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 Je suis là

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MessageSujet: Je suis là
Sam 20 Nov - 20:01

Le 02/02/2010 à 02h35 am



Après avoir terminé de défaire ses boîtes de déménagement, Yuuki passa la nuit à placer ses meubles, bidouiller certains de ses électroménagers, organiser la vaisselles dans les armoires de cuisine, sans oublier les fleurs et le lit, moments qu'il aime à garder pour la fin. Les fleurs ne sont pas friandes en général de voyager d'un pot à un autre, d'un terrain à un autre dans ce cas-ci, mais il fallait qu'il les garde quand même, qu'il les soigne comme déssert, car le jardin secret de Yuuki est très certainement son laboratoire d'orchidées, qu'il agence selon ses préférences en ordre de reproductions bien sûr, mais également dans le but d'être joli et d'expérimenter ses apprentissages en matière d'esthétisme traditionnel. Le seul élément de décoration qui soit installé dans son appartement se trouve donc dans sa chambre à coucher, où on peut l'apprécier juste en face de son lit, au pieds du mur qui s'en trouve éclairé par les lampes, qui servent de lumière pour les fleurs, dans toutes les teintes possibles de l'orange brûlé dont il est peinturé, de celle remplie de soleil qui oscille dangeureusement vers le jaune sucré, jusqu'au doux feu de crème dans son orangé le plus foncé. Il manquait encore de litteries dans son appartement car il n'avait encore rien acheté pour s'agencer correctement avec les couleurs sur les murs. Yuuki était sale ce soir et bien qu'il trouvait complètement inutile de s'occuper constament de son corps terrestre, il se résigna finalement à prendre son bain, seule corvée qui lui plaisait, le premier chez lui.

La tradition consistait à n'avoir qu'une seule chandelle sur le bord du bain et ainsi baigner dans une lumière extrêmement sombre, celle qui se raproche sûrement le plus de l'ombre naissante, prendre sa douche pour être bien propre, et passer au bain ensuite, s'enfermant le mieux que possible, fumer quelques cigarettes et profiter de l'épais brouillard d'humidité qui mouille l'air ambiant. C'est en calculant toutes ces formalitées avec un sérieux totalement inutile que Yuuki prit soin d'installer sa cérémonie quotidienne, posant chaque objets ici et là et se déshabillant enfin, pour se laver. Pendant que sa peau se parfumait tranquillement d'arômes de géraniums et de miel, Yuuki réfléchissait à ses plans, dessinait même les plans exacts de l'appartement de Kyo qu'il avait visité quelques fois. La dernière en date était en ce matin de début janvier, alors que son protégé avait quitté pour retrouver ses chats en laissant maladroitement la porte de son appartement débarrée et même entre-ouverte.

- Il aime la fraîcheur, ses chats.... mais est-ce encore de bonnes excuses?! marmonna-t-il en gribouillant son dessin, traçant des obliques noires entrecroisées dans tout les coins où il avait repéré de l'ombre même en plein jour, seul détail qui manquait encore à sa pile de papiers brouillons, pourtant remplis de notes importantes même si elle s'empilait lâchement, détrempée, à côté du bain.

Yuuki comme toujours s'inquiètait de son chat à lui, errant sans cesse à la recherche d'inspirations, de problèmes. Il était chanceux ce soir là, d'être observé de loin par son gardien, alors qu'il alla chercher ses bébés chats jusque dans la baraque d'un démon. La musique était douce à l'oreille de Yuuki, lui qui adorait littéralement écouter son artiste pendant les nuits entières où il se plaisait à jouer. Au début il n'était curieux que de cette douce musique qui l'appellait au loin et ensuite, lorsque Kyo cessait de jouer pour se concentrer à une autre occupation, qu'il écrivît ou qu'il lût, l'ange restait bouche-bée, la musique dans la tête, fixé par obligation sur l'objet de sa contemplation qui tout à coup faisait silence. Aurait-il fallu tourner le regard et faire autre chose? Yuuki se le demandait souvent, maintenant qu'il se trouvait victime des charmes de celui qu'il appellait parfois dans le silence de son coeur, le prince des chats.

Il aurait peut-être préféré ne pas commencer à l'écouter, pour finalement ne jamais commencer à le regarder non plus, car malgré sa bonne foi, l'ange ne sû résister à épier son animal sofistiqué. Levant les yeux pour commencer, par dessus de simples rebords de fenêtre du premier étage, pour reluquer quelques secondes sans avoir à se présenter, Yuuki finit par acheter des lunettes capablent de couvrir la meilleure des fenêtres de loin. Heureusement qu'il savait passer innaperçu et qu'il pouvait également faire passer ses nouveaux instincs de voyeur pour du simple zèle à protéger et surveiller Kyo, car en vérité il n'en était rien; Yuuki prenait plaisir à le regarder aussi, dans chacuns des gestes les plus anodins qu'il pû poser, jusqu'à la douce courbe dans sa bouche lorsqu'il terminait un soupir ou un sourire embarassé. Pour préserver ce qui lui restait de vertue, il alla même se jurer de fermer les yeux chastement, chaque fois que Kyo se retrouverait nu, bien que ceci ne soit pas arrivé souvent.

L'intuition de Yuuki le chatouillait de plus en plus, alors qu'il s'habillait de vêtements gris foncé et serrés, pour ne surtout pas réfléchir la lumière ni faire bruisser les tissus, il songeait maintenant à tout ces signes que Kyo démontrait de temps à autres, comme s'il était intimement convaincu de ne pas être seul. Il prenait l'habitude de se dénuder presque directement sous la douche, il regardait souvent autour de lui, surtout après ses longs soupirs, il semblait chercher quelque chose sans jamais le trouver. Yuuki avait prévu de se présenter à lui une bonne fois pour toute, à condition de ne pas tout lui révéler, de résister à trop lui parler, à lui toucher aussi... C'est une fois tout habillé qu'il prit une grande respiration pour se calmer et qu'il se concentra, bien décidé à se téléporter auprès de Kyo, alors qu'il dormait à point fermé maintenant, quelques deux portes à côté de la sienne, tout prêt de lui et si distant à la fois, trop distant.

