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 Envole-moi [+18]

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Akano Sora
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MessageSujet: Envole-moi [+18]
Dim 10 Fév - 21:00

{Ha Ji Hoon
VS
Akano Sora
}
Appartement 299, le 21 juin 2010 à 00:12


« Votre poignet s'est parfaitement ressoudé mademoiselle Akano. Néanmoins, je vous conseille de ne pas trop forcer dessus pendant encore deux petites semaines, ce serait dommage de vous remettre un plâtre n'est-ce pas ? »

J'acquiesçais doucement. Dommage était un mot bien faible pour exprimer mon sentiment quant à l'idée d'avoir à supporter une fois de plus ce plâtre ignoble. Un mois était déjà bien trop insupportable, hors de question de recommencer l'expérience ! Je bougeais légèrement mon poignet gauche, le faisant rouler avec délice : la sensation d'être maître de mes mouvements m'avait manquée.

« Bien, je ne vous retiens pas plus longtemps. Soyez prudente et bonne journée. »

Je m'inclinais et remerciais le médecin avant de sortir de la salle d'auscultation. Les couloirs de l'hôpital étaient bondés, bien plus que d'habitude. Il fallait dire que les interventions ponctuelles des Anges occidentaux n'étaient pas sans dégâts. À cette pensée, je serrai mes poings fortement, mes phalanges prenant une teinte blanche. Il fallait faire quelque chose, mais quoi ? Nous étions trop faibles. Je soupirais et évacuais ma rage soudaine : s'énerver ne servait à rien, au contraire. Il fallait que je garde la tête froide si je voulais trouver une solution.

Je passais les portes automatique de l'hôpital et me retrouvais dans la rue bondée. Il n'était pas loin de vingt heures, les Tokyoïtes rentraient chez eux, les plus jeunes sortaient de leurs cours particuliers. Comme l'appartement se situait dans le même quartier que l'hôpital, je décidais de rentrer à pied. Rien ne pressait, personne ne m'attendait là où j'allais. Ji Hoon finissait son service au bar à minuit et je n'aimais pas particulièrement me retrouver seule dans l'appartement, surtout depuis ce qui était arrivé à celui de Chul Hei en début de mois. Je flânais donc en centre-ville pour faire passer le temps. Plusieurs minutes d'errance et trois takoyaki plus tard, mon regard se posa sur les quotidiens étalés sur un stand. Des attentats inconnus, des catastrophes naturelles, cela faisait tous les gros titres. Si seulement les humains savaient. Puis mes yeux se portèrent sur un autre détail : la date. Nous étions le 20 juin. Comme un éclair de lucidité, un détail me revint en mémoire : Ji Hoon était né le 21 juin. J'étais tombée sur ses papiers d'identité qui traînaient dans l'appartement il n'y a pas longtemps. Si je me souvenais bien, il allait donc avoir 23 ans demain.

Je jetai des regards autour de moi, cherchant un stand susceptible de vendre des objets intéressants. Je n'étais pas du genre à faire des cadeaux, mais Ji Hoon m'hébergeait, alors un peu de gratitude ne ferait pas de mal. Un grand sourire éclaira mon visage quand je trouvais enfin le cadeau parfait.

[...]

Je patientais assise sur le sofa du salon. La pièce était baignée par les lumières de la ville qui passaient à travers la fenêtre. Je refusais d'allumer la lumière, même si mon aura suffisait à prouver ma présence. Les genoux repliés contre ma poitrine, j'attendais, fixant le paquet posé sur la table basse. Ji Hoon n'allait pas tarder à rentrer et moi... j'étais stressée. Offrir un cadeau, ça ne me ressemblait tellement pas. Je ne savais même pas comment j'étais supposée agir. De plus, cela faisait des jours et des jours que je n'avais pas véritablement fait face à mon hôte. Depuis ce fameux rêve en fait. J'essayais de fuir ce qu'il signifiait, même si je savais que c'était une cause perdue d'avance : on ne fuit pas son coeur. Si cela avait été possible, ça se saurait. Mais non, je devais simplement endurer de dormir sous le même toit que lui et essayer de le croiser le moins souvent possible. Tout mon être souffrait lorsqu'il était près de moi, et en même temps, ce lien entre nous me forçait à chercher son contact. Je craignais plus que tout de craquer, de laisser le lien prendre le dessus et de m'abandonner dans ses bras. Mon sort n'était pas encore scellé, je ne pouvais pas faiblir. J'étais Akano Sora après tout. Mais il était Ha Ji Hoon, et il avait une part de moi en lui. Voilà pourquoi j'étais effrayée à l'idée de le voir arriver : je ne pouvais jamais prévoir ce qui allait se passer...
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Ha Ji Hoon
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mar 12 Fév - 18:23

Un soupir fut la seule chose qui réussit à franchir la barrière de mes lèvres pendant un long moment. Mon regard balaya la foule d'humains devant moi, riant, souriant, bavardant. Insouciants. Et ce malgré les malheurs qui ne cessaient de pleuvoir sur eux, déclenchés par ce Dieu qu'ils aimaient tant. Comment pouvaient-ils faire abstraction de ce genre de choses aussi aisément ? Et pendant ce temps-là, ma frustration ne cessait, elle, de croître. Il n'y avait pas si longtemps, l'appartement de Chul Hei avait fini par être détruit ainsi que d'autres et ça ne serait pas le dernier. Les dégâts matériels m'importaient peu mais je rageais de ne pouvoir tomber sur un de ces anges de l'Occident. Si ça ne tenait qu'à moi, il y a bien longtemps que je serai monté aux Cieux pour leur faire comprendre ma façon de penser. Mais après tout, je n'étais qu'une simple abomination à leurs yeux, rien de bien grave, juste bonne à éliminer dès que l'on croisait son chemin.

Mes jours semblaient s'être installés dans une routine que je n'appréciais guère et à laquelle je n'étais pas bien habitué. Depuis un mois déjà, je partageais ma vie avec une démone et pas n'importe laquelle. Et non seulement cette cohabitation n'était pas assez difficile comme ça, mais elle avait trouvé le moyen de m'éviter un maximum si bien que les derniers mots que nous nous étions échangés remontaient déjà à quelques jours et ce n'était pas une conversation digne de ce nom, si mes souvenirs étaient bons. Ce silence était pratiquement plus agaçant que nos crises, car il fallait avouer que nous pouvions difficilement parler sans crier. Après tout, nous étions voués à nous haïr et nous le voulions même si chaque parcelle de nos corps et de nos âmes mêlées prétendaient le contraire. Il n'y avait rien de pire que de voir sa propre vie dépendre de celle d'une autre, en particulier de celle d'Akano Sora. (Même si techniquement, elle dépendait plus de moi que l'inverse.)

Un rapide coup d'oeil à ma montre m'informa de l'heure et je ne sus réagir. Dans trois quarts d'heure, l'heure de fin de mon service allait sonner... mais ce n'était pas ça qui me figeait presque sur place. J'aurais presque pu l'oublier. Bientôt, j'allais officiellement avoir vingt-trois ans, et j'aurais pu me vanter d'avoir survécu dans ce monde aussi longtemps si cette date ne signifiait pas autre chose pour moi. Vingt-trois ans que ma mère avait officiellement perdu son statut haut placé dans les rangs démoniaques par ma faute, vingt-trois ans que j'étais seul. Totalement seul. Bien que c'était à la fois un choix et une obligation. Lorsque vous êtes entre deux races, personne ne vous traitera avec respect.

Vingt-trois ans pendant lesquels je m'étais demandé pourquoi étais-je venu au monde.

Je défis l'un des boutons de mon col de chemise. La chaleur de l'été commençait à s'installer progressivement. Le reste de l'heure passa rapidement ce qui me frustra d'autant plus. Lorsque les deux aiguilles furent alignées, je me murmurai un léger et inaudible « Joyeux anniversaire. » qui s'évapora dans les airs avant de quitter les lieux.

Voir la porte de mon appartement non verrouillée m'informa que Sora était là... et je sentais même sa présence à travers les murs. La porte grinça légèrement lorsque je la poussais et même s'il était inutile de le faire, mes doigts cherchèrent automatiquement l'interrupteur et je vis alors la silhouette éclairée de la démone sur le sofa qui s'était improvisé en lit depuis son arrivée chez moi. Sa position, repliée sur elle-même, me rappela à quel point elle était faible et sans défense maintenant. Dire que j'étais surpris n'était qu'un doux euphémisme, et je la fixais un long moment, les sourcils froncés. Curieux comme comportement. M'éviter comme la peste et me faire face comme ça maintenant...

Mais je n'aimais pas le silence. Le silence était l'une des choses qui m'effrayait le plus aussi me sentais-je obligé de le briser.

« C'est ma place sur ce sofa, j'espère que tu comptes me laisser dormir ce soir. »

J'évitais le sujet auquel nous pensions forcément tous les deux, mais des centaines de milliers de questions me brûlaient les lèvres et maintenant qu'elle était là, j'allais en profiter avant qu'elle ne décide de s'éclipser une nouvelle fois. Je détestais rester sans réponse.

« Tu as fini de me fuir ? »

Ma veste quitta mes épaules et je l'envoyai dans un coin de la pièce. Sans me retourner, je m'apprêtai à fermer la porte mais m'arrêtai soudainement dans mon geste. Un paquet, simple, posé sur la table du salon, avait capté mon regard. Mes yeux inquisiteurs remontèrent vers le visage de Sora et je n'avais pas besoin de parler pour qu'elle comprenne ma question non prononcée.


i’m breaking down, i am screaming out. my time is running out. what do i do now? give up? or stand up? i don’t know. i want to break the spell now. i’m drowning now. i am crying out. my time is running out. i need someone to save me now.

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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mar 12 Fév - 21:54

La porte grinça et mon corps se raidit dans le sofa. J'étais tellement plongée dans mes réflexions que je ne l'avais pas entendu arriver. Ni senti d'ailleurs. Pourtant, son aura était loin de passer inaperçue. En plus, mon corps aurait dû réagir à sa proximité. À croire que j'étais réellement perturbée pour ne plus agir "normalement" - comme si l'on pouvait qualifier ce lien de normal. La lumière s'alluma, m'aveuglant légèrement, moi qui m'étais accoutumée à la pénombre partielle de l'appartement. Je restais immobile, incapable de bouger, paralysée par je ne sais quelle émotion. Je n'arrivais pas à saisir pourquoi je réagissais ainsi. Ou peut-être le savais-je justement trop bien et essayais-je de l'oublier. Il paraît qu'il n'est pas bon de se mentir à soi-même. Seulement, la vérité est des fois bien trop dévastatrice, et je n'étais pas prête à subir cela. Il fallait à tout prix que je récupère mes pouvoirs, et vite. Rester auprès de Ji Hoon était trop dangereux. Pour lui. Pour moi. Avec les Anges de l'Occident, il était exposé si je restais à ses côtés. Certes, Chul Hei s'était bien plus fait remarquer que moi et était leur cible principale, étant un Ange. Mais je restais un ennemi à abattre aussi. Et s'ils trouvaient Ji Hoon... je ne donnais pas cher de sa peau. Quant à moi, le seul danger résidait dans mes sentiments, et je ne pouvais permettre cela.

Mon souffle se coupa et mon coeur cessa de battre momentanément lorsque j'entendis sa voix. Une fois de plus, j'avais été surprise dans mes pensées. Ma pauvre Sora, tu te ramollis. Je ne savais même pas ce qu'il avait dit. Diable, que tu es pathétique ma fille.

« Tu as fini de me fuir ? »

Bien évidemment. Comment avais-je pu seulement penser échapper à cette remarque ? Ou plutôt, comment avais-je pu penser qu'il ne le remarquerait pas ? Nier était inutile : n'importe qui aurait vu que je le fuyais. Je m'obstinais néanmoins à fixer un point vide, comme s'il pouvait oublier ainsi que j'étais dans la pièce. Mais au bout de quelques secondes de silence, je me résolus à relever le visage vers lui. Il me regardait avec de grands yeux étonnés. Je suivis le mouvement de tête qu'il m'adressait. Oh, le cadeau. J'avais presque oublié. C'était pour ça que je l'avais attendu pourtant. Je soupirais intérieurement avant de me lancer.

« C'est pour toi. »

Je pris le paquet dans mes mains et le lui apportais, en profitant pour fermer la porte qu'il avait laissé entrouverte par mégarde. Ne sachant pas trop comment j'étais censée m'y prendre, je lui mis le paquet de force dans les mains.

« Joyeux anniversaire. »

Je détournais les yeux, incapable de soutenir les siens. Depuis quand étais-je devenue si faible déjà ? Ah oui, depuis ce fameux jour sur le toit. Peut-être aurais-je dû le laisser tomber. Mais au fond, je savais très bien que je ne l'aurais pas fait.

« Pour répondre à ta question... je ne sais pas encore. »

Certainement que j'allais continuer à le fuir encore un peu. Je n'étais pas assez forte pour l'affronter.

