Tu frises le blasphème, Séraphin, surveille ton langage ! m'exclamai-je d'un ton faussement péremptoire, amusé.

    - Tu veux que je te dises... Une partie de moi considère la disparition future de la Terre comme une perte désastreuse. Après des années de guerre, les mortels nous ont offert un terrain de jeux et d'entente ; et nous avons travaillé dur chacun de notre côté pour faire en sorte que les humains penchent plus ou moins d'un côté de la balance ; et tout ça pour quoi ? Tout raser du jour au lendemain ? Je ne remets pas en cause cette décision car je serai à jamais fidèle à mon Père mais... je trouve tout cela fort dommage.

    Ah, l'Apocalypse... plus que les milliers d'anonymes qui formaient l'armée des Cieux et celle des Enfers, les êtres comme Toya et moi étions en droit de nous poser la question. Nous qui avions vu naître l'Humanité, nous qui connaissions la raison de cette création, symptomatique de la solitude de ce Dieu qui ne se satisfaisaient plus de ses anges. Peut-être avaient-ils fait ces derniers trop droits, trop obéissants. A ce titre, les Hommes ont certes occupé son temps d'une façon encore inédite. Et voilà qu'à présent, Il déclenchait l'Apocalypse. Cela dit, c'était son choix, celui des Cieux, pas le nôtre. Oh, il n'y avait pas beaucoup de démons pour se poser des questions, bien au contraire. Oui, les miens étaient bien connus pour leur absence de réflexion sur quoi que ce soit. Mais si j'étais un ange, comme je souffrirai de voir que toutes ces années de servitude au service des Hommes chéris de Dieu étaient récompensées par ça... Il y avait bien de quoi remettre certaines choses en question, non ? De sortes que les paroles de Toya m'amusèrent autant qu'elles m'interpellèrent.

    - La Terre se portait très bien avant que ton Seigneur ne la peuple de singes imberbes et bruyants... quoique forts amusants à regarder et à provoquer. Cependant, je ne suis pas étonné qu'Il en ait eu assez de leurs braillements. Il a déjà tenu plus longtemps que ce que j'aurai cru. Quelle... charité.


    Je balançai une jambe dans le vide, laissant mon regard planer sur la cité illuminée. Splendide. Oui, vraiment, quel gâchis d'arracher l'Humanité à cette Terre, alors qu'il leur restait tant de choses à faire, à découvrir... Tant de sang à faire couler et d'amours à souiller...

    - Tu sais, ce n'est pas une fin en soi. Tu ne crois pas que ceux que nous choisissons sont des élus ? La fin n'est que le renouveau d'autre chose. Peut-être Dieu passe-t-il simplement à l'étape suivante.


    Je tournai vers l'ange un visage hilare et quelque peu matois.

    - Pourquoi est-ce que tu ne lui poses pas directement la question ? Si tu veux, je peux le faire à ta place. Si seulement tu daignais me le présenter.


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MessageSujet: Re: Angel and the fallin'
Mar 16 Nov - 20:13

- La Terre se portait très bien avant que ton Seigneur ne la peuple de singes imberbes et bruyants... quoique forts amusants à regarder et à provoquer. Cependant, je ne suis pas étonné qu'Il en ait eu assez de leurs braillements. Il a déjà tenu plus longtemps que ce que j'aurai cru. Quelle... charité.

J'acquiesçais intérieurement. Tous les jours je pouvais entendre la Terre crier sa souffrance. Et quand je dis la Terre, je pèse mes mots. Car ce ne sont pas les énergies de créatures vivantes ou décédées qui hurlent d'horreur, mais bel et bien des masses gigantesques de roches sous les forces qui les asservissent qui créent ses sons stridents qui me parviennent.

- Tu sais, ce n'est pas une fin en soi. dit-il finalement, et peut-être pour me rassurer. Je devais m'être un peu décomposé pendant ma dernière tirade. Le sujet m'était douloureux. Tu ne crois pas que ceux que nous choisissons sont des élus ? La fin n'est que le renouveau d'autre chose. Peut-être Dieu passe-t-il simplement à l'étape suivante. Il se tourna vers moi et continua : Pourquoi est-ce que tu ne lui poses pas directement la question ? Si tu veux, je peux le faire à ta place. Si seulement tu daignais me le présenter.

J'éclatais de rire. Un rire nerveux sans aucun doute, mais le sentiment de lâcher-prise lorsque l'on rit à gorge déployée avec une enveloppe humaine est incomparable. Cela me fit le plus grand bien.