L'ange se retrouva à côté d'un grand lit défait, dans lequel était couché comme un matou bien écartillé, son chat en train de rêver. Les gestes des yeux et de la tête de celui-ci étant brusques et agités, il ne mit pas de temps à comprendre que Kyo était prit de cauchemars et il s'en voulu de ne pas avoir été là avant, si près de lui, pour se rendre compte de ses maux nocturnes. Il recula d'un pas lent et précis, jusqu'au coin de la chambre adjacent à la porte d'entrée, qu'il allait pouvoir tirer dans l'ombre au moindre mouvements suspect, pour se cacher derière et faire passer toute l'affaire sur le dos des chats, qui avaient eux aussi l'habitude de bouger les portes pour rejoindre leur maître peu importe où il se trouvait. C'est là, caché dans l'angle d'ombre que formait le bureau adossé au mur, doublé en un triangle noir par l'ombre du cadre de porte qui filtrait lui-même la lumière venant du couloir, que Yuuki se calma. Fermement décidé à se faire invisible, ses yeux ne quittèrent pas une seconde les formes invitantes et sacrées qui se dessinaient sous les draps devant lui, mais bien coincé dans la rencontre des deux murs derière lui, il ralentit son souffle au niveau de celui d'un énorme animal, prenant le plus de temps qui soit physiquement possible de prendre pour aspirer une bouffée d'air et répétant le même principe pour expirer. L'exercice le calma et donna l'impression à l'ange que le temps s'arrêtait, que son corps n'était plus qu'un imprimé dans le coin de la chambre qui abrite son âme, que la moindre parcelle de son corps n'emmetait plus aucun bruits, la différence entre son souffle caché et le silence absolu n'étant plus du tout perceptible.

Il passa la nuit ainsi debout à regarder dormir sa bête, se demandant quelle sera sa réaction lorsqu'il lui écrira pour la première fois, lorsqu'il saura un jour qu'il est protégé par un ange obsédé qui ignore encore comment le garder de ses propres souffrances. Il prit ce temps précieux aussi pour repasser dans sa tête les plans qu'il s'était fait et finalement, sans pouvoir s'en empêcher, fantasmer sur l'intérêt de son labeur, repoussant à mesure quelles venaient les images choquantes de Kyo se réveillant le matin, nu et encore endormit sous ses draps, alors qu'il ignorait même encore s'il portait un pijama jusqu'au lit. Yuuki rêvait lui aussi, mais les yeux ouverts et souvent rabaissés dans la honte qu'éveillaient en lui les pensées trop impures. Pensées comme celles qui glissaient et se lovaient sur la peau de la plus choquante créature qui soit, en silence, caressée et touchée par les tissus jalousés de ses draps et même par les particules d'air autour de lui, qui entraient et sortaient de son corps innocent et pudique. Ces pensées le fit gronder doucement derière chaque ronflements de Kyo, rageant contre elles, jaloux, indigné, salit par la vie à la place de son impie.

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Aikawa Kyo
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MessageSujet: Re: Je suis là
Sam 20 Nov - 21:09

Il était là. Je l'entendais, montant l'escalier avec difficulté... Il était saoul mort, encore.
Ça faisait déjà des heures que j'angoissais dans mon lit, à jeter des regards inquiets aux ombres de mes jouets et peluches, en écoutant marmonner au loin un homme qui avait perdu toute raison. Je n'arrivais pas à dormir. Impossible. Malgré mon jeune âge, les jours et les mois précédents m'avaient bien imprimés dans la tête ce qui s'en venait. Je l'entendis lorsqu'il passa près de tomber, de chavirer, noyé dans sa mer d'alcool qui faisait tanguer son bateau incessament.
Il ouvrit la porte, et resta planté là, haletant comme un âne fatigué, mais la silhouette d'ombre qui se découpait sur la lumière du couloir n'avait rien d'un bête animal. Mais plutôt un animal dangereux, prêt à dévorer sa proie... Il s'approcha en me pointant du doigt, moi qui m'étais réfugié au coin de mon lit, qui était lui-même dans le coin de la pièce, recroquevillé contre le mur.

- Toi... Toi tu vas avoir ce que tu mérites ce soir encore...

Je secouai vivement la tête en échappant quelques petits non... Je ne voulais pas qu'il recommence. Ça faisait si mal... Je n'arrivais pas à comprendre, mais tout ce qui restait imprimé dans mon esprit c'étais la douleur. Une douleur sourde qui reste au creux des tripes...
Devant mes signes de refus, sa colère explosa déjà. Pour un simple non. Il se jeta presque sur le lit, pour me prendre les chevilles par-dessus ma couverture et me tirer vers lui. Je me mis à crier comme je l'avais fais tant de nuit, dans l'espoir qu'un jour quelqu'un m'entendes. C'est avec un ordre de me la fermer et un coup en plein visage qu'il accueillit mon explosion de voix, et me fit taire. Il me tenait par les cheveux, alors que de l'autre main il défaisait son pantalon. Non...
le moment arrivait. Malgré le coup précédant, je me remis à crier, jetant cette fois des regards paniqués et suppliants à tout ces objets et coins sombres qui peuplaient ma chambre...
Une fois qu'il fut parvenu à me tirer sur le bord du lit, sur le ventre, il baissa brusquement mon pyjama...