« Tu peux ouvrir ton cadeau tu sais, il ne va pas te mordre. »

Quoique... Je réprimais un sourire en coin.
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mer 27 Fév - 18:23

Son absence de réponse me laissait plus que perplexe. A vrai dire, entre ses envies de fuite de ces dernières semaines et un manque total de réaction comme celui-ci, je ne savais pas quelle était la meilleure option. Malgré tout, je m'étais habitué à nos querelles incessantes. Après tout, une cohabitation sans envie de meurtres n'étant déjà pas possible pour elle comme pour moi, nos premiers jours dans les mêmes mètres carrés ne faisaient que le confirmer. Et après, plus rien. J'avais à peine aperçu son visage pendant des jours et impossible de savoir ce qui s'était passé pour qu'elle change aussi radicalement. Certes, une perte de pouvoir ne devait pas être facile à gérer, surtout dans son cas, mais si j'avais voulu la tuer, je ne l'aurais pas fait lorsqu'elle était en position de faiblesse. Et je l'aurais fait il y a bien longtemps. D'autant plus que l'atmosphère était trop calme. Je détestais le calme. Il n'arrivait qu'à me rappeler le petit enfant que j'étais, apeuré par sa propre mère et par lui-même alors qu'il attendait simplement la mort qui ne venait pas, et ce dans un silence et un calme oppressant. Beaucoup trop pour un simple enfant.

Aussi, si j'avais besoin de me passer les nerfs, lorsque j'aperçus la silhouette recroquevillée de la démone, je ne fis rien. Un simple sarcasme allait suffire, mais même cela ne la faisait pas réagir. Partagé entre l'envie de la secouer un peu pour espérer une réponse, quelque chose, n'importe quoi et l'envie de ressortir immédiatement de la pièce, je ne choisis cependant aucune des deux et restai planté au milieu de la pièce en oubliant même de fermer la porte.

Finalement, un léger soupir qui traduisait bien son état d'esprit comme le mien franchit la barrière de ses lèvres et elle s'approcha de moi, le suspicieux paquet dans les mains. Elle me le mit de force dans les miennes et je fixai l'emballage un moment, sans savoir comment réagir. Je n'avais jamais réellement fêté mon anniversaire, alors quelqu'un qui me le fêtait était encore plus inhabituel. A moins que l'humeur plus "festive" de ma mère d'il y a quelques années était une façon de fêter un jour comme celui-ci... mais j'en doute fortement.

« Je... merci, je suppose. Comment as-tu su ? »

Nous ne partageons pas nos pensées entre nous, alors encore moins des banalités comme celles-ci. D'ailleurs, je doute qu'elle se souvienne du sien, elle qui devait avoir plusieurs siècles ! Comparés à mes petits vingt-trois ans, ces derniers étaient peu et bien mal vécus. Sans doute étais-je bien jeune à ses yeux. Il n'empêche que ma curiosité s'était éveillée, faites-moi penser à lui demander son âge un jour...

Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel un court instant. Elle-même semblait confuse par son propre comportement et ce n'était pas moi qui allait l'aider. Déjà que je ne comprenais pas non plus...

Je réalisai enfin que nous étions plantés devant la porte d'entrée sans y bouger. Le paquet toujours dans la main, je m'éloignai d'elle un moment et réprimai une grimace et un vertige. Mon âme qui n'était pas totalement la mienne s'agitait et m'empêchait presque de faire un pas de plus alors qu'elle venait de presque retrouver son autre partie qu'elle n'avait pas aperçue depuis une éternité. Cette situation était plus que frustrante... Je n'étais plus libre de mes mouvements depuis des mois maintenant. Chacun d'eux finissait par se diriger vers ma Némésis et il n'y avait rien que je puisse faire.

Sous ses conseils, mes doigts décollèrent lentement le papier que je froissai sans aucune difficulté et je restai un moment interdit avant de laisser échapper un rire. Je me retournai enfin pour faire face à la démone avec un sourire sarcastique collé aux lèvres.

« Je te reconnais bien là. Tu vois, ce n'est pas si difficile d'être toi-même et d'arrêter de m'éviter comme la peste. »

Peut-être un cadeau comme celui-ci (un collier... mais particulier. Parfois je me demandais ce qui lui passais par la tête.) signifiait le retour à la normale des choses, c'est-à-dire nos batailles incessantes. Peut-être que ces dernières petites secondes étaient le calme avant la tempête. Honnêtement, je mourrais d'envie de la voir s'énerver contre moi. Souriant toujours un peu, je partis déposer la boîte sur la commode de ma chambre où la démone avait élu domicile, bien en évidence. Pour me rappeler que j'avais de quoi me justifier pour une vengeance future.

Mais toute trace de sourire avait disparu lorsque je revins dans le salon. Arrogant, je la fixai un moment. Si elle espérait fuir à présent, elle pouvait oublier cette idée.

« Maintenant, que tu le veuilles ou non, j'espère avoir des explications et je les aurai. Tu ne peux pas fuir la réalité plus longtemps. »

Je parlais comme si je savais ce qui se passait dans sa tête, ce qui était tout le contraire.


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mar 5 Mar - 7:39

« Je... merci, je suppose. Comment as-tu su ? »

La situation était bizarre. Ji Hoon et moi avions une "conversation" presque cordiale, sans élever la voix. Que nous arrivait-il ? Pour la première fois, je découvrais des facettes de lui que je ne connaissais pas et qu'il se gardait bien de me montrer en temps normal. La surprise et une pointe de fragilité. La dernière fois que j'avais pu lire en lui ainsi, c'était sur le toit où il s'était laissé aller au désespoir. Non pas que ça ne me plaisait pas de parler normalement avec lui, mais c'était assez gênant. Je n'avais pas l'habitude.

« Douterais-tu de mes capacités à tout savoir ? »

J'esquissais un sourire un peu forcé.

« Tu laisses traîner tes affaires. Jolie photo d'identité au passage. »

Il devait avoir genre quinze ans dessus, avec le physique ingrat qui colle à l'adolescence. Cette fois, mon sourire moqueur était plus que sincère. Il s'éloigna de moi, comme se rendant compte soudain de notre proximité. Mon coeur se serra et je décidais de mettre cela sur le compte de notre lien. Après tout, cela faisait une éternité que mon âme n'avait pas été proche de celle qui résidait en lui. Une vingtaine de jours tout au plus, mais cela m'avait semblée aussi long que les vingt années enfermée dans ce corps humain que j'avais haï. Mon corps ne criait qu'une chose : le toucher, être au plus proche de lui, maintenant. Je devais utiliser tout mon contrôle pour ne pas céder à ces pulsions qui me dévoraient. Si l'éviter m'avait permis de ne pas avoir ce genre d'envie, le retrouver n'était que plus violent, comme si mon âme avait été vouée à l'abstinence et était maintenant en manque. Ce lien agissait comme une drogue, une addiction. Je détestais cela, car je n'étais pas maître de mes choix. Heureusement, nous arrivions encore à nous contrôler, malgré de petits dérapages sans grandes conséquences.

Je l'observais alors qu'il ouvrait son paquet, attendant impatiemment sa réaction. Il serait énervé à coup sûr. Mais mon coeur rata un battement lorsqu'il se mit à rire. Je ne m'y attendais absolument pas, et je ne pus m'empêcher de penser qu'il avait un beau rire, avant de me gifler mentalement.

« Je te reconnais bien là. Tu vois, ce n'est pas si difficile d'être toi-même et d'arrêter de m'éviter comme la peste. »

Si tu savais... Tu es un bien pire fléau que la peste pour mon pauvre coeur. Et de quel moi parles-tu ? J'ai multiplié les facettes, tellement que je ne sais plus vraiment qui je suis moi-même. Insinuerais-tu me connaître Ha Ji Hoon ?

J'évitais de le regarder s'en aller, même si je n'arrivais à détacher mes yeux de son sourire. Un sourire de Ji Hoon qui n'est pas sarcastique ? Une grande première. Je profitais qu'il soit dans la chambre - ma chambre - pour me reprendre et respirer à nouveau. Ma pauvre Sora, tu es fichue. Mais lui aussi, c'était quoi cette réaction ? Est-on censé rire lorsqu'on vous offre un collier de chien ? Je n'étais certes pas allée jusqu'à pousser le vice au point d'y inscrire son nom et un « Propriété d'Akano Sora, merci de le lui rapporter en cas d'égarement », mais tout de même !

« Maintenant, que tu le veuilles ou non, j'espère avoir des explications et je les aurai. Tu ne peux pas fuir la réalité plus longtemps. »

Je sursautais légèrement, ne l'ayant pas entendu revenir. Il voulait des explications ? Il pouvait toujours courir pour en avoir. Déjà que je n'arrivais pas à me confronter à ma propre réalité, je n'allais certainement pas déclarer tout cela à haute voix, surtout pas à lui. Je croisais les bras, essayant de me donner un peu d'assurance.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. Je ne fuis rien du tout, je n'étais juste pas d'humeur à voir des personnes. »

Vive la mauvaise foi. J'haussais les épaules, plus pour moi-même que pour lui.

« En principe, on remercie la personne quand elle nous offre quelque chose, on ne lui fait pas subir un interrogatoire. Mais bon, c'est pas comme si ta mère t'avait enseigné ce genre de choses hein ? »

C'était un gros risque, un TRÈS gros risque. Mais je n'avais rien trouvé d'autre pour l'éloigner du sujet qu'il souhaitait aborder. J'eus un rire jaune en pensant à ce qu'il risquait très certainement de se passer : j'étais bonne pour un deuxième tour à l'hôpital, avec visite de la morgue en option.
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Ha Ji Hoon
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mar 5 Mar - 22:43

Mais serait-ce donc une conversation civilisée que nous avions là ? Ne jamais dire jamais, comme on dit, bien que je doute que ça dure. Fêtant ainsi mes vingt-trois années d'existence, bien que cela soit d'une façon assez singulière (mais plus rien ne m'étonnait, surtout venant d'elle), nous avions presque l'air normaux. De simples humains, peut-être des étudiants, se partageant un appartement pour problèmes d'argent. Sauf que nous étions tout sauf ça. Et tout sauf "normaux" si on nous comparait aux humains. Il ne fallait jamais se fier aux apparences, la vérité est tout autre et nous en étions le parfait exemple.

Je répondis au commentaire sur ma carte d'identité par un simple regard acerbe. Ce n'était pas moi qui laissais traîner mes affaires mais plutôt elle qui avait bien fouillé dans tout l'appartement si vous voulez mon avis ! Et cela ne me plaisait que très peu. J'avais bien veillé à enlever certaines choses pour les mettre à l'abri des regards et même des recherches approfondies. J'avais après tout mes secrets et mes blessures bien enfouis et je ne voulais pas qu'ils soient là pour être remis à la lumière du jour. Cela ne la regardait en aucun cas et j'espérais bien qu'elle n'ait trouvé que cette fameuse carte et rien d'autre. Si ce n'était que ça, ce n'était pas un drame. Quoique...

Je ne m'attardai que très peu sur le "cadeau" que je ne risquais pas d'oublier et tandis que je le mettais dans un coin de ce qui était mon ancienne chambre, je le mettai également dans un coin de mon esprit en guise de vengeance personnelle et future. Je revins rapidement dans le salon, empêchant ainsi toute tentative de fuite de sa part. Je ne voyais pas vraiment pourquoi je m'en souciais autant. Après tout, elle m'évitait, c'était ce que je voulais depuis le début, que nos chemins se séparent puisqu'elle était la seule personne qui me séparait d'une autre. Seulement, cette sensation d'avoir la situation qui vous échappait et ce sentiment de ne rien savoir étaient particulièrement détestables. Je ne repartirai pas sans réponse. Après tout, j'étais concerné, n'est-ce pas ?

Je levai les yeux au ciel, agacé, lorsqu'elle nia tout ce que je venais d'affirmer.

« Et tu penses réussir à me faire avaler ça, peut-être ? C'est mal me connaître. »

Savoir que j'étais obstiné au possible, c'était bien me connaître. Ne l'avait-elle pas remarqué ? J'ignorai sa remarque. Je n'étais pas du genre à remercier n'importe qui pour n'importe quoi. Un simple "merci" était un mot difficile à prononcer pour moi. Quand on a grandi alors que tout le monde te veut mort et oublié, on n'attend rien de la part des autres, et les autres n'attendent rien de vous.

Si j'avais l'air détendu, presque amusé de la situation où j'étais dans une positon de force si je puis dire, l'expression de mon visage changea radicalement. Presque dubitatif, je la fixai avec surprise. J'inspirai profondément, les poings serrés. La mâchoire tremblante sous l'effet de la colère, tout comme l'ensemble de mon corps, je ne fis aucune effort pour espérer me calmer. Je ne voyais que son visage provocateur tandis que sa dernière phrase résonnait dans mes oreilles, tel un affreux écho qui réveillait en moi toute une tempête de sentiments. Et une envie de meurtre.

Comment osait-elle ?

Sans que je ne puisse m'en rendre compte, j'avais traversé la pièce en un éclair. Un vague bruit m'informa que quelque chose était tombé, peut-être une lampe, mais c'était le cadet de mes soucis. J'avais saisi le col de sa veste, je l'avais plaqué contre un meuble, ignorant la douleur qu'elle pouvait ressentir et j'avais pris sa mâchoire entre mes doigts, la fixant avec une haine que je n'avais pas ressenti depuis longtemps.