- Je te vois venir l'ami, lui répondis-je avec toute la canaillerie dont il avait usé pour me parler. Ce n'est pas parce que je baisse ma garde que je vais te donner les clés de chez moi ! Je me décollais de ma poutre et m'approchais du bord, laissant mon regard se perdre dans le vague. Si seulement je pouvais l'atteindre pour lui parler... Je lui dirai honnêtement ce que je pense de notre démarche... Si seulement...

Si seulement je n'avais pas des chaînes aux pieds à cause de mes adversaires... Je les savais dans l'ombre à guetter le moindre de mes mouvements et surtout, la plus petite occasion de mettre à jour mon empathie vis à vis des humains. Étant donné que les cieux avaient apparemment lancé la procédure d'auto-destruction, je partais avec un désavantage immense quant à débattre du sort des êtres vivants. Mon seul avantage étant que, finalement, tous ignorait l'opinion de Notre Père sur la question...

Non je ne devais pas penser à remettre en question ce qui a été décidé par Notre Père. Il avait certainement ses raisons et je devais être obéissant et les accepter. J'aurais seulement souhaiter les connaître...

Je m'assis à mon tour les jambes dans le vide, soudainement fatigué.

- Pour l'instant, je ne vois les choses qu'à mon échelle finalement, conclus-je. Je me demande chaque jour ce que je pourrais faire pour agir dans le bon sens et toutes les nuits j'obtiens la même réponse : faire correctement tourner la machine des anges. Cette réponse commence à m'ennuyer... J'aimerais tellement faire plus...

En entendant mes paroles, j'avais l'impression de redevenir un jeune ange plein d'espoir, d'avenir et d'ambition pour apprendre, comprendre et aider. Amusant. Kei faisait ressortir un très bon côté de ma personnalité.

Je me tournais vers lui.

- Et toi, que fais-tu de beau et grand ces derniers temps qui te vale toujours ton haut rang de prince démon ? lui lançais-je en ponctuant ma question d'un coup de tête.

Car c'est bien cela que l'on attendait de nous : être forts, grands, et ne pas douter.
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MessageSujet: Re: Angel and the fallin'
Lun 22 Nov - 13:52

    - Je te vois venir l'ami. Ce n'est pas parce que je baisse ma garde que je vais te donner les clés de chez moi ! Si seulement je pouvais l'atteindre pour lui parler... Je lui dirai honnêtement ce que je pense de notre démarche... Si seulement...

    Et moi donc... Voilà bien la seule chose que j'enviais aux anges : ils pouvaient contempler leur Créateur, le Créateur de toute chose. Imaginer qu'Il était à l'origine de toute chose sur cette Terre, de ses habitants à la poussière que les Hommes foulaient du pied tous les jours, avait de quoi donner le vertige. Mais plus que cela, plus que l'acte de création en lui-même que tout le monde peut reproduire à sa propre échelle, c'était Ses motivations qui me fascinaient. Comme je désirais le rencontrer, au moins une fois ! Ma curiosité me dévorait depuis des millénaires ! Mais bien sûr, inutile de compter sur des anges de troisième zone pour rencontrer le vieux bonhomme... et des types comme Toya n'allaient certainement pas me donner les clés de Sa maison. Cependant, j'en étais certain, un jour j'irai jusqu'à Lui histoire d'avoir une petite conversation. Les anges aiment se poser des questions. Celle avec laquelle ils n'ont pas besoin de se torturer est bien celle de leur origine. Mais pour le reste...

    Je penchais la tête sur le coté, intéressé par la complainte du Séraphin. Était-il possible que mon plus vieil ennemi n'ait plus les faveurs de son Père ? Voilà bien quelque chose de nouveau en soi. Peut-être cette histoire d'Apocalypse avait-elle redistribué les cartes du pouvoir dans les Cieux. Après tout, elle avait bien déclenché quelques changements dans les enfers... C'était le moment de prouver sa valeur. D'œuvrer à une promotion. De tester les fidélités. Et à entendre parler Toya, je voulais bien croire que son Dieu se méfie désormais quelques peu de lui. Je gardais sagement les questions pour moi, cependant. Il est de ces sujets qu'il vaut mieux aborder à d'autres moments.

    - Pour l'instant, je ne vois les choses qu'à mon échelle finalement, conclus-je. Je me demande chaque jour ce que je pourrais faire pour agir dans le bon sens et toutes les nuits j'obtiens la même réponse : faire correctement tourner la machine des anges. Cette réponse commence à m'ennuyer... J'aimerais tellement faire plus...

