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 Need a second to breathe

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Soejima Zero
Human † Innocent

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MessageSujet: Need a second to breathe
Dim 10 Fév - 23:08

Soejima Zero & Abe Chisako

Dans le parc de Shibuya, le 02 juin 2010 à 17:23

Je sais que je n’avais pas le droit de me plaindre, si je comparais ma vie à celles d’autres personnes, je sais que je pouvais m’estimer heureux, mais il y avait franchement des jours où j’aurais préféré être n’importe qui d’autre que moi. Vous savez ces jours où tout va mal dès que vous vous levez mais que vous ne pouvez pas retourner vous coucher alors qu’il n’y a que dans votre lit que vous pouvez être sûr que rien de catastrophique n’arrivera… quoiqu’on est jamais à l’abri d’un lustre qui se décroche, m’enfin un lustre dans une chambre, ce n’est pas franchement courant.
Bon « catastrophique », j’exagérais peut-être, et lorsque je racontais mes malheurs à quelqu’un, mon patron par exemple, il se mettait à rire et me lançait un « ah si tous les malheurs du monde étaient là… ». Non, je n’avais visiblement pas le droit de me plaindre, les gens comme moi étaient des privilégiés. J’avais 22 ans et une fortune pour assurer mon avenir. Me plaindre serait hypocrite, ce serait… mal. À vrai dire, les mots me manquaient pour ça.

Je sortis du magasin, il était encore un peu tôt, mais malgré ses moqueries, mon patron avait vu que je commençais à saturer, et comme c’était la première fois que cela m’arrivait depuis le temps que je travaillais au magasin, il avait préféré me renvoyer chez moi. Mais je n’avais même pas envie de rentrer chez moi, je n’avais envie d’aller nulle part, pour quelques heures j’aurais voulu disparaitre de la surface de la terre… quelques heures seulement, le temps que ça passe.
J’attrapai dans mon sac mon casque audio, il était accroché à mon baladeur mp3 mais je n’avais pas franchement la tête à écouter la musique, tout ce que je voulais c’était atténuer le bruit ambiant, et mon casque était une bonne solution que je ne pouvais évidemment pas utiliser au magasin, devant les clients, il parait que ça me faisait paraitre indisponible. Bref, je le plaçai sur ma tête et l’ajustai sur mes oreilles, je soupirai de soulagement, ça ne réglait pas totalement mon problème mais c’était déjà ça. Je me mis à marcher sans trop savoir où j’allais.

D’habitude, ce n’était pas aussi difficile, mais il y avait eu du bruit toute la nuit autour de l’immeuble, et dans l’immeuble, enfin plus que les autres jours, alors j’avais mal dormi, et ce matin ça n’avait toujours pas cessé, et au magasin il y avait eu une bande de jeunes qui étaient passés, ils avaient essayés les instruments, s’étaient éclatés avec la batterie, pendant près d’une heure et demie, et je n’avais rien pu dire car le père d’un des jeunes était « un bon client » du magasin, alors j’avais enduré, non seulement j’avais supporté le bruit qu’ils faisaient, mais aussi l’odeur intense et horrible de leurs parfums dont ils s’étaient apparemment aspergés. Est-ce qu’ils étaient tombés dans un alambic de parfum ou quoi !?

La vérité c’est que j’étais épuisé, et que ça m’arrivait rarement car ma vie était calme et que donc j’avais largement le temps de dormir dans mes journées longues, calmes et sereines. Être irritable ne faisait pas partie de mes défauts, on m’avait même souvent dit que j’étais une « bonne poire » quand je le voulais.