D'un coup, je m'étais redressé dans mon lit, assis, raide comme un piquet. Je crois avoir poussé un cri, ou bien était-ce dans mon rêve... Sushi et Maki, couchés à mes pieds, avaient relevé la tête, surpris, bien que désormais habitués... Je me réveillais pas mal toutes les nuits en sursaut.
Je portai une main à mon coeur, qui battait la chamade, si fort qu'on aurait cru qu'il voulait s'échapper de moi, fuir lui aussi... Je jetai un regard à la ronde dans ma chambre: rien. Partis les jouets, les peluches, les dessins enfantins accrochés au mur, et cet homme... Je ne pus toutefois m'empêcher de pleurer, comme à chaque fois où je me réveillais après un tel cauchemar. Tremblant comme une feuille et recroquevillé dans mon lit comme je le faisais enfant, je serrai étroitement mon oreillé dans mes bras, la seule compagnie que j'avais outre mes chats.
Pourquoi, toutes les nuits, revenait-il me hanter ? À croire que l'enfer n'était pas assez pour le garder loin de moi. Pas assez pour me protéger de tout ce qu'il m'a fait.
Je ne pus m'empêcher de rester là de longues minutes, figé. La douleur qui se tapissait dans mon coeur était trop grande. C'étais comme si on me brulerait au troisième degré depuis l'intérieur, et que le feu se répendait dans tout mon corps avec lenteur, me laissant engourdis, et vide d'énergie... Je fis donc la seule chose que je connaissais pour enlever cette douleur lorsqu'elle était trop vive... M'étirant vers ma table de nuit, j'en sortis une petite boite recouverte d'un tissus noir, et l'ouvrit sur mon lit. J'en saisis le contenu et retirai mon t-shirt. Malgré la faible lumière dans la pièce, on comprenait un peu la raison de ma pudeur: les quelques lueurs m'éclairant firent apparaître des cicatrices enchevêtrées un peu partout sur mon torse et mon ventre, sauf à l'endroit où reposait la tête de mon dragon tatoué. Mes bras étaient restés éternellements vierges, tenant à garder mon vice pour la douleur hors de la vue de tous... Je fis une énième incision, lentement, mais peu profonde pour ne pas qu'elle marque autant que toutes les autres. Je n'avais besoin que d'un peu de douleur...
Je restai ensuite immobile et fermai les yeux, me concentrant sur la morsure de la faible brise qui circulait dans l'appartement, et la sensation presque agréable et chatouillante du sang qui coule sur ma peau...
Ce ne fut que lorsque mon esprit fut vidé totalement de ses pensées que j'essuyai le sang avec mon doigt à de nombreuses reprises, pour le goûter, comme si boire ma propre vie avait quelque chose d'apaisant, aussi...
Ne laissant pas totalement le temps au sang de coaguler, je remis mon t-shirt, et me levai, enfilant un pantalon noir de la veille aussitôt que je fus hors des couvertures et me dirigeai vers le salon, où je m'affalai sur le divan avec un air vide et détaché, mon regard fixé devant moi, sur une télé qui n'avait jamais eu le cable...
Mes yeux étaient encore boursouflés et humides de mes pleures précédentes, mais mon nez ne coula pas, heureusement, ce qui me permis, au lieu de me reconcentrer sur mon existence, de plutôt ramasser le cahier qui trainait sur la table de salon, et poursuivre ma nouvelle, qui ne sera jamais publié, comme toutes les autres qui habitaient mes étagères.


"Mon âme est un tombeau que, mauvais cénobite,
Depuis l’éternité je parcours et j’habite."

- Le mauvais moine, Charles Beaudelaire.


*On s'en va au parc... ouaiiiiis*
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MessageSujet: Re: Je suis là
Sam 20 Nov - 22:41

Les grondements devaient être de trop, car lorsque l'ange caché en termina un seul, il entendit aussitôt Kyo gémir et se plaindre dans son sommeil, comme s'il était torturé alors qu'il avait simplement l'air de courir dans ses rêves quelques instants plus tôt. Les gémissements se changeant graduellement en petits cris, puis en des espèces de complaintes désagréables, rien était plus difficile pour l'ombre que de rester immobile, tout en Yuuki le poussait vers l'avant, il y avait un vent brûlant qui lui lèchait le dos et le forçait à se pencher, à couvrir le chat d'amour et faire cesser ce carnage. Comment alors aurait-il pu justifier sa présence? Expliquer qu'un énergumène tel que lui restait là, debout chez lui à l'observer? L'ange avança comme un nuage, vers le pied du lit où était accroché un pantalon noir, pour glisser dans une des poches de devant, un mot qu'il avait écrit pour rassurer enfin son âme solitaire et tourmentée et sur lequel on pouvait lire :

"Je suis là, je veille sur toi, tu es à moi..."

Il était évident que ce que Yuuki redoutait le plus était en train d'arriver. Les souffrances les plus terribles marquaient le visage de l'endormit et ses traits devinrent si horrifiés qu'ils laissaient l'impression d'un possédé, pendant que lui, reculait à nouveau vers son coin mal éclairé. Avant que l'ange ne se décide à le réveiller d'urgence et à devoir accepter le fait qu'il ait réagit trop tard, que Kyo soit une fois pour toutes sombré dans une démence calculée résultant des pires visions de l'enfer, il se réveilla, droit dans son lit et raide comme une barre. Ses gestes étaient habituels, une main sur le coeur, un oreillé vite serré dans ses bras, il était effrayé mais encore lui-même, encore fragile. Il se mit à fouiller dans sa table de chevet, sortant une boîte et l'ouvrant pour en extirper ses instruments de tortures. Yuuki le vit saigner, pleurer, respirer profondément tout le mal qui sommeillait encore en ses songes cauchemardesques, en ses souvenirs même, peut-être... Il était vivant, nul besoin de s'inquiéter davantage, de le regarder souffrir ainsi sans pouvoir déplacer aucune montagne, de le voir s'abreuver à même son propre sang, doucement, gémissant et reniflant ses pleures, alors qu'il était si beau d'observer les cicatrices sur sa peau d'un blanc d'hiver, comme autant de marques de courage pour toutes les nuits où il avait visiblement l'habitude de braver ses démons.

Yuuki ferma la bouche qu'après s'être rendu compte que son souffle extrêmement lent devenait de plus en plus profond et donc, audible. Il regarda Kyo partir dans la pièce d'à côté, concentré à oublier ce qu'il à vu, écrivant déjà dans son cahier. L'ombre remua, chancelant d'abbord pour avoir été immobile trop longtemps mais se rattrapant juste à temps, par la force de la vision d'horreur qui revint en l'esprit de Yuuki. Tout les muscles de son corps se contractèrent au même moment pour exprimer à sa place le cri de rage qu'il aurait voulu lâcher enfin hors de ses poumons affaiblis. Il se glissa à quatre pattes pour exhiber, avec une certaine distance, uniquement ses yeux hors de l'ombre du cadre de porte pour continuer d'épier Kyo dans la pièce d'à côté, espèrant qu'il trouve au plus tôt la note laissée dans son pantalon, espèrant qu'il puisse ne plus jamais dormir de sa vie.
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MessageSujet: Re: Je suis là
Dim 21 Nov - 1:06

L'ange qui était dissimulé dans ma chambre ne s'attendait sûrement pas à ce que l'un de mes chats soit aussi sociable. Sushi descendit du lit entre temps, et se faufila jusqu'à lui, pour venir se frotter contre ses jambes en miaulant. Trop concentré, je n'y fis pas attention, puisque mes chats ''jasaient'' souvent entre eux.
Ça faisait un moment que j'écrivais, peut-être une demie-heure, alors l'envie de fumer se fit sentir. Je pêchai donc mon paquet de cigarette. C'est à ce moment que je sentis un papier dans ma poche, mais je n'y portai pas trop attention, pensant que c'étais encore l'un de mes nombreux reçus de caisse du café, ou d'un magasin quelconque. C'est uniquement en essayant d'attraper mon zippo à motif peau de serpent que le papier en question tomba par terre, et que je constatai que ce n'était pas une facture... Le dépliant avec soin, cigarette au coin de la bouche, mes yeux s'écarquillèrent en lisant ce qui était écris:

"Je suis là, je veille sur toi, tu es à moi..."