« Comment oses-tu ? Tu ne sais rien d'elle. Rien. Tu ne peux pas parler d'elle ainsi. Personne ne le peut. »

J'étais tenté de forcer sur les membres de son corps que je tenais, mais je m'arrêtai.

Ah. Mais oui. Elle n'avait plus de pouvoirs.

Un léger sourire, témoin de ma colère folle, se dessina sur mes lèvres, tandis que je lui faisais part de mes intentions.

« Tu réalises que je peux te tuer, maintenant ? Il n'y a rien qui puisse m'arrêter. Surtout pas moi. »

Si tu me voyais maintenant, serais-tu fière de moi, mère ?


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Sam 16 Mar - 8:58

Lorsque son sourire disparut, je sus que j'avais fait mouche. Je ne saurais décrire ce que je ressentais à cet instant. De la peur bien sûr, car je savais de quoi Ji Hoon était capable. À voir son corps trembler de fureur, je ne pouvais empêcher de doux frissons de frayeur de parcourir ma peau, hérissant le duvet sur mes bras. Mais à côté de cela, la peur s'accompagnait d'un doux sentiment d'adrénaline qui m'avait - il faut l'avouer - terriblement manqué. En quelques mots et en l'espace de quelques secondes, je me sentais vivante à nouveau. La douleur dans mon dos lorsque celui-ci rencontra violemment une armoire ne fit que renforcer cette sensation. J'esquissais un sourire mi-satisfait, mi-douloureux.

« Comment oses-tu ? Tu ne sais rien d'elle. Rien. Tu ne peux pas parler d'elle ainsi. Personne ne le peut. »

Sa poigne se resserra sur ma mâchoire qui me faisait à présent horriblement souffrir. Manquerait plus qu'il me la brise... Je plantais mon regard dans le sien, me noyant dans cette haine pure qu'il dégageait. C'était si... excitant. Oui, c'était le mot. Mais n'était-ce pas ce qui nous rapprochait depuis le début ? L'excitation, ce mélange de peur et de joie, d'avoir face à soi une personne imprévisible qui pouvait nous tuer à tout moment. Enfin, enfin je retrouvais cette sensation qui m'avait tant manquée. Combien de temps s'était-il écoulé depuis notre rencontre ? Presque trois mois ? Ce soir-là avait été si magnifique, avant que tout ne tourne au mélodrame avec cette histoire de lien et de perte de pouvoirs, sans parler de la cohabitation. Mais dans ce regard-là, je retrouvais le Ji Hoon de la première fois. Mais il y avait une petite différence par rapport à la situation qui avait eu lieu quelques mois avant...

« Tu réalises que je peux te tuer, maintenant ? Il n'y a rien qui puisse m'arrêter. Surtout pas moi. »

Celle-ci. J'étais complètement désarmée face à lui. Je réalisais ma faiblesse, mais ne pouvais m'empêcher d'en être doublement excitée. Ce jeu avait toujours été un véritable danger, et c'était ce qui me plaisait. Le seul moyen que j'avais de prendre le dessus maintenant était de le déstabiliser. D'un mouvement rapide, j’agrippais ses bras et m'appuyais dessus pour soulever mes jambes et les enrouler autour de sa taille avant de le rapprocher de moi d'un coup sec. Une alarme s'enclencha dans mon cerveau, me prévenant du danger. Je le savais, oui. Je savais qu'il était bien trop proche pour mon propre bien. Mais je saurais me contrôler.

Ma mâchoire toujours emprisonnée dans sa poigne, je parvins tout de même à articuler :

« Je pensais que tu ne voulais pas que je meure avant toi ? »

Ma voix se voulait assurée, mais ne l'était pas. Je tremblais. Non pas de peur, mais d'être ainsi, son corps collé au mien. J'espérais le déstabiliser, mais une fois de plus, cela se retournait contre moi. Je sentais mon coeur battre bien trop vite dans ma poitrine, et l'alarme me hurler de m'éloigner. Comment ? Même si je le relâchais, lui me maintenait toujours. Le seul moyen était de le provoquer un peu plus pour qu'il me balance quelque part à travers la pièce. Mes os criaient déjà de douleur rien que d'y penser. Seulement, je préférais encore mourir dans d'atroces souffrances que de céder à mes fichues pulsions de femme.

« Tu ne mets pas ton cadeau mon Ji Hoon ? Il faut que tu montres aux autres que tu m'appartiens tu sais. Surtout à Sung Mi. »

R.I.P. à moi-même.
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Jeu 21 Mar - 22:27

Amusant, vraiment. Amusant de voir que de simples mots pouvaient changer une atmosphère d'une façon aussi radicale que celle-ci. Amusant de voir que mon corps entier tremblait sous l'effet de la fureur alors qu'il semblait presque détendu quelques secondes auparavant. Tout cela à cause d'une simple démone qui se pensait capable de tout, qui pensait avoir la permission de bafouer la mémoire d'une mère, mon bourreau et point de repère perdu à jamais. Savait-elle au moins qu'elle se trompait ? Personne ne le pouvait, personne n'avait le droit faire ce qu'elle venait de faire. Je savais que lui avoir confié l'une de mes plus grandes souffrances, même si sous le coup du désespoir je n'y avais pas fait attention, était une mauvaise idée. Maintenant elle pouvait s'en servir contre moi. Mais elle le faisait bien mal. Avait-elle oublié sa condition, si faible par rapport à moi ? Si fragile qu'il suffirait de quelques secondes et de quelques gestes bien placés pour que le coeur de son enveloppe humaine s'arrête ?

J'étais juste détruit et rempli de haine à ce moment-là, je n'étais pas fou. Enfin, n'est-ce pas ce que tous les fous affirment ?

Plaquée contre un meuble, sa mâchoire entre mes doigts, je savais qu'elle ne pouvait fuir. Elle allait devoir assumer ses propos maintenant, bien que je ne savais pas exactement ce que je faisais à l'heure actuelle. Une partie de moi s'agitait, à tel point que ça en devenait douloureux. Ce fichu lien... C'était son âme, si proche de la mienne, qui m'ordonnait d'arrêter de faire du mal à sa propriétaire. Tant bien que mal, je réprimai cette envie de la lâcher. Quelque part, j'étais encore maître de moi-même - pour combien de temps encore, je ne le savais pas - bien que je ne me contrôlais plus et ma rage était plus forte que l'envie désespérée de son âme de se protéger elle-même.

Alors que je mettais de côté ce véritable combat qui se déroulait à l'intérieur même de mon corps, je n'avais pas fait attention à Sora qui avait fini par agir. Maintenant si proches, je restais un moment interdit. Il ne fallait pas que je sois déstabilisé simplement à cause de cette soudaine proximité que nos deux corps semblaient avoir besoin. Elle articula difficilement une phrase mais je ne fis rien pour desserrer mon emprise. Des mots que j'avais moi-même prononcés me revinrent en mémoire. Oui, je voulais mourir le premier. Mais je n'étais pas sûr de souhaiter ça au final.

Je ne répondis pas, aussi elle enchaîna et je sus que c'en était trop. Une référence à son "cadeau" si particulier, l'utilisation d'un mot tel que "mon" et le pire... Sung Mi. Pendant un instant, j'eus l'impression de me détendre, mon esprit se rappela de son visage si familier et pourtant si différent, mais également de ma promesse que je comptais honorer. Sung Mi, la démone qui avait voulu devenir ma faiblesse et qui avait réussi, qui était presque un fantôme, un mirage à mes yeux. Mais l'accalmie fut de courte durée. La simple mention de la sirène me rappela que Sora était un obstacle entre elle et moi. Et que fait-on des obstacles ? On les détruit.

Je poussai un cri de rage tandis que toute impression de calme avait maintenant totalement disparu. Malgré ses jambes toujours autour de ma taille, je saisis son col et me retournai à demi pour la faire basculer en arrière afin de la plaquer sur le sol, au beau milieu du salon. La dominant de toute ma hauteur, mes genoux heurtèrent le sol et encadraient ses jambes, l'un de mes poings à côté de son visage, l'autre tenant ses poignets.

« Je vais te tuer. »

J'annonçai presque ça d'une manière théâtrale. Mes yeux définitivement noirs fixaient les siens mais j'avais presque l'impression de ne pas la voir. J'étais peut-être allé trop loin dans le stade de la haine. Finalement, étais-je réellement devenu fou ? Ou l'avais-je toujours été ?

Je me penchai légèrement en avant et lui murmurai quelques mots au creux de son oreille. Je pouvais presque sentir mon souffle revenir contre sa peau pâle.

« Lentement. »

Je n'arrivai même pas à réprimer un léger rire à cette idée. Mais j'eus un sourire. Triste et plein d'espoir.

« Et il n'y aura plus rien entre Sung Mi et moi. »

Que quelqu'un entende mon appel au secours.


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Sam 23 Mar - 9:00

L'espace d'un court instant, je crus être épargnée en voyant ses traits se radoucir. Quelle naïve étais-je. Ji Hoon poussa un cri de rage qui me pétrifia : jamais encore il n'avait exprimé sa fureur ainsi, et oui, j'avais peur. Cette peur qui me prenait aux tripes et me procurait plus d'adrénaline encore que lors de toutes nos autres confrontations réunies. Notre relation était la plus malsaine qui soit, non ? Nous étions toujours à jouer à ce jeu du chat et de la souris, dans l'unique but d'y trouver ce que l'on recherchait : la vie. Nous disions toujours n'en avoir rien à faire de la mort. Était-ce vrai ? Car ce n'était pas la mort que nous recherchions, mais cette adrénaline que nous procure le danger. Et au fond, n'est-ce pas dans ces moments-là qu'on se sent le plus vivant ? Qu'on a l'impression d'exister, de ne plus être une ombre ?

Mon dos et ma tête heurtèrent violemment le sol et je fermais les yeux en mordant mes lèvres pour retenir le gémissement de douleur qui venait. Le choc m'avait fait lâcher le corps de Ji Hoon et je me trouvais allongée au sol. J'ouvris les yeux lorsqu'il bloqua mes poignets au-dessus de ma tête. Son poing frappa le sol à côté de moi et j'eus un sursaut de frayeur. Ses yeux colériques me fixaient, et je ne réussis pas à m'en détacher. Un orage se formait dans ses pupilles plus noires que jamais, et je ne pouvais m'empêcher de contempler les mouvements des nuages sombres.

« Je vais te tuer. »

Son souffle brûlant caressa mon visage alors qu'il me condamnait. Peut-être étais-je masochiste, mais sa déclaration me donna des frissons. Il me tardait presque qu'il la mette en application. Puis un murmure vint frôler mon oreille et je dus retenir un soupir de délice : bien, je devais être un tantinet masochiste.

« Lentement. »

Son rire sonna à mes oreilles alors qu'il prononçait cette phrase que je refusais d'entendre. Je profitais de sa proximité pour aller mordiller la cicatrice sur son cou, troublant son âme. C'était la seule arme qu'il me restait : le lien. Je tentais donc le tout pour le tout et le mordis franchement, comme la première fois. Mes dents s'enfonçaient dans les traces encore visible de mon dernier passage. Son odeur emplissait mes narines et ne rendait ce moment que plus exquis, j'en étais presque ivre.

Comme il n'était pas assis sur mes jambes, je les ramenais vers moi et lui mis un coup de genou dans l'estomac. La surprise me permit de me libérer de son emprise, même si je savais qu'il ne tarderait pas à me bloquer de nouveau. J'en profitais pour me relever et essuyer ma bouche des quelques gouttes de son sang. Un coup de pied fila dans son estomac déjà meurtri.

« Tu as réellement cru que je me laisserais faire ? »

J'attrapais le premier objet que j'avais à portée de main. Mon châle. Pas très utile en défense, mais qui pouvait se révéler intéressant en cas d'attaque. Je me jetai alors sur Ji Hoon, l'écrasant de mon poids, et enroulai rapidement le foulard autour de son cou, le serrant juste ce qu'il faut.

« Ne me pense pas si inoffensive chaton. »

À ces mots, je resserrais un peu plus le tissu entre mes doigts. Je ne compte pas mourir ce soir très cher.
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Dim 24 Mar - 21:30

Même l'horrible hurlement que j'avais poussé n'arrivait pas à calmer ma fureur ; c'était tout à fait l'effet inverse. Je me retenais tellement de faire souffrir le corps sous le mien que mes muscles en tremblaient, incapables de rester plus longtemps passifs. C'était mon vrai visage. Impulsif. Qui veut laisser sortir sa colère sur tout ce qui se trouve autour de lui, pour qu'on fasse attention à lui. Brisé. Désespéré. Celui d'un enfant. Je n'avais pas grandi, au fond, n'est-ce pas ? C'était trop tard pour faire marcher arrière de toute façon.