Je remarquai finalement que j’arrivais près d’un parc que j’avais quelques fois traversé, si je parvenais à m’installer pile au centre du parc, j’allais sans doute pouvoir me reposer un peu. Je traversai donc la route pour aller me réfugier dans cet espace vert. Je marchai lentement sur le chemin, me disant que je devais peut-être aller m’installer à la campagne, lorsque j’étais dans cet établissement, je n’avais jamais eu mal à la tête, alors qu’en ville, c’était monnaie courante, comme maintenant.
Perdu dans mes pensées, j’entendis néanmoins l’approche d’un vélo à l’entrée du parc, il suivit le même chemin que moi, si bien que je décidai de me décaler sur le bord de l’allée pour ne pas déclencher d’accident. Malheureusement, par je ne sais quel fait exprès, il dévia de sa trajectoire sans que je puisse l’entendre et lorsque le cycliste me cria de me pousser, c’était déjà trop tard. Il me poussa lui-même en passant et se restabilisa, probablement parce qu’il avait en même temps pris appui sur moi, avant de filer sans même vérifier mon état. Moi, j’étais tombé, évidemment, sur le gravier, et j’avais amorti ma chute avec mes bras nus. Je serrai les dents pour étouffer mon cri de douleur alors que chacun des cailloux s’enfonçait contre ma peau qui s’ouvrit et s’écorcha à quelques endroits, et je devinai chacun d’eux. Ma peau n’était pas plus fragile que celle de n’importe qui, mais je défiais ce n’importe qui de ramper sur un lit de clous sans émettre la moindre plainte de douleur.

Haletant, je me relevai et passai fébrilement mes mains sur mes avant-bras pour enlever les graviers. Bien sûr, l’état de ma peau était moins terrible que ce que j’avais ressenti, quoique heureusement peut-être sinon j’aurais été bon pour un séjour à l’hôpital. Je décidai néanmoins que c’était assez pour moi et j’allai m’asseoir au pied de l’arbre le plus proche. Je n’étais pas à l’endroit que je désirais, mais je commençais à craindre pour ma vie si je suivais mon chemin. Je m’installai précautionneusement contre le tronc, j’avais au moins la chance que l’écorce soit lisse, ça m’évitait de me broyer le dos.

Je fermai les yeux. C’était pas mon jour, et cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti énervé à ce point. Qu’est-ce que j’avais fait à l’univers pour que tout se retourne contre moi aujourd’hui, hein !? De rage, je tapai ma tête contre le tronc et le regrettai aussitôt. Han quel con ! Comme si j’avais besoin d’une douleur à la tête en plus de la brûlure continue de mes bras.
Je posai mes mains sur l’arrière de ma tête et me penchai pour poser mon front sur mes genoux. Pitié, que cette journée s’arrête vite…



Dernière édition par Soejima Zero le Jeu 21 Fév - 22:34, édité 2 fois
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Abe Chisako
Human † Watcher

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MessageSujet: Re: Need a second to breathe
Jeu 21 Fév - 16:24

    J'avais couru d'un bord et de l'autre toute la journée... j'étais épuisée ! On avait quelques soldes, à la boutique, pour le début de l'été et ça n'avait pas arrêter ! Il pleuvait des clients, c'était fou ! Mais c'était bien, plus il y avait de vente et plus il y avait de profit ! Et peut-être que j'aurai une augmentation, qui sait ?? Bon d'accord. Peut-être pas. Mais c'est pas grave, hein ! C'est bien quand même ! Juste... depuis que le World's avait été détruit, bien que j'essayais de donner plus de cours de danse aux enfants par semaine, ou que je faisais un peu plus d'heure à la boutique, bien je n'y arrivais tout de même pas... Je n'aurais pas dû me louer un appartement si dispendieux, idiote que je suis ! Puis il y avait les cours, toujours les cours. Mais je n'en avais pas beaucoup par semaine, heureusement.

    N'empêche, j'aimais bien ma vie quand même. J'avais trois boulots, mais ça ne me dérangeait pas vraiment. Enfin, maintenant je n'en ais plus que deux...

    Bref, je venais tout juste de terminer mon quart de travail chez MODE et je voulais rentrer chez moi. Ou peut-être juste allez faire un tour au parc, pour prendre l'air un peu. Prendre l'air me ferait du bien, ça fait toujours du bien. Et bien qu'il y ait souvent beaucoup de monde au parc, j'espérais pouvoir me trouver un coin tranquille où je pourrai peut-être lire ou tout simplement écouter ma musique sous le soleil... qui n'allait pas tarder à se coucher ! Mais je comptais bien profiter du temps qu'il restait. J'avais passé la journée enfermé à la boutique ! J'avais besoin d'un peu de soleil, voilà.