Mon coeur fit trois tour, un pour chaque bout de phrase. Je levai les yeux et parcourrai la pièce du regard, je me sentis un brin paniqué. J'entendis alors Sushi miauler encore une fois. Ça venait de la chambre, et je compris que quelque chose clochait...

- Sushi... Sushi vient ici.

Contrairement à son habitude, le jeune matou ne répondit pas à l'appel. Il venait toujours me voir aussitôt lorsque je l'appelais, ce qui confirma mes soupçons... Je me levai mais, trop angoissé, je me tins droit dans le salon et dit à voix haute:

- Je ne sais pas qui vous êtes ni ce que vous voulez... Mais j'aimerais bien le savoir. Qu'est-ce que vous faites chez moi ?...

Malgré cette angoisse qui me tenaillais, je n'étais étrangement pas tant paniqué par cette présence dans ma chambre, qui m'avait vu dans un moment terriblement intime... Je supposais que cette personne n'était pas entré depuis un long moment, sinon je l'aurais remarqué, n'est-ce pas ? Personne ne peut entrer sans être vu, à moins que je sois profondément endormis... J'étais curieux. Était-ce donc finalement cette présence qui me suivait, qui me donnait un réel signe de vie ? Mais j'eus un espèce de délire de déni, qui me fit pousser un rire...

- Mais non, ça s'peux pas, je me fais des idées encore... si ça se trouve ce papier existe même pas... Je suis peut-être en train de virer cinglé avec tout ce qui se passe...

Je me rassieds sur mon sofa, et je fixai le bout de papier que je tenais dans les mains... Nul doute que ce papier était réel. Nul doute que finalement mon impression d'être observé est réelle.

- Pourquoi... pourquoi dites-vous que je suis à vous ? Je ne sais même pas qui vous êtes ...

Je tendis l'oreille, attendant une réponse, en l'espérant, surtout... et j'aurais voulu aussi voir, et peut-être toucher cette personne qui me ''harcelait gentiment''. Ma curiosité était piquée, sans nul doute... Mais aussi, je m'étais quelque peu familiariser avec cette présence le mois passé. La sentant au travail, à la maison, ou peu importe où j'allais... Quelques fois j'avais fantasmé à ce sujet, et je m'étais masturbé, conscient que l'on pouvait me voir... Ce qui était hautement inhabituel de ma part, d'un naturel pudique. Mais c'étais des épisodes passagers que je regrettais et qui me faisaient honte, me remettant aussitôt ensuite à cacher ma nudité même dans mes moments de totale solitude.
Mais ce sur quoi j'avais surtout fantasmé... C'étais à m'imaginer qui ça pourrait être, et quel serait le confort de ses bras si je m'y lovais, pour enfin ne plus faire de cauchemars...
En haussant les sourcils dans une moue piteuse, j'ajoutai:

- Répondez-moi, s'il-vous-plaît...


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MessageSujet: Re: Je suis là
Ven 3 Déc - 14:57

Revenu dans le coin ombrageux de la chambre, Yuuki patientait en silence, fixant le chaton visiteur dans les yeux, sachant pertinemment que les minutes où il prenait plaisir à rester invisible pour Kyo étaient maintenant comptés. Sa peur, la timidité cruelle qui lui tenaillait les entrailles depuis toujours, lui dictait depuis tout aussi longtemps que rien était sûr, que rien était encore fixé dans le coeur du protégé. Allait-il le détester, le chasser, le trouver hideux et ensuite le cracher? La force brutale, en réponse à une intrusion effrontée de son domicile, n'effrayait pas réellement Yuuki, ce qui le faisait par contre, était son appréhension, sa crainte de ne pas être aimé. Il songea tout de même à passer par dessus ses peurs enfantines, trouvant le moment urgent, la délivrance plus que jamais nécessaire, la souffrance de Kyo lui était trop insupportable pour poursuivre ses jeux malsains, ses égraineurs de sable, sa honte. Kyo parla toutefois le premier.

- Sushi... Sushi vient ici.

Sa voix était sévère et on pouvait entendre l'angoisse derrière le roulement grave de sa gorge, teinté d'impatience. Il était évident qu'en prenant contact d'une manière aussi directe, l'humain allait craindre le pire. Yuuki n'aimait pas agir sans planifications, sans être sûr de toutes ses actions à l'avance. Il aimait être aussi précis qu'une horloge, qu'une belle calligraphie. Les options qui s'offraient à lui quant à la marche à suivre, défilaient dans sa tête à une vitesse terrifiante, tout comme les battements de son coeur, alors que le petit chat tourna le dos, ainsi que sa queue dressée avec arrogance, pour se frotter contre le mur et ignorer son maître, qui parla à nouveau, cette fois-ci d'une voix bien haute et assurée, qui porta sans heurt jusqu'à l'ange.

- Je ne sais pas qui vous êtes ni ce que vous voulez... Mais j'aimerais bien le savoir. Qu'est-ce que vous faites chez moi ?...

Yuuki se tapa le front d'une main, trahit par un simple chaton, il était découragé de lui-même. Pourquoi les choses n'étaient pas aussi simples que lorsqu'il avait tout les pouvoirs reliés à son ancien grade? Il aurait pu disparaître, fuir cette terre puante, rien à faire... Il devait faire face à Kyo pour la première fois et il ignorait totalement ce qu'il allait lui dire, ce plan n'était pas encore écrit. Quand l'ange prit un respire non dissimulé pour émettre le bruit difficile et enrayé qui allait sortir de sa bouche, Kyo lui coupa la parole sans le savoir et se parla à lui-même.

- Mais non, ça s'peux pas, je me fais des idées encore... si ça se trouve ce papier existe même pas... Je suis peut-être en train de virer cinglé avec tout ce qui se passe...

L'intrus fit naître au coin de sa bouche un sourire vainqueur et sûr de lui, celui qui l'avait quitté lorsque Sushi croisa son regard. Si Kyo pouvait croire à une illusion, n'était-il pas sauvé? Peut-être n'aurait-il pas dû essayer de le rassurer, peut-être était-ce comme toute action non préméditée ; totalement inutile et nuisible. Peut-être même que lui et Kyo ne parlaient pas le même langage et que plutôt que de le rassurer, ce mot d'encouragement allait le frustrer, voir le convaincre de ses chimères, le détruire... Mais celui-ci fixa longuement le papier dans ses mains et continua sa conversation à sens unique.