Je fixai les traits du visage de la démone sans les voir réellement. A la place, c'était comme une illusion. Je voyais le sien, mais je voyais tellement d'autres visages en même temps, comme si je revoyais toutes les personnes que j'avais rencontrées au cours de ma courte vie. Il était inutile de mentionner ceux qui revenaient le plus souvent... La haine avait-elle pris un contrôle total de mon cerveau pour me faire devenir aussi fou et me faire halluciner ? Finalement, je réussis à chasser ces visions de folie de ma tête et lorsque ce fut Sora, totalement à ma merci, que je vis, j'eus un sourire. Pas celui d'un père à son fils, pas celui d'un homme à son amante, pas celui d'un garçon à son meilleur ami. Celui que l'on offre à ses ennemis lorsque l'on sait qu'on peut gagner la bataille et même la guerre, plein de triomphe. Parce que j'allais la tuer, je le savais. J'annonçai mes intentions de façon directe, car il n'y avait rien qu'elle puisse faire.

On dit que les yeux sont le miroir de l'âme. Si cela était vrai, les miens étaient plus sombres que jamais, tels une tornade que personne ne peut arrêter et qui détruira tout sur son passage. Et dans ceux de Sora, je m'amusais de voir une pointe de terreur. Mais il y avait autre chose, que je n'arrivais pas à identifier.

« A ton avis, par quoi je devrais commencer ? »

J'avais le ton léger, presque chantant, comme si j'annonçais qu'il allait faire un temps magnifique demain. Bien que je doute que ça soit réellement le cas.

Seulement, il y avait quelque chose que je n'avais pas prévu. Peut-être que le fait que je fusse presque dans un état de "transe" me faisait baisser ma garde, mais lorsque ses lèvres et ses dents rencontrèrent la peau meurtrie de mon cou, exactement au même endroit que la toute première fois, je sentis mon dos s'arquer de lui-même tandis que mon souffle devint erratique. Je fermai les yeux un instant, partagé entre l'euphorie et la douleur. Par réflexe, l'une de mes mains s'accrocha à son épaule pour trouver quelque chose sur lequel m'appuyer et retrouver un équilibre.

Mais cela ne dura pas longtemps, comme elle me frappa directement à l'estomac. J'étouffai un grognement de douleur mêlé à de la surprise mais elle prenait déjà le dessus et l'air me manquait déjà. Seulement, il lui manquait quelque chose. Une force surhumaine. Je n'allais pas mourir si facilement, surtout lorsque mon tout nouveau but était de lui ôter la vie de mes propres mains. Je fermai les yeux alors que je reprenais difficilement un peu d'air.

Puis j'eus un léger fou rire, l'une de mes mains sur son châle.

« Alors, c'est comme ça ? Parce que tu sais... que Sung Mi a gagné, que c'est pour elle que je donnerais ma vie... tu préfères me tuer plutôt que mon âme appartienne à quelqu'un d'autre ?... »

Prononcer autant de mots lorsque l'air ne venait pas régulièrement dans vos poumons n'était pas facile. Néanmoins, j'eus la force de la fixer avec défi, même si je savais que je pouvais très bien me défaire de son emprise. Sans pouvoir, c'était comme si je me défendais contre un humain. Bien qu'elle soit plus résistante.

« Tu es bien possessive... et tu es tombée bien bas, Akano Sora... »

Nos positions s'étaient échangées, j'étais à présent allongé sur le sol tandis qu'elle me dominait de toute sa hauteur, mais je saisis son col pour me redresser à son niveau et j'en profitais pour desserrer légèrement son châle, sans pour autant l'enlever de mon cou.

« Alors... tue-moi. Montre au monde entier à quel point tu ne vaux rien. Tu n'y survivrais pas, pas avec une âme incomplète et disparue à jamais. »

Et je ponctuais ma phrase d'un sourire.

Je ne savais pas où tout ceci allait. Mais il y avait une chose que je savais : j'allais tuer Akano Sora, sans hésitation.


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Dim 24 Mar - 22:56

L'adrénaline que me procurait ce sentiment de domination se propageait délicieusement dans mon corps. Il était là, à ma merci, et cette vision en était presque orgasmique. Du moins l'aurait-elle été s'il avait appris à se taire.

« Alors, c'est comme ça ? Parce que tu sais... que Sung Mi a gagné, que c'est pour elle que je donnerais ma vie... tu préfères me tuer plutôt que mon âme appartienne à quelqu'un d'autre ?... »

J'échappais un hurlement de rage en resserrant le tissu entre mes mains. Pourquoi fallait-il qu'il continue à parler d'elle ? Qu'avait-elle de plus ? Ne voyait-il donc pas qu'il n'était qu'un jeu à ses yeux ? Je voyais rouge alors que la jalousie me consumait, me faisant perdre la tête. J'avais envie de crier à nouveau, de hurler. Tu es à moi Ha Ji Hoon, tu m'entends ?! À moi !!

« Tu es bien possessive... et tu es tombée bien bas, Akano Sora... »

Je relâchais mon emprise et le giflai.

« Tais-toi !! », hurlai-je.

Il profita de mon instant de faiblesse pour me saisir par le col et se redresser. Je sentais des larmes de rage se former dans mes yeux mais me refusais à les laisser couler. J'avais encore un peu de fierté tout de même. Et malgré les lames que ses mots avaient planté dans mon coeur, je restais droite et fière, le défiant du regard avec toute la dignité dont j'étais capable. Je me refusais à accepter qu'il avait raison et que j'étais "tombée bien bas".

« Alors... tue-moi. Montre au monde entier à quel point tu ne vaux rien. Tu n'y survivrais pas, pas avec une âme incomplète et disparue à jamais. »

De nouveau, je le giflai.

« Qu'en sais-tu ? », sifflai-je entre mes dents serrées.

C'était vrai après tout, qui pouvait prévoir ? Jamais encore je n'avais entendu parler d'un lien tel que le nôtre, alors comment prévoir ses limites ? J'échappais un rire jaune. Décidément, j'étais abonnée aux procédés inédits et uniques. Être enfermée dans un corps humain, me lier à un Aïon. Qu'avais-je bien pu faire dans ma vie humaine pour mériter telle punition ?

« Et dis-moi en quoi débarrasser la Terre d'un bâtard ferait de moi une moins que rien ? »

Je ne pouvais m'empêcher de le provoquer encore et encore. C'était comme une drogue de laquelle je n'arrivais pas à me sevrer. Et la colère ne m'aidait en rien à calmer mes élans suicidaires.

Je tirai sur le châle pour rapprocher son visage du mien, mes yeux brillants de colère. Plus rien n'était clair. Mes larmes de rage troublaient ma vue tandis que je les retenais, et les frissons de haine qui parcouraient mon corps me faisaient perdre la tête.

« Que crois-tu ? Que Sung Mi voudrait de toi ? Qu'elle te comprendrait ? Ouvre les yeux, tu n'es qu'un jeu, un défi de plus pour elle. Elle se délecte de piéger des hommes dans ses filets. Mais à ses yeux, tu n'es rien. Depuis ta naissance, tu n'es rien, pour personne. »

Personne... sauf moi.
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Dim 7 Avr - 21:13

Dominé, je l'étais... mais pas tant que ça. Ma fierté, du moins celle que j'essayais de montrer, me faisait refuser de l'admettre, pour commencer. Et Sora pouvait essayer ce qu'elle voulait, elle ne pouvait empêcher les mots que je prononçais d'arriver à ses oreilles. C'était comme si je la connaissais par coeur, et la jalousie comme la possessivité irradiaient son corps, allumaient la flamme propre aux démons dans ses yeux. Cette vue m'arracha un sourire dédaigneux. Je n'étais pas à elle, ni à personne d'autres. Cette marque qui scarifiait mon cou, symbole-même de ce lien si particulier entre nous deux, n'était que superficielle. S'il y avait une chose que personne ne pouvait m'enlever, c'était bien ma liberté. C'était bien la seule chose qui me restait d'ailleurs... Ma dignité s'était envolée depuis longtemps, emportée par ma propre mère là où elle était partie.

Ma joue me brûlait affreusement mais je m'en souciais peu. L'autre collée au sol qui semblait si froid en comparaison, je ne pouvais retenir un air triomphant. J'avais vu juste. La simple mention de Sung Mi lui faisait perdre tous ses moyens. Si fragile... Il semblerait que j'avais encore la situation en mains, après tout. J'espérais seulement un peu plus de résistance.

Encore une fois, elle me gifla. L'atmosphère de la pièce était presque insupportable, on ressentait l'envie de tuer, l'envie de faire souffrir, l'envie de hurler dans chacun des coins de la pièce. Je répondis à son rire jaune, tel un écho.

« Le monde entier sera juste heureux d'avoir une abomination de moins à porter et s'en portera bien mieux. Toi, en revanche... Tu vivras à jamais avec mon souvenir et l'idée que je suis l'incarnation parfaite de tes pêchés et du fait que tu vaux moins que le reste des démons. Tu as tué parce que tu penses que tout te revient de droit et que personne ne peut y toucher. »

Que mon petit discours fasse son effet ou non n'avait pas d'importance. Je partais déjà sur l'idée qu'elle n'allait pas me tuer. Elle n'en était pas capable, je le savais. Moi, si. Dommage pour elle, mais j'avais déjà franchi les limites de l'infranchissable. La tuer serait si simple, cela mettrait fin à tout. Et enfin j'aurais accès à la libération que seule la Sirène pouvait me donner.

« N'est-ce pas un peu prétentieux de ta part ? »

Elle m'obligea à me redresser violemment, je suivis donc le mouvement sans protester. Nos visages étaient encore une fois si proches. Mais le sien restait intouché tandis que le mien souffrait de ses gifles. Que c'était frustrant. La pression du châle sur mon cou s'était encore un peu desserrée, aussi l'air m'était revenu. Cependant, je ne fis aucun geste pour le retirer. J'étais trop focalisé sur la lueur dans les yeux humides de la démone pour y faire vraiment attention.

Mon regard se fit plus dur. Elle avait vu juste. Avoir quelqu'un qui risquerait sa vie pour vous, qui ne pense qu'à vous... c'était bien là l'une des seules choses que j'enviais aux autres. Mais être aïon, c'est être condamné à être seul. Je m'étais fait à cette idée depuis longtemps.

« Qui te dit que je m'en soucie ? »

C'était fou de voir à quel point je savais bien mentir. A moins qu'elle n'ait réussi à le voir... J'avais un peu perdu en assurance en l'espace de quelques secondes.

Je poussais un soupir, las. Je me penchais légèrement en avant sur le côté de son visage, mes lèvres se rapprochant de l'une de ses oreilles, un main sur son épaule. Quelques millimètres à peine séparaient nos deux joues.

« Je me fiche bien de savoir que Sung Mi se sert de moi. Elle peut m'apporter ce que je veux, consciemment ou non. »

Mon autre main vint frôler son menton, sans pour autant la toucher. Comme c'était frustrant, autant pour elle que pour moi. Ce lien était insupportable et je me retenais tant bien que mal de fermer le contact. Dans un murmure à peine perceptible, je souris d'un air faussement désolé, bien qu'elle ne puisse pas le voir.

« Toi, tu ne peux pas. Dommage, n'est-ce pas ? »


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mar 9 Avr - 7:41

À chacun de ses mots, mon coeur se serrait un peu plus dans ma poitrine, douloureusement. Je ne savais pas jusqu'alors que de simples mots pouvaient faire si mal, surtout lorsqu'ils exprimaient la vérité. Et celle-ci était si dure à entendre. Je n'osais même plus le contredire : lui comme moi savions qu'il avait raison. Pour autant, je ne lui donnerais pas la satisfaction de l'avouer ou le montrer. Aussi, je retenais mes larmes le plus fort possible, essayant de penser à des choses plus heureuses pour oublier. Mais des moments heureux, en avais-je au moins déjà eu ? Pas que je sache.

Alors que je pensais avoir perdu et être condamnée, son expression changea. Avais-je trouvé sa faiblesse ? Malgré ses efforts pour la cacher, je voyais la tristesse dans ses yeux, et cela me serra le coeur encore plus, au lieu de me faire sauter de joie. Je ne souhaitais qu'une chose : balayer ce sentiment de ses pupilles et de son coeur. Sauf que je n'étais apparemment pas celle qu'il lui fallait pour cela. Et le fait qu'il choisisse Sung Mi était encore plus douloureux pour moi : elle avait toujours été ce qui se rapprochait d'une amie. Je la connaissais assez pour savoir que Ji Hoon lui importait peu : il n'était qu'un pari un peu plus intéressant, étant Aïon et lié à moi. Mais je le savais, elle le laisserait aussitôt qu'elle l'aurait gagné, et il ne s'en remettrait pas. Combien d'hommes tombés dans ses filets avaient fini par se donner la mort ? Bien trop. Je ne voulais pas que Ji Hoon se rajoute à la liste.

« Qui te dit que je m'en soucie ? »

J'échappais un petit rire qui s'étrangla dans ma gorge et fixais ses yeux troublés.