    Ma décision fut donc prise et je pris un détour pour me rendre jusqu'au parc, mes écouteurs dans les oreilles. Puis j'arrivai finalement à destination... je souris et me dirigeai tranquillement vers le jardin, question de me trouver un arbre, sous lequel je pourrai m'asseoir. Mais je me figeai. Encore. Comme ça arrive à peu près à chaque jours de mon existence et pourtant... cette fois c'était différent. Rage. Tellement enragé que j'arrivais à peine à respirer. Ça m'avait frappé, rentré dedans de plein fouet. Cette personne était si... énervé contre la vie ! Ou contre lui-même ? Je ne savais pas les raisons, mais j'avais du mal à déterminer quoi que ce soit en ce moment. Ce sentiment intense, qu'on en a tout simplement trop sur les épaules. Dieu savait que ça m'était arrivé d'innombrable fois. Le sentiment que c'est trop lourd, qu'on en peux plus. Avant que je sache différencier mes sentiments de ceux des autres, ça m'arrivait tout le temps. À cause de mon don... et ça m'arrive encore aujourd'hui, quand il y a trop de monde qui ressentent... trop de chose. Mais je n'avais jamais ressentis cela venant de quelqu'un d'autre. Bien sûr, tout le monde avait un moment donné l'impression d'en avoir trop sur les épaules, mais pas de cette manière. Il y avait une légère différence entre les deux. L'un était plus intense que l'autre.

    Ensuite venait le sentiment d'impuissance. Trop sur les épaules et on ne peut pas s'en défaire. On ne peut pas jeter le fardeau au loin. Ce n'était pas quelque chose qui pouvait s'arranger, c'était ainsi, voilà tout.

    Je regardai autour de moi, essayant désespérément de trouver d'où cela venait. Il fallait que je l'aide... bon d'accord, à chaque fois que je dis cela, ça termine mal, mais quand même, cette fois c'était autre chose.

    Puis je l’aperçus. Sous un arbre, la front contre les genoux, les mains derrière la tête. Il avait l'air de souffrir. Sentimentalement autant que physiquement... je ne pouvais ressentir qu'un des deux. Heureusement ! Sinon je serais probablement devenue folle... ou pas ? Peut-être que ça m'aurait permis de... de... oui. Non. De pas faire grand chose en fait. Je suis tellement maladroite, de toute manière.

    Je m'approchai de lui, tranquillement, essayant de ne pas faire de bruit, d'être discrète, pour ne pas le déranger, pour ne pas l'énerver plus. Je m'accroupis alors devant lui en penchant ma tête sur le côté. Comment étais-je supposé engager la conversation sans qu'il ne me prenne pour une folle ??? Je ne voulais pas tout gâcher, cette fois. Pas comme avec tout le monde, en étant trop directe. Je devais y aller... en douceur. Bien que ça serait difficile. J'étais plus proche de lui et donc la rage qu'il ressentait, j'avais de la difficulté à y mettre des limites. À ne pas me sentir enragé moi-même...

    Alors je vue son bras. Éraflé. Ça ne devait pas être agréable.

    « Tu... tu... tu vas... bien ? »

    Lui demandais-je, hésitante, mais sincère et d'une voix douce. Quoi que timide. J'étais trop timide, il fallait que je soigne cela. Pourtant j'avais essayé... Je me grattai le derrière de la tête, embarrassé.

    « Tu devrais... désinfecter ton bras, non ? Ça doit... faire mal. »

    Lui demandais-je alors, réellement inquiète..


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Soejima Zero
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MessageSujet: Re: Need a second to breathe
Sam 2 Mar - 17:57

La douleur, je connaissais. D’accord, ça fait un peu déclaration de martyr, et je ne voulais l’être, malheureusement c’était la réalité, avoir mal - physiquement surtout - je savais ce que ça faisait. J’avais presque l’habitude, et la plupart du temps je résistais assez bien sans avoir l’impression d’être devenu moi-même une gigantesque plaie béante que le moindre filet de vent faisait trembler un peu plus de douleur. Aussi, je dois avouer, qu’aujourd’hui, j’étais plutôt déboussolé par tout ce ras-le-bol que je ressentais aussi intensément pour la première fois de ma vie. Déboussolé au point de sentir que j’étais peut-être sur le point de craquer, ici, dans ce parc, où des gens passaient. Les esclandres, c’était pas mon truc, j’aimais peut-être attiré l’attention mais pas d’une manière aussi tragique que ça.
Je me sentais écrasé. Je me forçai donc à respirer profondément pour tenter de me calmer, je le fis durant quelques minutes, sans résultat, ce qui ne fut qu’ajouter de la frustration à mon état déjà pas très brillant.