- Pourquoi... pourquoi dites-vous que je suis à vous ? Je ne sais même pas qui vous êtes ...

Petit menteur, sale chat d'acteur! répondit Yuuki, d'une voix si étouffée et contrariée qu'on ne pu l'entendre. Il savait que Kyo commençait déjà à se douter de quelque chose derrière ses airs pressés et à demi indignés, ignorant çerte la couleur du visage de son fantôme mais, en son imaginaire et porté par ses intuitions toujours très fortes, il savait déjà qu'il n'était pas seul, pire encore, l'ange était persuadé qu'il s'était déjà donné à lui de son plein gré et qu'il l'avait tout de suite regretté. Il songea aux nuits d'observation qu'il s'était octroyé, à distance, sans comprendre pourquoi les fenêtres étaient entre-ouvertes et pourquoi Kyo ouvrait les rideaux dès qu'il entrait du boulot pour ne les refermer que très tard dans la nuit, lui qui cache jusqu'à ses pieds nus dans les replis de ses robes de chambre. Il se remémorât un incident en particulier, alors que le chat princier se vautrait dans son lit, alors qu'il se retournait sans cesse sous les couvertures, pudique et digne jusque dans son intimité la plus totale, alors qu'il gardait l'air frais dans sa chambre pour dormir, alors qu'il prenait son pied tout seul dans un nid d'oreillers joliment désordonnés et qu'il lança, finalement, les couvertures par-dessus bord dans un moment de courage inhabituel, un mouvement dont l'appétit débordait vers le sol en ourlets de plumes d'oies bien ensachées, pour jouir de tout son saoul, les yeux fermés, les dents serrées et la bouche déformée par le plaisir et l'envie de ne surtout par voir autour de lui la fausse réalité cruelle de ce monde ; qu'il était seul pour exhiber son corps en entier.

Les caresses sur son propre corps se calmaient et s'adoucissaient à mesure qu'il reprenait son souffle. Ses yeux s'ouvraient sur la tristesse et la solitude des lieux environnants, il regrettait déjà de s'être prit à des envies aussi burlesques, il jurait à sa conscience de ne plus recommencer, que c'était fou et stupide, mais Yuuki avait tout vu. Il comprit combien était intense l'envie de son protégé qu'on le vît enfin, qu'on le trouva beau, qu'on l'apprécia pour ce qu'il était et sans aucuns artifices, surtout sans aucunes cachoteries. Ce soir là, tu t'es donné à mon regard et à mon âme, tu m'as profondément désiré et ne serait-ce qu'un fol instant, tu l'a fais! s'était convaincu Yuuki. Le simple regret de Kyo alla jusqu'à l'offusquer, puisque ceci l'aidait grandement à se sentir moins coupable du vice qu'il se permettait en regardant son protégé, il voyait venir le jour de leur rencontre beaucoup plus facilement quand il pouvait croire que Kyo savait, sans rien admettre toutefois, qu'il n'était pas seul et qu'il aimait même laisser le vide profiter de sa présence. L'ange était encore plus libre quand son protégé se libérait aussi et accédait à une forme toute abstraite de l'amour. Il respira à nouveau pour reformuler sa phrase et la repenser aussi, conscient que ses premières paroles n'étaient qu'une colère jalouse. Kyo semblait supplier qu'on lui répondisse et qu'on cessât de l'ignorer.

- Répondez-moi, s'il-vous-plaît...

- Tu es à moi parce que je le sais, je l'ai vu, je suis à toi moi aussi tu sais. Je veux que tu cesses de souffrir, tu ne pourras jamais m'empêcher d'apparaitre à tes côtés au moindre danger, au moindre besoin si ça se trouve... Je t'ai trouvé et je te suis pour te protéger de tout, de toi-même s'il le faut. Alors laisse les lumières fermées dans ta chambre, garde une fenêtre sans veroux, c'est la première fois que je viens si près de toi et je t'interdis de regarder mon visage! Disons que je suis.... ton protecteur.

Yuuki était découvert et fâché, il suivit du regard l'autre chaton qui venait à son tour lui renifler les pieds, curieux et nonchalents comme s'il faisait déjà partie des meubles, mais traîtres tout autant. Puis il regarda à nouveau la boîte noire gardée par Kyo pour se faire souffrir de la plus indélicates façon qui soit, il songea à lui faire subir lui-même ces balafres pour qu'elles soient jolies, qu'elles le soulage et le libère, ne serait-ce que pour que Kyo n'ait plus jamais à se les faire lui-même, ou pour que plus personne au monde ne puisse le toucher, sauf lui...
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MessageSujet: Re: Je suis là
Lun 28 Fév - 1:57

Les secondes s'écoulaient comme de longues minutes interminables alors que j'attendais qu'enfin sa voix se fasse entendre, qu'une autre preuve de sa présence me soit enfin offerte. J'étais nerveux. Pourquoi ? Je n'en savais rien du tout... Mais tout en moi semblait trembloter d'une certaine angoisse. Mais si cette personne existe réellement, j'ignore comment je ferai pour me montrer à lui, à nouveau, en pleine conscience, après ces moments que je regrettes tant, où je me suis mis un peu trop à nu, physiquement et émotionnellement...
À nouveau plongé dans mes pensées, comme à mon habitude, il parla enfin.


- Tu es à moi parce que je le sais, je l'ai vu, je suis à toi moi aussi tu sais. Je veux que tu cesses de souffrir, tu ne pourras jamais m'empêcher d'apparaitre à tes côtés au moindre danger, au moindre besoin si ça se trouve... Je t'ai trouvé et je te suis pour te protéger de tout, de toi-même s'il le faut. Alors laisse les lumières fermées dans ta chambre, garde une fenêtre sans veroux, c'est la première fois que je viens si près de toi et je t'interdis de regarder mon visage! Disons que je suis.... ton protecteur.