« Qui te dit que je ne m'en soucie pas ? »

Je détournais la tête par peur de faiblir dans ses yeux et d'échapper mes larmes. J'avais déjà trop pleuré devant lui. Je sursautais légèrement en sentant ses lèvres tout près de mon oreille, son souffle brûlant s'écrasant sur ma peau. Je fermais les yeux le plus fort possible, tentant de résister au désir qui me poussait à vouloir le sentir contre moi. Il était si proche et si loin à la fois, c'en était frustrant. Se rendait-il compte de la torture qu'il m'infligeait ? Certainement pas, car s'il savait ce que je ressentais, il s'arrangerait sans doutes pour que je ne puisse pas l'approcher.

« Je me fiche bien de savoir que Sung Mi se sert de moi. Elle peut m'apporter ce que je veux, consciemment ou non. »

Une lame de plus qui s'enfonçait dans mon coeur, le faisant hurler de douleur alors que sa main frôlait mon menton.

« Toi, tu ne peux pas. Dommage, n'est-ce pas ? »

Une larme coula finalement entre mes paupières closes, et je me réjouis qu'il ne puisse la voir. Mon corps entier semblait souffrir le martyr, comme comprimé avec force dans un étau invisible. Même pour Takuya, je n'avais jamais ressenti une telle douleur. Mon coeur semblait battre contre mes côtes avec force, comme tentant de se libérer de cet étau douloureux. Ma main glissa lentement le long du châle et s'agrippa au tee-shirt de Ji Hoon.

« Et qu'est-ce que tu attends d'elle ? De l'amour ? De l'affection ? Ce ne sera qu'une illusion, et tu seras encore plus seul lorsqu'elle t'aura laissé tomber car tu seras devenu un jouet sans intérêt à ses yeux. »

Je m'assurais que ma larme était suffisamment sèche pour ne pas se voir, puis tournais la tête vers lui, mon nez heurtant le sien dans le processus. J'en avais presque oublié qu'il était si près...

« Pourquoi regardes-tu constamment derrière toi ? Ne vois-tu pas ce qu'il y a devant tes yeux Ji Hoon ? », murmurai-je sans m'éloigner pour autant.

Ne me vois-tu pas ? Ne vois-tu pas que moi, je me préoccupe de toi ? Ne vois-tu pas que moi, je ne te laisserais pas ? Ne vois-tu pas que moi, je ferais tout pour te protéger ? Je raffermis ma poigne sur son haut et fermais les yeux. La douleur, encore, était trop forte.

« Oublie-la... », soufflai-je contre ses lèvres avant de poser les miennes tout contre.

Ne vois-tu pas que moi... je t'aime ?
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mer 10 Avr - 16:34

Plus rien ne semblait pouvoir m'arrêter. Pas même ma propre conscience qui semblait s'être éteinte, pas même la lueur de douleur dans les yeux de Sora qui grandissait à chaque mot qui franchissait la barrière de mes lèvres, ayant pour seul but de lui faire lâcher prise sur mon âme. J'avais attendu assez longtemps dans cet état, enchaîné à elle, incapable de m'éloigner. Incapable de penser. J'étais épris de liberté, épris de rédemption. Ne se rendait-elle pas compte à quel point je souffrais dans cet état, sans avoir la possibilité d'obtenir enfin le pardon de l'être qui me détestait le plus au monde ? Cet être qui n'était plus qu'un fantôme mais bien plus qu'un souvenir dans mon esprit. Me retenir comme elle le faisait était pire que la torture.

Ma poitrine me faisait mal, mon coeur me faisait souffrir, me hurlant des ordres que j'ignorais tellement difficilement. Lorsque je m'étais rapproché de mon plein gré de la démone, mon visage et ma main si proches du sien, la partie sensée de mon cerveau m'indiquait l'énorme danger et le risque que je prenais. Mais l'autre partie, devenue folle depuis bien longtemps, s'abandonnait au Lien et faisait s'avancer mes doigts vers sa peau blanche. C'était une véritable guerre qui se déroulait dans mon âme. Et nous savons tous à quel point une guerre fera forcément des ravages.

Je ne m'arrêtais toujours pas. Combien de fois devais-je insister sur le fait que Sung Mi était devenue ma priorité maintenant ? Je ne savais même pas ce qui allait le passer une fois que l'âme de Sora et la mienne se seraient enfin séparées. Peut-être que l'un de nous ni survivrait pas, ou même les deux. Ou tout irait selon mes souhaits, et enfin j'aurais accès à la Sirène qui m'attendait depuis si longtemps.

Je ne voyais pas son visage sous cet angle, mais je pouvais presque la sentir trembler alors que je ne la touchais même pas. Je sentis sa main frôler mes côtes, saisissant mon tee-shirt si fermement que je n'en bougeais plus, comme pétrifié. J'attendais. Ce fut à mon tour de trembler. Pourquoi était-elle si obstinée à ne pas me laisser partir vers elle ? Ses yeux croisèrent enfin les miens. Ce n'était même plus des millimètres qui nous séparaient. Elle murmura enfin quelques mots qui résumaient toute ma vie.

Je ne pouvais pas regarder devant moi. Il n'y avait rien. Et derrière, il y avait le regard rempli de haine de ma mère, qui me rappelait pourquoi j'étais là, qui était devenue mon guide même dans la mort.

« Je ne sais pas. »

J'étais troublé, incertain. J'avais murmuré ces mots également, mais elle pouvait facilement les entendre.

« Je... que ce soit une illusion ou non, j'en ai besoin, de ce pardon. Du moment que j'y crois, même si c'est faux... »

Pourquoi l'avais-je tuée ? Ce pouvoir incontrôlable que mes origines m'avaient donné, pourquoi avais-je perdu le contrôle à ce moment précis, il y a des années de cela ?

Je n'avais pas reculé. Je ne l'avais pas repoussée. Pourquoi ? Je ne sais pas. Il y avait tellement de choses en ce monde que j'ignorais. La partie sensée de mon cerveau avait perdu la bataille. Le Lien s'agitait tellement, alors que nos lèvres semblaient être incapables de se séparer. Je fermais les yeux fermement. Ma main toucha finalement son visage. Je m'accrochai à elle comme si ma vie en dépendait. A vrai dire, je faisais à peine attention à ce que nous faisions, j'avais même perdu ma capacité à penser. Si c'était un baiser, nous étions bien trop désespérés et meurtris pour qu'il soit parfait. C'était maladroit et au fur et à mesure que le temps passait, il devenait plus violent. La violence de la détresse.

Ce n'était pas normal. Nous étions ennemis, nous nous détestions. Mais nous ne nous arrêtions pas pour autant.

Lorsque nos lèvres se séparèrent enfin, c'était peut-être des minutes qui s'étaient écoulées. J'avais le souffle irrégulier et j'osais à peine regarder la démone en face. Ce fut à mon tour de sentir des larmes au coin de mes yeux. Je plantais enfin ces derniers dans les siens, tandis que je tenais toujours son visage avec une seule main.

« Pourquoi ? Pourquoi tu ne me laisseras jamais partir ? »

Mais comme nous avions perdu le contrôle une fois, rien qu'une seconde, il était trop tard. Ce lien était bien plus fort que nous le croyions. Alors nos lèvres se rencontrèrent à nouveau.


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mer 10 Avr - 20:02

La peur, la peine, l'incertitude. Cette multitude de sentiments agitaient mon corps comme une feuille tremblante. Je n'arrivais pas à me contrôler. Ma main serrée sur le tee-shirt de Ji Hoon était la seule chose qui restait stable, ferme, comme l'unique bouée à laquelle me raccrocher pour ne pas couler. Couler dans cette mer de solitude qui me hantait, m'avait toujours hanté, et me hantait bien plus encore depuis que je connaissais Ji Hoon. Je redoutais d'y replonger et de m'y noyer, encore une fois. Pas maintenant que j'avais des personnes qui comptaient pour moi. Rei assurément. Et même si je ne l'avouerais jamais, il y avait aussi Chul Hei. Ji Hoon. Sung Mi. Mais je savais que tout ces liens ne tenaient à pas grand chose et que je pouvais les perdre en un instant. Alors je m'accrochais, refusant de lâcher prise.

Puis tout s'évapora. La peur, la peine, l'incertitude. Plus rien n'avait d'importance. Si ce n'est les lèvres de Ji Hoon contre les miennes. Je me sentais complète à travers notre lien. Mais je savais bien que ce n'était pas seulement ça. À quoi bon continuer de me mentir ? Ma peau s'électrisa lorsque ses doigts se posèrent contre ma joue. J'en vins à ne sentir que sa main contre ma peau et ses lèvres qui se mouvaient contre ma bouche. Lentement puis de plus en plus brusquement, m'arrachant mon oxygène, violentant ma chair à petits coups de dents. Même dans un baiser, nous ne pouvions nous empêcher de nous faire du mal, d'imposer une certaine domination.

Lorsque nous nous écartâmes, nos lèvres étaient rouges du baiser et nos souffles courts. Je rouvris les paupières et tombais dans la tristesse des yeux de Ji Hoon. Mon coeur se serra et je caressais doucement sa joue avec ma main libre.

« Pourquoi ? Pourquoi tu ne me laisseras jamais partir ? »

J'ouvris la bouche pour lui répondre, mais mes lèvres furent prises en otage par les siennes, encore une fois. C'était plus désespéré, plus passionné cette fois. Contrairement à la mécanique mise en place plus tôt, je sentais ce qu'il ressentait à travers ce baiser, et cela me déchira le coeur - si encore il en restait quelque chose. Je voulais le rassurer, lui faire comprendre que j'étais là, qu'il pouvait aller de l'avant. Je me redressais sur mes genoux, quittant ses jambes sur lesquels j'étais assise, et lui faisant ainsi courber la tête. Je l'embrassais de la façon la plus douce qui soit, mes deux mains sur son visage.

« Si je lâche ta main, qui te poussera à vivre ? »

Doucement, je posais mon front contre le sien et fermais les yeux, soupirant légèrement. J'étais si bien ici.

« Tu sais très bien que si je savais comment rompre ce lien, je l'aurais déjà fait. Je ne cherche pas à t'emprisonner Ji Hoon. Je... je veux seulement que tu arrêtes de vivre comme si justement, vivre t'était interdit. »

Je le relâchais et me laissais tomber à nouveau sur ses jambes.

« J'en ai marre de me faire dicter ma vie par une autorité lambda. Tu dis être libre, mais tu mens. Au fond, ta vie est régie par tes regrets. Ce n'est pas moi qui t'empêche d'avancer Ji Hoon. C'est toi. »

Je me relevais et allais m'appuyer contre la table qui séparait la cuisine du salon. Mon regard se perdit au-delà de la fenêtre, suivant les lumières de la ville.

« Tu n'as pas besoin de Sung Mi pour obtenir le pardon de ta mère. Tu essayes juste de t'en convaincre parce qu'au fond, c'est la voie la plus longue pour y parvenir, et que tu as peur d'arriver au bout. Alors s'il te plaît, arrête de me détester pour une entrave que je ne suis pas. »

Sans rien ajouter, je revins vers lui et lui tendis la main.
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Jeu 11 Avr - 21:34

Je ne réfléchissais même plus. Mes mains bougeaient d'elles-mêmes, frôlant la peau blanchâtre de la démone sur son visage. Impossible de dire leurs intentions. Voulaient-elles transmettre la douceur ou la douleur ? A vrai dire, je ne m'en rendais même pas compte. Mais encore une fois, un baiser, un geste qui semblait devoir donner tout l'amour que l'on a pour quelqu'un devenait tout son contraire avec nous. Encore une fois, c'était une bataille pour celui qui serait plus fort que l'autre, pour celui qui arriverait à dominer l'autre. Rien ne pouvait être normal lorsque nous étions concernés, n'est-ce pas ? Et ça n'était pas plus mal au fond. Ce n'était pas comme si j'attendais de l'amour de sa part. Ni de la part de personne d'autres. Je n'en avais pas besoin et je n'avais pas à le faire en retour.

Le souffle erratique, je frissonnai lorsque ce fut ses doigts qui caressèrent doucement ma propre joue. Le frisson d'un drogué, celui que m'avait fait devenir ce lien si particulier et dont personne ne savait rien. Sans réfléchir, nos lèvres se rejoignirent à nouveau et tout devint plus brutal. Après un temps infini, elle me força à redresser la tête et je plongeai mes yeux dans les siens. Perdu, troublé, je l'étais. Qu'est-ce que j'étais censé faire ? Toute mon assurance s'était envolée, je ne pensais qu'au passé et à l'avenir en même temps, à un futur qui s'annonçait chaotique tandis que je ne pouvais pas atteindre ce que je cherchais et ce que je voulais depuis si longtemps et à un passé douloureux qui laissait des marques physiques comme psychiques.

Mais je ne pensais pas à l'instant présent.

Je commençais à voir où elle voulait en venir. Qu'allais-je devenir après avoir obtenu ce que je voulais de Sung Mi ? Ma vie allait sûrement prendre fin. Ca n'était pas plus mal, au fond c'était même ce que je voulais. Vivre ne m'intéressait plus. Si vivre était un synonyme de souffrir, j'avais souffert trop longtemps, vingt-trois ans jour pour jour.