Mais soudainement, je discernai une démarche différente des autres. Une démarche légère sur les graviers, probablement une demoiselle, et elle semblait avancer doucement, sûrement cherchait-elle quelqu’un. Pourquoi mon attention s’était-elle focalisée sur cette démarche, je le sus après quelques instants lorsque les pas se rapprochèrent de moi de plus en plus lentement. Aucun doute, sa « cible » c’était moi, mais je ne connaissais pas cette démarche, ni ce parfum floral qui émanait d’elle.
Même si sa présence était à présent impossible à ne pas remarquer, je ne bougeai pas. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien me vouloir d’abord ? Je n’avais pas envie d’être désagréable avec qui que ce soit malgré mon état, je n’étais pas du genre à me défouler sur les gens, alors j’espérais qu’elle comprendrait vite que je n’étais pas d’humeur. D’ailleurs, j’avais toujours mon casque sur les oreilles, je me demandais pourquoi elle s’intéressait quand même à moi.

Elle s’arrêta finalement devant moi.

« Tu... tu... tu vas... bien ? »

Sa voix était extrêmement douce, et j’entendis ses légers trémolo qui trahissaient son embarras, elle était timide, ce qui renforçait mon questionnement. Avais-je l’air si pitoyable pour qu’une gamine - car elle devait l’être - prenne la peine de s’enquérir de mon état ?
Lentement, néanmoins, je relevai la tête et attraper mon casque pour le faire glisser sur ma nuque. Les bruits autour de moi s’intensifièrent et je serrai les dents une seconde, me disant que ça ne durerait que le temps qu’elle serait là, je ne voulais pas qu’elle pense que je me fichais d’elle alors qu’elle paraissait très sérieuse, et sincère, surtout. Si elle était timide, je ne voulais pas la mettre plus dans l’embarras qu’elle ne l’était déjà, je m’en voudrais je crois.

« Tu devrais... désinfecter ton bras, non ? Ça doit... faire mal. »

Cette réflexion m’arracha bien évidemment un rictus que je ne cachai même pas, je ne fis que détourner les yeux, un instant, me gardant de lui répondre qu’il me serait encore bien plus pénible de sentir la brûlure d’un produit désinfectant sur ma chair à vif que la douleur que je ressentais en ce moment par le souffle de l’air. Oh, je savais que j’allais devoir désinfecter de toute manière, mais là c’était au-dessus de mes forces… je ne savais même pas si j’aurais le courage de me relever pour le moment, rien que d’y penser ça me tétanisait.

Je soupirai et la regardai. Pour tout avouer, sa compassion me surprit mais elle adoucit quelque peu mon humeur. Je repassai doucement mes mains sur mes avant-bras pour essayer de les protéger une seconde du vent, puis je reposai simplement mes coudes sur mes genoux pour ne pas glisser mes plaies sur mon pantalon ou quoi que ce soit d’autre.

- Hm… ne t’en fais pas, je suis plus robuste que j’en ai l’air, ça va aller…

Bizarrement, ces paroles me paraissaient un mensonge éhonté, j’étais persuadé que mon visage ne parvenait pas à rester aussi serein que ma voix. La douleur me travaillait toujours, et les larmes de frustration que j’avais eu peur de verser tout à l’heure n’avaient pas disparu, elles devaient même être sur le point d’apparaitre au coin de mes yeux, ce qui serait vraiment humiliant. Pleurer pour une blessure ? Pff ! Cette fille me prendrait pour un naze. D’accord, je n’en avais rien à faire de ce qu’elle pouvait penser de moi, mais ce n’était pas une raison pour me mettre la honte, je n’étais pas en état de le supporter aujourd’hui. Je toussotai et rebaissai les yeux sur mes mains ballant dans le vide, ou plutôt prises entre les minuscules filets de vent qui s’écoulait autour de nous, et que j’étais sans doute le seul à pouvoir sentir.

- Mais merci de t’en inquiéter, c’est gentil de ta part. Maintenant tu devrais rentrer chez toi, ce n’est pas bien pour une lycéenne de rester dehors alors qu’il va bientôt faire nuit.

Quel comble que moi je dise ça ! Alors que je ne comptais plus le nombre de fugues que j’avais faites durant mon adolescence, et qu’en fait je n’avais même pas été au lycée. Elle me prendrait pour un hypocrite si elle savait… ceci dit, ma remarque était surtout un moyen poli de couper court à la conversation.
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