Sa voix s'écoula vers moi, puis jusqu'au plus profond de ma cervelle, lentement, au rythme de ses syllabes... J'eus un frisson, puisque sa voix fut étonnamment belle, pour moi. Silencieux, je l'écoutai attentivement, même si quelque chose d'indomptable chez moi se sentit froissé par le fait qu'il me réclamait comme sien. Mais plus encore, son interdiction de voir son visage...
Pour moi, c'était le comble. Mes sourcils se froncèrent et ma mâchoire se serra quelque peu alors que je le laissais finir sa dernière phrase. Tous mes muscles semblaient s'être crispés... Quelque chose d'autre grondait en moi. Ce n'était plus de l'angoisse, de l'appréhension, mais une certaine colère. Je jetai le papier nonchalamment, sans me soucis si celui-ci tombait bel et bien sur la table du salon, alors que je me levais... Je m'approchai de ma chambre, mais sans y entrer, hésitant malgré ma frustration. Je parlai plus fort malgré ma proximité.


- Ne pas voir ton visage ?


Je retins mal un petit rire sarcastique.

- C'est une plaisanterie ? Tu m'espionnes, apparemment jour et nuit, je le sais, je t'ai sentis ! Et toi, tu me dis: Tu ne peux pas voir mon visage ! Ha !

Je serrai un peu plus les dents.

- Que tu le veules ou non, je te verrai. Ta seule issue est de passer par moi. C'est plus qu'injuste, alors que toi... toi ! Sale voyeur ! Tu me regardes sans ma permission ! Je ne suis pas à toi, je ne suis à personne !

Plus les mots sortaient de ma bouche, plus j'étais en colère, plus j'avais envie de me défaire des liens qui étaient apparus il y a déjà longtemps et que je sentais se resserrer comme un étau autour de moi présentement. Je me sentais coincé, même si c'est moi qui le coinçait présentement.

- Si au moins... Je sais pas moi... Tu te serais présenté, je sais pas ! Ou... Ou... Je sais pas ! Bordel... Mais pour qui tu te prends ? J'te sens me suivre des mois sans te voir, ensuite tu clâmes que je suis à toi, et tu veux m'interdire de te voir... Ridicule ! Je suis le mec le plus pudique au monde et tu m'as sans aucun doute vu nu !...

La colère fit place à demi à l'angoisse à nouveau, honteux.

- Allez, sors de là tout de suite. Je vais faire du thé pour me calmer. Et si tu essais de sortir de l'appartement, je vais te voir, et tu vas passer un mauvais quart d'heure.


En allant vers la cuisine qui donnait à air ouverte sur le salon, tentant de reprendre mon calme pour ne pas aller directement le voir dans la chambre et lui foutre une baffe, je lui dis:

- Et pas question que je ferme les yeux !


Je pris une grande inspiration avant de mettre de l'eau sur le feu, et m'appuyai ensuite au comptoir.
J'espérais cette rencontre. Vraiment. Mais il a fait la grosse erreur de me dire un truc pareil... Je trouvais cela non seulement injuste, mais aussi très malsain.


"Mon âme est un tombeau que, mauvais cénobite,
Depuis l’éternité je parcours et j’habite."

- Le mauvais moine, Charles Beaudelaire.


*On s'en va au parc... ouaiiiiis*
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MessageSujet: Re: Je suis là
Ven 15 Avr - 6:43

- Ne pas voir ton visage ?
- C'est une plaisanterie ? Tu m'espionnes, apparemment jour et nuit, je le sais, je t'ai sentis ! Et toi, tu me dis: Tu ne peux pas voir mon visage ! Ha !


Yuuki étira longuement ses muscles, encore tous noués par l'immobilité, découragé et écoutant la voix paniquée qui se plaignait au salon.

- Que tu le veules ou non, je te verrai. Ta seule issue est de passer par moi. C'est plus qu'injuste, alors que toi... toi ! Sale voyeur ! Tu me regardes sans ma permission ! Je ne suis pas à toi, je ne suis à personne !
- Si au moins... Je sais pas moi... Tu te serais présenté, je sais pas ! Ou... Ou... Je sais pas ! Bordel... Mais pour qui tu te prends ? J'te sens me suivre des mois sans te voir, ensuite tu clâmes que je suis à toi, et tu veux m'interdire de te voir... Ridicule ! Je suis le mec le plus pudique au monde et tu m'as sans aucun doute vu nu !...


Jouant du bandage qui entourait son visage, Yuuki tâchait de bien frotter sa peau. Il était fatigué, le morceau de tissu qu'il tenait se faisait glisser de bas en haut, au front, autour des yeux, là où il avait justement l'habitude de le mettre lorsque Kyo se retrouvait nu, essuyant sa bouche et finalement, restant posé autour de ses oreilles. Le vacarme des exclamations du jeune homme indigné était insupportable à écouter.

L'ange n'était pas une âme à se laisser gronder par qui que ce soit, il supportait mal qu'on le menace ainsi, qu'on le reprenne comme un enfant, qu'on le traite même comme un vulgaire vicieux. Il jura en lui-même de faire regretter ses paroles à celui qui sans le savoir, était loin d'être une victime insouciante dérangée dans sa tranquillité légitime.


- Allez, sors de là tout de suite. Je vais faire du thé pour me calmer. Et si tu essais de sortir de l'appartement, je vais te voir, et tu vas passer un mauvais quart d'heure.
- Et pas question que je ferme les yeux !


Ne voulant plus se cacher désormais, c'est furieux que Yuuki sortit de la chambre, enjamba tranquillement les chats qui montaient la garde entre leur maître et celle-ci, pour venir finalement s'assoir à table, devant Kyo qui serrait son comptoir comme il aurait dû serrer une arme. Il avait remit son bandage à la hauteur de son nez, lui couvrant les joues, de la bouche jusqu'aux yeux, il croisa les bras, ayant choisit la chaise la plus loin de son gardien, une qui lui faisait face. Il s'assit les jambes croisés sous lui, comme le fond aisément les guerriers au repos et se dressa le dos bien droit, alors que ses yeux finirent par quitter l'horizon devant lui pour se poser sur Kyo.

Calmement, pour aucunement démontrer son mécontentement, Yuuki prit une longue respiration pour laisser l'odeur et l'humidité du thé qui s'annonçait, le pénétrer de sérénité, quand il prit la très longue et triangulaire lanière de cuir qui était enroulée dans son dos et qui s'enfonçait dans celui-ci. Il déposa devant lui sur la table l'interminable langue de cuir toujours roulée sur elle-même, s'adressant à Kyo d'une voix très calme et douce, comme le ferait un vendeur d'eau en plein désert, résolu à convaincre son client d'être raisonnable.