    Voilà qui était tout à fait lui. Tout à fait angélique. Adorablement désespéré. Je me levai, fis un pas dans le vide, lévitant quelques secondes face à la ville, les yeux fermés, m'imprégnant de la fraîcheur de l'air et de l'odeur de la ville qui montait jusqu'à nous. Métal, sang, sexe, nourriture, essence, larmes. Une odeur que l'Humanité dégage depuis quelques temps seulement. Ah, quel dommage qu'elle doive disparaître à ce moment précisément, alors qu'elle amorçait enfin ce virage vers l'auto-destruction que j'attendais depuis si longtemps ! Je me tournai vers Toya, paresseusement allongé dans les airs, les jambes croisées, les bras derrière ma nuque.

    - Faire plus que le maximum, voilà bien un souhait qui te ressemble. Toi qui vis depuis des millénaires, pourquoi ne pas simplement attendre et voir ? Ton Dieu a fait en sorte que la vie n'ait rien à voir avec les mathématiques. Aucune réponse toute faite, mais du hasard, de la chance, et ce qu'il appelle "destin" pour ne pas dire Sa volonté, voilà la recette de l'existence. Les réponses apparaissent d'elles-mêmes, les chercher, les anticiper, ne sert à rien.

    Bien sûr, à notre échelle, deux années équivalaient à une respiration. Mais il ne s'agissait plus désormais de notre échelle. Les Humains étaient devenus, pour le meilleur ou pour le pire, le centre de notre existence à tous, anges comme démons, grâce aux bons soins du Créateur. Un sacré farceur, celui-là... Toujours est-il qu'il nous fallait désormais vivre à leur vitesse. La précipitation ne pouvait apporter que des ennuis. Il n'y avait qu'à voir tous les petits démons des enfers qui avaient bougé leur pion trop vite sur le grand échiquier et qui n'étaient plus là pour en parler. Attendre et voir. Tellement passionnant d'observer les pièces du puzzle se mettre en place lentement... Tellement merveilleux d'y ajouter ma touche personnelle ici ou là... C'était le bon moment pour se prendre pour Dieu !

    - Et toi, que fais-tu de beau et grand ces derniers temps qui te vale toujours ton haut rang de prince démon ?

    La question de l'ange m'arracha un sourire ravi et je me redressai.

    - Savais-tu que les guerres des Hommes n'ont plus les mêmes motivations ? C'est incroyable, absente-toi quelques siècles et leur esprit change complètement de modèle. Ce n'est plus le territoire ni le pouvoir qui les fait se battre, mais les passions ! Ils se font la guerre sur la base de leurs propres sentiments ! Peur, jalousie, haine, envie, orgueil !

    De ce point de vue là, la Hellsing était le moteur parfait. Chaque humain qui entrait dans mon entreprise avait l'inébranlable envie d'être meilleur que les autres. D'être connu, sans même en connaître les conséquences, d'être adulé, sans même en savoir le prix. Et ce n'était pas l'argent qui les motivait - il suffisait de voir comme ils ne régissaient pas alors que je les payais une fois sur quatre ! - mais la simple soif de reconnaissance. Et pour cette reconnaissance, même éphémère, ils étaient prêts à tout, et je pèse mes mots. C'était presque trop facile. A croire qu'ils sentaient venir leur fin et se mettait brutalement à désespérément désirer laisser une trace dans leur histoire commune. J'achevai ma pensée tout haut en gloussant :

    - Ils ne comprennent pas que laisser une trace de soi ne sert à rien s'il ne reste personne pour raconter leur histoire... En attendant, ma boîte tourne très bien, merci de demander. Je crois que les humains sont plus intéressés par les cris de leurs fans que par ta technologie de pointe. Ce qui est étonnant d'ailleurs... on serait en droit de penser que par les affreux temps qui courent, ils auraient préféré développer des solutions nouvelles pour les sauver d'eux-mêmes. Au lieu de quoi les starlettes se pressent sur le pas de ma porte ! !

    J'éclatai de rire en écartant les bras pour embrasser le ciel au-dessus de moi :

    - Dis-moi, Séraphin, n'as-tu pas encore été sollicité par quelques démons plein de remords ? Si je voulais sauver les Hommes, c'est à toi que je m'adresserais...

    Je ne pouvais pas m'en empêcher, piquer son âme si torturée, la perler de doutes que pourtant il parvenait très bien tout seul à s'imposer...


ABSENCE



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Angel and the fallin'

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