Nos fronts brûlants rentrèrent en contact et je fermai les yeux d'appréhension, en même temps que Sora. Je redoutais la fin de cette "conversation" à présent. J'étais si sûr de cette fin en question. Pour moi, Sora allait mourir. C'était aussi simple que ça. Mais même ceci ne semblait pas être possible et j'hésitais maintenant. J'essayai d'ignorer ses mots. Au fond, je savais qu'elle avait raison.

Et c'était bien ça qui me faisait trembler de peur.

Elle s'éloigna de moi, et ce fut comme un retour à la réalité. Qu'avions-nous fait quelques minutes auparavant ? Avions-nous franchi une limite ?

« Tais-toi. S'il te plaît. »

Je murmurai ces mots comme une plainte, enfouissant mon visage entre mes mains sans bouger du sol. Je priai intérieurement un Dieu que je haïssais pour qu'elle l'entende et s'arrête dans sa tirade. Ce n'était pas ce que je voulais entendre. Je relevai légèrement la tête, fixant sa main tendue. Regarder son visage était bien trop dur. Je hochai lentement la tête de gauche à droite, comme si j'essayais de me convaincre moi-même.

« Tu ne comprends pas. »

Je baissais les yeux vers mes propres mains. Sales, tachées de sang. Elles en avaient bien trop fait.

« Je l'ai tuée. Celle que j'aimais. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Me retourner et faire comme si rien ne s'était passé ? »

Je saisis son avant-bras pour me redresser sur mes deux jambes, bien que difficilement. Pourquoi tout semblait si dur lorsque l'on vous faisait faire face à la vérité ? Je n'avais pas pris sa main cependant. Un détail, mais qui restait important.

« Je ne peux pas oublier. »

Je guidai ses doigts et les posèrent sur ma poitrine, à l'endroit-même de mon coeur, là où je pensais où elle pourrait sentir son âme et la mienne, ainsi que tous ces sentiments si compliqués, le mieux possible.

« Tu sens ça ? Je veux qu'elle le sente aussi, qu'elle sache à quel point je suis désolé. Même si elle me hait. »

Je parlais d'une morte comme si elle était encore parmi nous. Elle m'effrayait encore comme si elle était encore à mes côtés. Cela n'avait rien de sain, n'est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Sam 20 Avr - 7:08

Il m'implorait de me taire, et je savais que j'avais visé juste. Après tout, nous finissions par nous connaître, même si nous ne nous étions rencontrés que trois mois auparavant. Si ce jour-là, le jour où nous nous sommes rencontrés, on nous avait dit tout ce qui allait se passer... je pense que je n'y aurais pas cru. Et si on m'avait dit que je tomberais amoureuse de cet Aïon, alors je ne l'aurais même pas approché. Cet amour, je n'en voulais pas et je le maudissais. Il suffisait de voir où j'en étais à cause de ça : sans aucun pouvoir et liée à un fou. Quelle perspective d'avenir...

« Tu ne comprends pas. »

Non, en effet. Je n'ai jamais prétendu te comprendre Ji Hoon. Je ne suis pas née dans un monde où je n'avais pas le droit d'exister, je n'ai pas été haïe par ma mère et ne l'ai pas tuée. Tout comme tu ne peux pas me comprendre pour ce que j'ai traversé. Mais la solitude, ça nous connaît tous les deux, et sur ce point, je pense pouvoir te comprendre au moins un peu.

« Je l'ai tuée. Celle que j'aimais. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Me retourner et faire comme si rien ne s'était passé ? »

Je l'aidais à se relever, bien qu'attristée qu'il n'ait pas saisi ma main : à quoi m'attendais-je sérieusement ? Je ne répondis pas à ses questions qui n'en étaient pas. Il n'avait pas fini.

« Je ne peux pas oublier. »

Il guida mon bras qu'il n'avait pas lâché et plaça ma main sur son coeur. Un frisson me parcourut et je fermais les yeux instinctivement, pour mieux sentir les battements dans sa poitrine. Son torse se soulevait au rythme de sa respiration légèrement plus rapide que la normale.

« Tu sens ça ? Je veux qu'elle le sente aussi, qu'elle sache à quel point je suis désolé. Même si elle me hait. »

Je secouais la tête et rouvris les yeux. Celui que j'avais face à moi, c'était ce petit garçon qui venait de tuer sa mère, celui qui se retrouvait seul par sa propre faute.

« Ecoute-moi Ji Hoon. Même si tu t'excuses face à Sung Mi, tu ne soulageras pas ce poids de tes épaules. Tu le crois, mais au moment où tu le feras, tu te rendras compte que ce n'est pas suffisant. Si tu tiens vraiment à dire à ta mère que tu es désolé, tu devrais trouver quelqu'un qui la connaissait. La famille n'existe pas chez les Démons, mais on a parfois des liens qui s'en rapprochent. Sung Mi, par exemple, est comme une soeur pour moi, c'est pour ça que je la connais si bien. Je suis sûre que ta mère aussi avait une famille. Et cette personne saura te dire si ta mère te pardonnerait ou pas. »

Je lâchais son coeur et pris son visage en coupe pour l'obliger à me regarder dans les yeux. Il fallait qu'il m'écoute.

« Mais avant tout, c'est ton propre pardon que tu dois obtenir. Tu t'en veux plus que n'importe qui d'autre pourrait t'en vouloir. Tu t'en veux parce que tu as tué la seule personne que tu avais. Parce que tu as créé ta propre solitude. Avant d'obtenir le pardon de ta mère, il faut que tu aies le tien, que tu parviennes à accepter ce que tu as fait. »

Je me hissais sur la pointe des pieds et déposais un baiser qui se voulait apaisant sur son front tordu de douleur et de doute.

« Je t'aiderai si tu veux. », murmurai-je.

Après tout, quoi de mieux qu'un Démon, pour traquer un Démon ?
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mer 24 Avr - 21:40

Mon corps entier tremblait, comme contrôlé par des pulsions violentes et destructrices que je repoussais sans même savoir pourquoi. Des envies de meurtres, envers la démone qui n'était qu'à quelques mètres de moi, des envies de faire souffrir. Ses cris seraient bien plus supportables que ses mots. Mais je ne me laissais pas aller, je contrôlais difficilement cette partie sauvage de moi-même. Ma partie démoniaque qui s'opposait à ma partie humaine, comme je l'appelais. Être aïon n'était pas selon moi deux races qui n'en formaient qu'une, mais plutôt deux races forcées à cohabiter dans un seul et même corps. Un combat constant, qui se finira toujours de la même manière.

Et pourquoi je me contrôlais, moi-même je ne le savais pas. Chaque mot, chaque syllabe était comme un poignard qu'elle plantait amèrement et sans remords en plein coeur. Au fond, avait-elle raison ? J'avais espéré le contraire. Alors pourquoi continuais-je à l'écouter ? Je l'admettais, bien que ce soit avec honte, la vérité m'effrayait au plus haut point. Si cela pouvait m'éviter bien des choses, vivre dans une illusion quelconque ne me dérangeait pas plus que ça. Et Sora étalait toute ma vie en quelques phrases, bien qu'elle fût courte. Je l'implorai de se taire, comme une plainte affreuse de quelqu'un à l'agonie, mais elle ne le fit pas. Je n'en étais pas si loin, intérieurement. Ce fut à mon tour de parler et je me défendis tant bien que mal ; cette vie, je l'avais choisie. N'est-ce pas ?

Je me relevai en saisissant son bras que je guidai vers mon propre coeur. Sentait-elle ce que je ressentais ? Pouvait-elle sentir ma culpabilité qui avait décidé de me suivre pendant toutes ces années ? Son regard croisa enfin le mien et je baissai les yeux, honteux de tout ce que j'avais fait en vingt-trois ans aujourd'hui. Lorsqu'elle reprit sa tirade, je lâchai son avant-bras en même temps qu'elle lâchai ma poitrine et reculai de quelques pas, brisant le contact. Evidemment, ma mère avait une famille. Et je ne pouvais m'empêcher de penser que je n'en faisais pas partie. Après tout, il fallait toujours que je me torture moi-même lorsque personne n'était là pour le faire, non ?

Elle prit mon visage entre ses mains et je fermai les yeux. Je détestais l'admettre, mais je fuyais et j'étais bien incapable de soutenir son regard. Quelque part, je me disais que l'arrogant aïon si sûr de lui avait lui aussi pris la fuite où bon lui semblait.

« Je ne l'aurai pas, son pardon. »

Ce n'était pas ça que je voulais. Je voulais juste qu'elle le sache. Et le mien... Comment dire adieu à quelque chose qui dictait toute votre vie ?

Ses lèvres effleurèrent mon front et sans même le savoir, j'avais saisi son visage et une nouvelle fois nos lèvres se rencontrèrent. Il subsistait une certaine violence, mais différente. Peut-être qu'elle m'avait fait trop espérer, peut-être qu'elle m'avait fait trop croire qu'une rédemption était toujours possible. Mais je m'y accrochais. Pouvais-je toujours la considérer comme une ennemie ? Je ne sais pas. Je ne savais plus rien. Tout était bien trop confus à présent.

Je l'avais plaquée un peu plus doucement qu'auparavant contre le mur sans même m'en rendre compte et tandis que mes mains tenaient ses épaules, je posais mon front sur l'une de ces dernières. Un rire amer m'échappa. J'étais fatigué. Fatigué de tout.

« Je ne sais même plus pourquoi je fais tout ça... »


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Ven 26 Avr - 8:40

L'air était rempli d'un je-ne-sais-quoi de différent. Comment expliquer ce que je ressentais à cet instant précis ? Mon corps tremblait, accablé par des vagues de sentiments et d'émotions qui se mélangeaient en un tourbillon dévastateur. Je me sentais comme prise d'une fièvre qui aurait dû m'abattre, mais je luttais pour rester debout et les yeux ouverts. Une fièvre, oui, c'était totalement ça. L'air qui pénétrait dans mes poumons étaient aussi douloureux que salvateur, laissant mon coeur malmené dans une course folle dont je me demandais s'il arriverait à y survivre. Je tentais de comprendre pourquoi j'étais dans un tel état, mais la réponse n'était pas bien difficile. Depuis plusieurs dizaines de minutes déjà, je mettais mon corps et mon coeur à rude épreuve. Ma proximité avec Ji Hoon, en plus de faire partir mon palpitant dans des acrobaties périlleuses, mettait ma détermination à mal : comment combattre le lien alors que celui-ci était proche de son but, à savoir nous réunir ? Je le sentais, à chaque fois que nos corps se touchaient ou nos lèvres se rencontraient. Mon corps semblait alors s'abandonner totalement, contenté et heureux. Ou peut-être était-ce mon coeur qui était heureux. Comment savoir ? La seule chose que je savais à cet instant, c'était que je devenais accro à cette sensation. Je préférais ne pas penser à la suite : je savais bien que ça ne durerait pas et que mon coeur se briserait à nouveau. À ce stade, je doutais pouvoir le réparer une fois de plus. Mais à l'instant présent, je n'en avais que faire.

Je savais ce que Ji Hoon pensait de l'amour, tout simplement car nos pensées étaient les mêmes à ce sujet. C'est pourquoi je m'appliquais à lui transmettre le mien pour le soutenir et le rassurer, tout en essayant de ne pas trop en montrer. Déguiser ce sentiment en simple affection, compassion ou même pitié, comme il le voulait. J'étais faible, bien trop faible, surtout lorsqu'il s'agissait de lui. C'est pour cette raison que je m'évertuais à le fuir autant que possible. Parce que je savais qu'après une soirée comme celle-ci, je n'en reviendrais pas indemne. Il était trop tard à présent. Pourquoi avais-je voulu lui souhaiter son anniversaire ? J'avais de l'espoir, l'espoir que peut-être, il pourrait y avoir quelque chose. Et il me manquait. Ma pauvre Sora, n'as-tu jamais rien appris ? N'as-tu pas vu où l'espoir et l'amour t'ont menée jusqu'ici ? Pitoyable. Tu devrais fuir tant qu'il en est encore temps...

Mon esprit se vida instantanément lorsque ses lèvres vinrent à nouveau chercher les miennes. Je crus mourir à l'intérieur tant mon coeur et mon estomac brûlaient, de cette morsure de feu qui fait plus de bien que de mal. Instinctivement, mes mains glissèrent sur ses joues pour aller agripper sa nuque et plonger dans ses mèches folles tandis qu'il me plaquait avec une douceur à peine dissimulée contre le mur. Le baiser était plus désespéré que violent, d'un côté comme de l'autre. Peut-être que l'un comme l'autre, nous espérions trop de tout cela. Peut-être qu'au fond, on s'en fichait. C'était bon et apaisant, et c'était tout ce qui comptait.

« Je ne sais même plus pourquoi je fais tout ça... »

Moi non plus je savais pas. Je ne savais pas pourquoi j'avais voulu jouer avec toi au départ. Je ne savais pas pourquoi j'avais voulu te marquer, te faire mien. Je ne savais pas pourquoi tu me préoccupais et me hantais tant. Je ne savais pas pourquoi j'avais voulu mettre fin à mes jours uniquement pour te libérer de notre lien. Je ne savais pas pourquoi je te fuyais tout en ayant désespérément besoin de toi. Je ne savais pas pourquoi je t'aimais, en somme. Mais je ne voulais plus me poser la question, car je savais que je ne trouverais pas de réponse.