- Je n'ai pas l'intention de me battre avec toi... Kyo mon joli prince des chats. Soit calme, je ne me suis jamais octroyé le plaisir de voir ton corps nu, soit donc tranquille.
sanglota, charmant, Yuuki, alors que ses gestes étaient pointés par ses yeux, pour que son garde puisse constater que les mains portées sur la lanière de cuir, allaient se poster sagement, les pouces coincés dans la ceinture du capturé.

Yuuki haussa les épaules, pour montrer son impuissance calculée, comme si sa ceinture avait vraiment un effet menottant sur ses mains. Un sourire malicieux s'étira sur la bouche de l'ange, qui regardait soudainement l'eau qui bouillait. Il appréciait que Kyo ait eu comme première meilleure idée, celle de servir le thé.

- Je ne suis pas ton ennemi, reprit Yuuki, je partirai si tu le souhaite, après le thé, et je ne reviendrai plus te voir, si c'est aussi ce que tu souhaites. Mais tu pourras te poser des questions, comme qui est-ce qui hurle la nuit dans ses cauchemars, entravé par ses draps? Qui est-ce qui a peur d'être poursuivit, qui a peur d'être vu? Toi, un joli petit chat, qui était à ma merci tout ce temps... ! il prit une pause, constatant la fureur floue qui régnait derrière les yeux sauvages de Kyo, puis il ajouta :

- Si j'avais voulu te faire du mal je l'aurais fais avant... Tu crois pouvoir te défendre contre moi? Ou peut-être contre les gens chez qui tu entres la nuit pour récupérer tes chats? Crois-tu que je suis le seul à vouloir te posséder? Tu oublies toujours à quel point tu incarnes l'innocence pure, à quel point tu es désirable... M'en voudrais tu vraiment d'être venu à toi pour te connaître? D'autres se seraient contenté de tourmenter et de capturer ton âme...

Son monologue étant enfin sortit de sa bouche, Yuuki quitta des yeux ceux de Kyo, il s'était montré convainquant, persuadé et surtout concerné par le bien être de Kyo, pendant tout le temps qui lui était donné pour parler, adoucissant et encourageant à volonté la ferveur de son regard, le montrant plus transparent que possible.

Il prit à nouveau une grande lampée d'air et ses poumons se calmèrent aussi soudainement que le reste de son corps, ses yeux qui étaient passionnés il y avait un instant, s'assombrirent en tombant sur la table devant lui, il attendrait son thé, et les réprimandes nouvelles du maître qu'il venait de se faire, emprisonné et heureux chez celui qu'il devait protéger.

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Aikawa Kyo
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MessageSujet: Re: Je suis là
Mer 6 Juil - 3:57

J'étais vraiment fâché, mais je crois qu'en ce moment, c'étais surtout que j'étais vexé. J'avais l'impression que cet homme avait profité de moi. De mon insouciance. Ou plutôt, mon ignorance tant qu'à son existence réelle.
L'eau bouillait désormais, et je vérifiais sa température à l'aide d'un petit thermomètre. 77°... Ce n'était pas encore suffisant.
Je profitai de ce moment pour verser un peu d'eau chaude sur la théière en fonte qui était dans l'évier, pour la réchauffer, et laissai la bouilloire faire le reste quelques minutes.

C'est au moment où je reposai la bouilloire sur le comptoir, branchée à la prise au mur, au-dessus de celui-ci, que l'homme qui m'observait depuis si longtemps se montra enfin.
Une onde de stress parti de mon plexus solaire et s'étendis dans mon corps, lorsque je l'aperçu du coin de l'oeil, allant s'asseoir au bout de la table, posté entre la cuisine et le salon. Ça me fit un peu l'effet d'un choc électrique, avec un fond acide...
Sans montrer la moindre émotion, je me tournai un peu, pour le voir en face.
Je fus quelque peu surpris de l'allure de celui qui se trouvait désormais devant moi. Je dû retenir un sourire. Mais son visage, ses cheveux blonds redressés comme ceux d'un cockatiel, et le détail du bandage sur son nez, ne me laissèrent pas l'impression que j'avais au départ, en sachant qu'il était .

- Je n'ai pas l'intention de me battre avec toi... Kyo mon joli prince des chats. Soit calme, je ne me suis jamais octroyé le plaisir de voir ton corps nu, soit donc tranquille. dit-il, les mains fictivement liées à une ceinture de cuir.

C'est avec un sourire malicieux, qu'il ponctua ses dires, ce qui me fit froncer un peu les sourcils... Je trouvais ce genre de sourire un peu déplacé, et je me demandai s'il mentait, ou pas... C'est durant un long moment que je laissai mon regard plongé dans le sien, sans répondre à ce qu'il venait de dire, l'écoutant simplement... La nervosité était toujours là, mais une partie de moi tendait à croire à ce que l'homme me disait, pour une raison qui m'était obscure. Ce que je ressentais de lui ne m'était plus menaçant du tout. J'avais presque l'impression d'entendre de ''l'amour'' de sa part. Je trouvais cela étrange.

- Je ne suis pas ton ennemi, reprit-il, je partirai si tu le souhaite, après le thé, et je ne reviendrai plus te voir, si c'est aussi ce que tu souhaites. Mais tu pourras te poser des questions, comme qui est-ce qui hurle la nuit dans ses cauchemars, entravé par ses draps? Qui est-ce qui a peur d'être poursuivit, qui a peur d'être vu? Toi, un joli petit chat, qui était à ma merci tout ce temps... !

Il fit une courte pause durant laquelle je me posai furtivement les questions qu'il amenait. Et je ne pouvais pas nier. Mais le fait que quelqu'un puisse avoir vu à quel point je souffre.... ça me mettait fortement mal à l'aise. Mon orgueil était fortement heurté, et mon intimité, qu'il m'ait vu nu ou pas, aussi.

- Si j'avais voulu te faire du mal je l'aurais fais avant... Tu crois pouvoir te défendre contre moi? Ou peut-être contre les gens chez qui tu entres la nuit pour récupérer tes chats? Crois-tu que je suis le seul à vouloir te posséder? Tu oublies toujours à quel point tu incarnes l'innocence pure, à quel point tu es désirable... M'en voudrais tu vraiment d'être venu à toi pour te connaître? D'autres se seraient contenté de tourmenter et de capturer ton âme...


Je fis un petit ''uh!'' en haussant les sourcils, lorsqu'il parla de possession et d'innocence. Je secouai même un peu la tête lorsqu'il se tut finalement. Je me sentais un brin insulté qu'il dise que je ne pouvais me défendre tout seul... comme si je n'étais qu'un petit être faible. Pourtant, j'étais encore là aujourd'hui, et je recommençais lentement à vivre. Un combat, j'en mène déjà un tous les jours. Pour savoir encore comment sourire. Pour savoir pourquoi je dois avoir envie de me lever le matin. Pour essayer de comprendre que non, je ne suis pas toutes ces choses négatives dont on m'a traité la majorité de ma vie. Pour toutes sortes d'autres choses...
Je fis pause à mes réflexions pour me retourner vers le comptoir et vérifier la température de l'eau.
Je soupirai en constatant que je devrai la laisser refroidir un peu. Je débranchai la bouilloire, pris la théière et la posai sur son petit socle en fonte lui aussi, et attendis.
Lorsque je le regardai à nouveau, il remplissait ses poumons d'air, comme s'il en avait manqué, et il baissait les yeux... Il n'arrêtait pas de me fixer depuis tout à l'heure, ce que je trouvais fortement impoli. Alors qu'il baisse les yeux me fit sentir un peu mieux.

- Je ne vois pas pourquoi tu dis que je ne peux me défendre tout seul. Je l'ai fait comme j'ai pu, toute ma vie. Tu ne me connais pas vraiment, tu le dis toi-même, en disant vouloir me connaître davantage... Je ne vois pas non plus pourquoi quelqu'un voudrait me ''posséder'', puisque personne ne semble vraiment m'apprécier, déjà !.. Pour ce qui est de l'innocence... Je crois que c'est mal me connaître que de me croire si innocent.

Je me détournai à nouveau pour verser l'eau, maintenant à 95° pile, sur les feuilles qui était dans l'infuseur de la théière. Les feuilles noires de ce thé noir Wulong, ne mirent que quelques secondes à se détendre, s'humecter... Je couvrai le tout, et laissai les feuilles infuser dans la théière désormais fermé.
Je pris l'heure en note sur ma montre. Je devais attendre 5 minutes.

- C'est bien gentil de vouloir me connaître... *dis-je en me retournant à nouveau, observant ses cheveux, son front, discrètement.* mais j'aurais préféré le faire d'une façon différente. Je ne vois pas trop pourquoi tu parles de capture d'âme... Mais j'imagine que c'est une sorte de métaphore.
Tu semblais aussi dire précédemment que tu es mon ''protecteur'', ou je ne sais pas trop quoi... Eh bah, je n'ai besoin de personne pour veiller sur moi. Je souffre oui, je ne le nierai pas puisque tu en as malheureusement été témoin. Mais je n'ai pas besoin de quelqu'un pour s'occuper de moi. Plus maintenant. Où étais-tu donc lorsque j'avais vraiment besoin de quelqu'un ? Si tu es vraiment là pour m'aider, alors tu aurais du travail à faire... Mais je ne veux pas déleguer cette tâche.


Je soupirai et regardai ma montre. Encore 3 minutes.
Je songeai quelques courts instants à ce que je venais de dire. Je me débrouillais plutôt bien tout seul, malgré tous les démons qui tourmentaient mon esprit. Toutes les blessures qui ne voulaient pas cicatriser dans mon coeur, mon âme. Se serait une tâche colossale, oui, voir impossible, de faire quelqu'un de véritablement sain et heureux, de moi. Mais je ne voulais surtout pas d'aide pour ça. C'étais tout seul et par moi uniquement que je m'étais sortis de la merde dans laquelle j'étais pris, et ce n'est que moi, tout au long de ma vie, qui a pansé les blessures qui se creusait peu à peu, de plus en plus profondément.

- Je crois qu'il est trop tard pour m'offrir de l'aide. Je n'ai plus envie d'en demander ni d'en accepter. Si tu veux rester, reste. Mais je ne veux plus que tu me regardes alors que je suis censé être seul. Je veux retrouver mon intimité, plutôt que de me demander à chaque fois que je suis seul, si je le suis vraiment. C'est une impression fortement désagréable. La dernière personne qui m'a ''stalk'' ainsi, c'est loin d'être un bon souvenir. Donc si tu es là pour mon bien, fait en conséquence. Merci.

Même si mon message était clair, mon ton avait été plus doux qu'il aurait dû être. Mais il était ferme. Les cinq minutes étaient écoulées, alors je relevai le couvercle de la théière, pour en retirer l'infuseur, et la refermer aussitôt... J'amenai celle-ci à la table, et la posai, avec deux petites tasses blanches, avec une simple bourdure orange et jaune.
Je m'assieds à une place tout près de lui, à sa gauche, et je me tournai de biais pour être plus ou moins face à lui, la théière et les tasses entre nous.
Je versai lentement le liquide, qui semblait d'un jeune très clair de prime abord, mais le wulong chinois pris une teinte orangée, ambrée, dans la petite tasse que j'approchai de lui.

- Si tu as l'intention de revenir ici, pour discuter bien entendu, j'espère pour toi que tu aimes le thé... Parce que moi j'en raffoles.

Et le premier sourire depuis son arrivée se peint sur mon visage. Un sourire franc, même. J'étais presque content, présentement, finalement... Mais je me demandais bien ce qu'il pensait de tout ça. Pourquoi répétait-il des termes évoquant la possession, et d'autres évoquant la protection ? Je ne comprenais pas non plus pourquoi il parlait de ''protecteur'', aussi. Lorsqu'il avait prononcé ce mot, il avait hésité... Comme s'il devait remplacer le terme usuel par un autre. J'avais ressentis quelque chose d'étrange dans ses pensées à ce moment là. Comme s'il s'était donné ma protection comme mission. D'où est-ce que cet homme sortait ?... De plus, je devais admettre à moi-même que son apparence ne me déplaisait pas, et qu'elle me rassurait même. Il me semblait presqu'un peu punk sur les bords. Il était beau, en fait. Très beau. L'avoir croisé dans la rue, comme ça, je l'aurais sans aucun doute remarqué, sans rien y laisser paraître. J'eus une vague impression durant un instant qu'il pourrait aussi me séduire s'il le voulait. Parce qu'outre son apparence, ce qu'il dégageait m'attirait énormément...
Cette pensée me fit rougir légèrement. Je détournai le regard, bu une gorgée, et plongeai mon regard dans ma tasse.


"Mon âme est un tombeau que, mauvais cénobite,
Depuis l’éternité je parcours et j’habite."

- Le mauvais moine, Charles Beaudelaire.


*On s'en va au parc... ouaiiiiis*
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