Mes mains toujours posées sur sa nuque, je fis courir machinalement mes doigts le long de celle-ci pendant que son souffle chaud se déposait dans mon cou. Ma poitrine se soulevait rapidement et mon souffle était court. J'avais désespérément besoin de plus.

« Est-ce si grave ? », soufflais-je.

N'y tenant plus, je tirais sur ses cheveux pour remonter sa tête à mon niveau et attaquais ses lèvres déjà rougies. Utilisant toute la force de mes bras, je le plaquais contre moi tout en l'embrassant. Je ne me contrôlais plus. Je voulais simplement être là, dans ses bras. D'un coup de langue, je l'obligeais à m'offrir ce qu'il m'avait jusqu'alors refusée : un véritable baiser. Je me fichais des conséquences. Plus rien n'avait d'importance. Juste lui. Et moi.
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Dim 28 Avr - 23:03

Quel homme pathétique étais-je devenu. Et je n'étais que la moitié d'un pour tout dire. Mais pour devenir quelque chose, encore faut-il avoir été autre chose avant. N'avais-je pas été pathétique toute ma vie, depuis le tout début ? Et sans doute le serai-je jusqu'à la fin. Comme elle doit rire de me voir aussi détruit de l'intérieur. Elle ne me le montre pas. A la place, je vois presque de la pitié dans ses yeux, la même que j'avais vue dans les yeux de Chul Hei il n'y a pas si longtemps. J'hésite. Dois-je lui implorer la même chose ? Tue-moi. Une seconde passe. Puis une autre. Et beaucoup d'autres, pendant lesquelles je réfléchis. Non, je n'allais pas le faire. Pas maintenant du moins, je l'avais déjà fait.

Lorsque ses lèvres touchèrent délicatement mon front marqué par les années dures que j'avais traversées, je frissonnais pour plusieurs raisons. La première, c'était cette liaison si particulière entre nous deux, si surnaturelle... Enfin, nos deux existences à elles seules étaient surnaturelles aux yeux des autres. Et l'autre... était-ce le geste que réservait une mère à son enfant, ou me faisais-je juste des illusions ? Oui, je m'emballais trop vite. L'impulsivité, ce qui m'avait permis de rester en vie. Sans elle, je serai mort à l'heure qu'il est. Ca ne serait pas plus mal, au fond.

Je ne réfléchissais pas. J'avais perdu la raison, qui s'était lâchement envolée entre les lèvres de la démone que je touchais avec les miennes. Que faisions-nous, je ne sais pas. J'étais même sûr qu'elle non plus ne faisait pas attention à ses gestes. Nous n'en avions que faire. Je la connaissais assez maintenant pour affirmer pour elle que plus rien ne nous importait, tout comme pour moi. Nous attendions la fin de notre vie, tranquillement. Nous n'attendions que ça, comme deux vieux humains qui regardent avec un sourire leur âme quitter ce monde. Ce serait une libération pour nous, n'est-ce pas ?

Le souffle court, j'avais posé mon front sur l'une de ses épaules, maintenant fermement mais pourtant avec douceur ces dernières. Je laissai échapper un soupir d'aise en sentant ses doigts courir sur la peau tiède de ma nuque. Je ris en entendant sa réponse à quelques millimètres de mon oreille. Etait-ce si grave ? Non.

« Je suppose que l'on peut oublier notre ignorance... », murmurai-je.

Une légère douleur me ramena à la réalité, mais seulement pour une fraction de seconde et déjà je me perdais à nouveau. Elle lâcha mes cheveux, ses mains se plaquant partout sur mon corps. Je pouvais presque les sentir à travers le tissu des vêtements comme s'ils n'étaient pas là. Et tandis qu'elle ouvrait mes lèvres, je saisissais sa mâchoire entre mes doigts, renforçant l'étreinte. Nos lèvres ne faisaient que se quitter et se retrouver chaque seconde, si bien que j'en oubliais presque de respirer.

En temps normal, je me serais arrêté. Je l'aurais regardée, avec un mélange de colère, de haine et de dégoût. Puis mes gestes auraient accompagné ce regard. Sauf que nous n'étions pas en temps normal. Peut-être que nous étions même hors du temps. Plus rien n'avait d'importance.

Je laissai les bords rougies de sa bouche un moment. A la place, la mienne vint caresser la peau de son cou, de sa mâchoire, une nouvelle fois de son cou, puis de son épaule. Je tirai légèrement sur le tissu de sa chemise pour découvrir la peau nue à l'air libre et à l'emprise de mes lèvres. Mon autre main vint se perdre dans ses mèches de cheveux. J'humais son odeur, tel un drogué en manque. Après tout, c'était ce que j'étais. Je déposais un dernier baiser au creux de cou et m'arrêtai pendant un moment.

Avions-nous besoin de dire quelque chose ? Chez nous, les gestes étaient plus parlants que les mots. Les paroles, ces choses si futiles. On ne peut mentir avec un contact physique. Pourtant, je m'étais menti à moi-même et à mon entourage toute ma vie. Je ne savais que faire à présent. Lui tourner le dos, m'en aller ? Mon âme comme la sienne n'y survivrait pas. Nous étions condamnés à rester ensemble jusqu'à la fin.


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Lun 29 Avr - 23:05

Est-ce que vous avez déjà ressenti ça ? Ce sentiment indescriptible que l'on goûte dans ces moments de volupté. Votre coeur semble s'arrêter et battre à trois cent à l'heure en même temps, votre souffle est coupé et erratique, vous avez chaud et vous frissonnez, vous réfléchissez à toute vitesse mais votre esprit est vide, vous voulez parler, exprimer ce que vous ressentez, mais rien ne sort, si ce n'est quelques souffles plus poussés ou de légers gémissements de plaisir. Je ne savais pas si c'était ce qu'on appelait le désir, ou le plaisir, ou l'envie. Tellement de mots dont la définition m'était floue, et aucun qui ne définissait totalement ce que je ressentais. J'avais beau chercher, impossible de mettre le doigt sur ce sentiment si fort qui secouait mon corps. La seule chose encore claire dans mon esprit, c'était que je ne voulais pas voir cette émotion prendre fin. Elle me semblait vitale à présent, et j'avais un soudain instinct de survie. Je m'accrochais à ces sensations comme un naufragé s'accrocherait à sa bouée. Paradoxalement, je me sentais submergée par tout cela, et je coulais petit à petit, me noyant dans un océan de délices. Peut-être n'était-ce pas une bouée, mais une ancre qui m'entraînait plus au fond, vers des territoires inexplorés. Je sentais les vagues sur ma peau qui me réchauffaient doucement, parfois de manière plus brutale. L'air me manquait, mais pour rien au monde je n'aurais nagé vers la surface. J'étais prête à mourir, si c'était d'une telle mort.

Mon dos fut appuyé un peu plus contre le mur alors que ses lèvres quittaient les miennes. J'échappais un grognement frustré qui mourut bien vite dans ma gorge alors que celle-ci était assaillie de baisers. Il me brûlait à chaque contact, contractant mon bas ventre dans une torture délicieuse. Je sentais nos âmes se déchaîner, renforçant les émotions vives qui nous transperçaient. Un baiser à la jonction de ma mâchoire et de mon oreille, et je fus foudroyée, la bouche ouverte à la recherche d'un souffle qui ne venait pas. Mes mains s'accrochèrent à ses cheveux, peut-être un peu trop violemment. Je sentis son souffle contre ma nuque alors qu'il respirait mon parfum, et je crus mourir une énième fois en quelques minutes. Ces sensations soumettaient mon coeur a des tensions trop fortes qui risquaient de le rompre, et pourtant, je ne m'étais jamais sentie si vivante.

Je repris contact avec la réalité lorsque les baisers cessèrent - à mon plus grand déplaisir. Ji Hoon semblait perdu, hésitant. Je ne devais pas le laisser hésiter, je ne supporterais pas un refus, pas maintenant. Sans attendre, j'attrapais de nouveau ses lèvres et mordillais gentiment celle du bas pour lui faire oublier ses pensées. Cette fois-ci, je n'attendis pas son autorisation pour m'inviter sur son territoire. Mes mains descendirent doucement sur ses épaules que je massais légèrement pour le détendre. Je savais que la suite ne serait pas aisée, et je m'appliquais à détourner son attention pour ne pas le braquer. À mon tour, je laissais glisser mes lèvres le long de sa mâchoire pour aller mordiller son oreille gauche, pendant que mes mains se faufilaient sous les pans de sa veste, toujours au niveau de ses épaules. Mes lèvres l'effleuraient plus qu'elles ne le touchaient, et je fis glisser le tissu jusqu'au sol. Un coup d'oeil m'informa que - comme je m'y attendais - sa chemise ne recouvrait pas ses avants-bras. Les cicatrices de son enfance étaient parfaitement visibles, et je ne doutais pas qu'il était réticent à les dévoiler. Avec toute la douceur dont j'étais capable, j'attrapais ses mains et l'entraînais vers le sofa, éteignant la lumière au passage. Nous étions à présent assis face à face, éclairés par les lumières de la ville. Lentement, je portais l'un de ses bras jusqu'à mes lèvres et embrassais la longue estafilade qui le recouvrait. Je répétais mon manège pour chaque morceau de peau meurtrie à ma portée. En voir autant, rien que sur ses avants-bras, me déchirait le coeur. Puis je déposais ses mains tout contre mes joues en plantant mon regard dans le sien.

« Je t'accepte comme tu es Ha Ji Hoon. »

Vous vous souvenez de ce sentiment qui ressemble à un océan à la fois calme et déchaîné ? Je me rappelle à présent. Je crois qu'ils appellent ça, l'Amour.
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mar 30 Avr - 0:17

Pourquoi ? Il n'y avait pas de réponses à cette question si vaste lorsqu'elle nous concernait. Si je n'avais pas ressenti l'aura de détresse de cet humain qu'elle avait lâchement attaqué dans ce port il y a des mois, rien de tout cela ne serait en train d'arriver. Cependant, je n'avais aucun regret. Plus maintenant, rien qui la concernait. Pas même la peau encore marquée à vif de mon cou qu'elle effleura bien plus d'une fois, m'envoyant des frissons de plaisir à travers chaque nerf, chaque muscle, chaque organe de mon corps. Je doute que quelqu'un d'autre ait ressenti une telle émotion ou quelque chose qui s'en rapprochait. Douleur et jouissance en même temps, un mélange aussi rare que parfait que seule sa peau près du symbole de son âme en moi pouvait procurer. Et elle ne faisait que l'effleurer.

C'était comme si mes lèvres se déplaçaient d'elles-mêmes sur la peau de la créature de Lucifer, d'ordinaire si pâle, mais qui pourtant rougissait à chaque seconde, à chacun de mes touchers. Une vue si exquise que je la contemplai un moment avant de reprendre mes innombrables baisers sur sa gorge qui vibrait aux rythmes de ses râles irréguliers. Puis je me stoppai à nouveau de moi-même. Etait-ce le bon choix ou il n'y en avait pas ? Etait-ce notre perte d'esprit temporaire ou notre folie habituelle qui nous poussait un petit peu plus vers ce que nous nous apprêtions de faire ? Mes yeux se détournèrent d'eux-mêmes et j'eus un léger mouvement de recul. Et si j'hésitais pendant quelques secondes, Sora me fit vite changer d'avis. Ce moment de réticence que je venais d'avoir semblait n'avoir jamais existé. Les démons, parfaits manipulateurs. Mais je n'allais pas l'arrêter pour autant.

Elle mordilla ma lèvre inférieure et je laissai échapper un soupir de bien-être bien malgré moi. Le goût du sang toucha ma langue comme la sienne et je pouvais presque sentir quelques gouttes à peine du liquide vermeil et impur des hybrides couler entre nos lèvres, scellant symboliquement ce baiser. La danse entre nos deux bouches reprit de plus belle, plus passionnée encore, impossible à arrêter. Ce n'est que lorsque j'entendis un bruit sourd au sol et sentis l'air de la pièce qui s'était réchauffé de nos actes caresser la peau de mes avant-bras que je m'arrêtai un moment. Mes yeux scrutèrent la peau scarifiée que je cachais quotidiennement presque avec peur. Je détestais les regarder. Même les toucher semblait insupportable.

Pourtant, lorsqu'elle m'entraîna sur le sofa qui avait longtemps été mon lit, je ne voyais qu'une moitié de son visage à la lumière de la ville qui ne dort jamais. L'autre était éclairée par les ténèbres de la nuit, et il m'était impossible de devenir son expression.

Mon corps. Hideux tableau peint par le plus mauvais des artistes.

Un tressaillement pour chaque baiser sur chaque cicatrice, rempli de colère, de désir, d'envie, de haine mais également de frayeur. Combien de fois ma mère avait-elle frôlé chacune des traces qu'elle avait laissées et combien de fois avais-je vu dans ses yeux encore noyés dans l'alcool et le tabac froid une pointe de fierté en admirant son travail ? La plus mauvaise des artistes, c'était elle. Ironiquement, voilà les seuls moments où cette fierté qu'elle ne s'accordait qu'à elle-même se rapprochait le plus d'un amour qu'elle aurait du m'offrir.

Je laissai échapper un rire de défi, pourtant amer et triste et plein d'auto-dérision. Sora n'avait pas tout vu. Les avant-bras n'étaient qu'un début.

« C'est une erreur. Moi-même je ne le fais pas. »

Dans ses yeux se trouvait une lueur qui m'était encore inconnue. Mais qu'importe ce que c'était, je ne pouvais résister l'envie qui me tiraillait à présent. Je me redressai sur mes genoux et poussai le plus délicatement possible la démone sur le dos, une de mes mains à côté de son visage pour me maintenir au-dessus d'elle. Je la contemplai un moment, me perdant dans les courbes de son corps, à peine dévoilées par ses vêtements. Si vulnérable à cet instant. Je pouvais faire n'importe quoi.

A la place, j'amenai l'une de ses mains près de mon visage et une à une, j'embrassai chaque phalange de chaque doigt, sans la quitter des yeux. Je finis par poser ladite main contre la marque.

« Tu ne sais pas à quel point j'ai envie de te faire la même chose. »

Folie à deux. Madness shared by two.


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mar 30 Avr - 0:57

Accro, je l'étais, irrémédiablement. Maintenant que j'avais goûté à ses baisers, je n'envisageais pas pouvoir m'en passer un jour. Il n'y avait pas de drogue plus douce et forte à la fois. Je savais que tout n'était qu'éphémère, mais je préférais ne pas y penser. J'avais le vain espoir de croire qu'il changerait d'avis. Naïve.

Ma bouche avait encore ce petit goût de fer procuré par son sang alors que j'embrassais ses cicatrices. Il eut un petit rire, comme pour me dire que ce n'était rien. Même si je ne l'avais jamais vu, je savais que son corps était meurtri. Il me l'avait avoué, et je connaissais assez bien les Démones pour savoir de quoi elles étaient capables. Il faut croire que le fait d'être mère ne les changeaient pas. Je le sentais tendu face à ces cicatrices alors que je m'évertuais à lui faire comprendre qu'elles ne me dérangeaient pas. Elles faisaient partie de lui, de son histoire, de sa personnalité.

« C'est une erreur. Moi-même je ne le fais pas.
- Tu devrais. », répondis-je au tac au tac.

Je me perdis dans ses yeux d'un noir profond. La luminosité me permettait à peine de les discerner, mais je percevais leur lueur à la perfection. Il me semblait y apercevoir du désir, mais je ne voulais pas me faire de faux espoirs. Je préférais observer ces orbes orageux qui se déchaînaient devant moi. Jamais ses yeux ne m'avaient semblée si sombres. Encore une fois, je me noyais, déconnectée de toute réalité. Lorsque je revins à la surface, j'étais allongée sur le sofa, Ji Hoon au-dessus de moi, et mon coeur frappa plus fort contre ma poitrine, presque douloureusement. Je n'osais bouger, paralysée, à sa merci. Telle une poupée, j'attendais le moindre geste de sa part. Puis le marionnettiste tira l'une de ses ficelles pour élever ma main jusqu'à ses lèvres. J'étais hypnotisée par ses lèvres qui embrassaient mes phalanges une à une, avide de les avoir à nouveau tout contre ma bouche.

Puis il posa ma propre main contre sa marque et mon corps s'incendia à nouveau. Si le corps humain avait des points sensibles, nulle doute que ce lien était bien plus puissant que cela. Je sentais son coeur battre tout contre ma paume. J'aurais voulu pouvoir dire qu'il battait à l'unisson du mien, mais la vérité était qu'ils battaient en alternance. Du bout des doigts, je caressais la fine cicatrice qui subsistait sur son cou.

« Tu ne sais pas à quel point j'ai envie de te faire la même chose. »

Il me fallut quelques secondes pour comprendre de quoi il voulait parler. Pourtant, j'avais la réponse à portée de main, c'était le cas de le dire. J'esquissais un sourire au souvenir de notre première rencontre. J'y avais risqué ma peau, lui avait brisé un doigt, et l'avait mordu à sang pour le lier à moi. Le goût de son sang dans ma bouche était toujours là, même s'il provenait de sa lèvre cette fois-ci. Un véritable délice.

« Souhaites-tu m'abîmer Ji Hoon ? Ou veux-tu marquer ton territoire ? »

J'accrochais un bras autour de sa nuque pour me hisser jusqu'à ses lèvres que je frôlais sans les toucher. Mon autre main glissa le long de son torse pour aller s'insérer sous sa chemise, effleurant la peau de son ventre. Je respirais son parfum en faisant courir mes lèvres sur sa tempe. Mon souffle s'échoua contre son oreille.

« Dis-moi, murmurais-je, ce qui t'en empêche... »
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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Mer 5 Juin - 22:38

Il y avait quelque chose d'ironique, et quelque part de même beau, dans ma peur de poser les yeux ne serait-ce qu'une seule petite seconde sur ces cicatrices, hideuses mais pourtant créées avec un soucis du détail, qui parcouraient mon corps. Chacune d'entre elles avait son histoire, quelque chose à raconter. Et je me souvenais de chaque détail. Je pouvais vous dire comment "elle" avait brutalement tiré sur mon bras pour éteindre une cigarette à moitié entamée sur mon épaule, comment cette petite coupure à peine perceptible sur le dos de ma main gauche était apparue lors de l'une de ses nombreuses crises de rage à l'aide d'une bouteille vide d'alcool sans valeur, comment ces lacérations sur mon omoplate droite s'étaient creusées un soir où "elle" avait croisé un démon qui lui avait rappelé son pêché ultime - moi. Et c'était là où résidait toute la beauté de cette ironie. J'aurais donné n'importe quoi pour oublier et pourtant mon âme se souvenait d'absolument tout. Elle aussi était marquée à vif.

Et si j'évitais de m'attarder trop longtemps sur ces marques, Sora prenait son temps, les scrutait, me donnant l'impression qu'elle savait tout de ce qu'il s'était passé pendant tant d'années. Mais elle ne savait rien. Elle l'imaginait, mais elle ne sera jamais assez proche de la vérité. Elle frôla celles sur mes bras et je frissonnai à chaque seconde. Dans la pénombre de la pièce, même les lueurs de la ville à travers la fenêtre ne pouvaient éclairer son visage et ses yeux. Qu'y-avait-il dans ces derniers ? Pitié ? Colère ? Déception ? Indifférence ? Satisfaction ? A bien à réfléchir, je préférai ne pas savoir. Je refusais de voir autre chose que de la haine ou tout autre sentiment proche dans ses yeux, parce que cela signifiait que les choses étaient encore normales.

Mais normal n'était pas vraiment un mot qui nous qualifiait, n'est-ce pas ?

Mon corps reprit possession de lui-même, cédant à ses instincts, demandant encore plus. J'embrassai avec délicatesse chaque phalange de sa main, qui restait inerte dans la mienne. La démone ne bougeait pas. Observant chacun de mes gestes, mais se laissant faire, comme hypnotisée. Elle me laissait maîtriser son corps d'elle-même, soumise à tous mes mouvements. J'apportais sa main sur mon cou, à un endroit bien précis et ce simple contact m'arracha un soupir de satisfaction.

Je devins plus tendu lorsqu'elle se redressa en enroulant ses bras autour de ma nuque. Je protestai presque silencieusement lorsqu'elle frôla ses lèvres avec les miennes sans pour autant les toucher. Nous étions soumis à la même force qui nous obligeait à se rapprocher et pourtant elle la combattait encore. Il y a quelques minutes, j'aurais détesté l'avouer : mais j'avais besoin de plus.

Et comme si elle entendait ma plainte inaudible, sa main se glissa sous mes vêtements, caressant ma peau qui irradiait de chaleur à présent. M'appuyant sur l'une de mes mains pour rester en position, mon autre main partit se perdre une nouvelle fois dans ses cheveux tandis qu'elle murmurait quelques mots au creux de mon oreille qui m'arrachèrent un rire. Je fermais les yeux tandis que sa main ne s'arrêtait pas. Mon souffle s'accéléra encore.

« Tu vois, Sora... »

Je prononçai son nom lentement, m'arrêtant de bouger, laissant sa frustration monter. Notre jeu du chat et de la souris ne s'arrêtait jamais.

« Je ne suis pas comme toi. »

Je n'avais pas besoin de marquer mon territoire. Elle dépendait de moi. Il suffisait simplement que je la touche pour qu'elle cède. La vérité était que je pouvais dire qu'elle m'appartenait comme elle voulait dire que je lui appartenais. Mais ce n'était pas ce que je voulais.

« Tout ce que tu m'as fait, je te le ferai subir. »

Comme pour ponctuer ma phrase qui annonçait une vengeance, je touchai l'un de ses doigts. Se rappelait-elle de celui qu'elle m'avait brisé ? Ma main descendit à son tour et copia la sienne, se glissant sous ses vêtements. Et tandis que je dessinais avec le bout de mes doigts les courbes de ses hanches, je descendis mes lèvres jusqu'à son cou, à l'endroit exact où se trouvait la marque sur mon propre cou. A cet endroit précis, je mordillai légèrement la peau. Je pouvais encore sentir le goût de mon propre sang sur mes lèvres.

« Veux-tu vraiment être marquée et montrer au monde entier que tu appartiens à quelqu'un d'autre que toi-même ? »


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MessageSujet: Re: Envole-moi [+18]
Lun 10 Juin - 7:56

Un instant, je me demandais comment nous avions pu en arriver là. Comment j'avais pu en arriver là. Moi qui était si fière, je proposais à un Aïon de me faire sienne. Que m'arrivait-il, sérieusement ? Il y a une heure encore, je me battais pour ne pas l'approcher ou le laisser m'approcher. À présent, c'était un combat pour l'avoir toujours plus près, bien plus près. Si je ne savais pas que ça ne tournait pas rond chez moi, je ne pouvais plus me le cacher à présent. Manquerait plus que je lui fasse des déclarations enflammées, et je crois que je serais bonne pour me jeter par la fenêtre. Ou du moins, ma dignité choisirait la défenestration.

Sa main vint s'emmêler dans mes cheveux alors qu'il riait tout près de mon oreille, faisant s'envoler encore des papillons dans mon ventre.

« Tu vois, Sora... Je ne suis pas comme toi. »

Ce fut mon tour d'échapper un petit rire. Dans quel monde vis-tu Ji Hoon ?

« Bien sûr que si. Tu te voiles la face Ha Ji Hoon. Tu es aussi perdu et désespéré que moi. Tu te montres fort mais tu ne l'es pas, tu as tes incertitudes et tes doutes qui te clouent au sol. Tu as choisi la vengeance, la douleur gratuite envers les Anges et Démons parce que tu n'acceptes pas ce qui t'a été fait. Comment peux-tu dire que tu n'es pas comme moi ? »

Ma réflexion sembla l'énerver puisqu'il fronça les sourcils. J'aimais tellement le pousser à bout que je pourrais passer ma vie à le faire sans m'en lasser. C'était tellement facile avec lui, il suffisait de savoir où appuyer pour que ça fasse mal.

« Tout ce que tu m'as fait, je te le ferai subir. »

Ses doigts caressèrent mon index gauche, le même que celui que je lui avais brisé à notre première rencontre. Cela m'arracha un petit sourire sadique. Le bruit de son os brisé avait été si mélodieux... Il faudrait que je réitère l'expérience. Dès que j'aurais récupéré mes pouvoirs.

Mon souffle se coupa lorsque je sentis sa main flatter la peau de mes hanches sous le tissu de mon chemisier. Savait-il que ce contact m'effrayait bien plus que les menaces de torture qu'il me faisait ? Son souffle chaud alla s'écraser dans mon cou où il mordilla l'endroit exact où j'avais apposé ma marque sur lui.

« Veux-tu vraiment être marquée et montrer au monde entier que tu appartiens à quelqu'un d'autre que toi-même ? »

Je ris, mon corps tremblant légèrement, secoué par mon rire.

« Mon pauvre Ji Hoon. Quoi que tu fasses, je ne t'appartiendrai jamais. Tu peux bien me marquer autant que tu veux, ce ne sera qu'une cicatrice qui finira par disparaître. Tu es un Aïon, tu ne peux pas me marquer de ton âme comme je l'ai fait pour toi. Et même si tu le pouvais, qu'est-ce que ça changerait à notre lien actuel ? Absolument rien, j'en suis persuadée. En fait, ce serait même pire pour toi, car tu serais obligé de voler à mon secours. »

Je riais maintenant franchement. Ce gamin était si naïf. Je me laissais retomber sur le sofa, et mon bras qui enserrait sa nuque glissa le long de celle-ci, laissant mes doigts courir sur sa gorge. D'un coup sec, j'enfonçais mes ongles dans celle-ci, et même avec une force humaine, cela suffit à le faire saigner. Quelques gouttes tombèrent sur mon visage.

« N'as-tu pas encore compris Ji Hoon ? »

Je léchais doucement mes doigts ensanglantés sans le quitter des yeux.

« Depuis le début, c'est toi la souris. »
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